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 [Printemps 4602] Départ

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[Printemps 4602] Départ
posté le Sam 22 Juil - 16:07


Dernière édition par Eilífthar Heftharkona le Sam 19 Aoû - 16:20, édité 2 fois

La migration saisonnière fut ordonnée plus tôt que les autres années. Le chef du clan craignait toujours les conséquences qu'auraient pu avoir la dangereuse cérémonie qui avait eu lieu, d'autant que la barrière de son aimée avait lâché, faisant voler la magie étrangère sur quelques lieux, effrayant les animaux. Il espérait aussi en son fort intérieur que le changement de lieu pourrait avoir des effets bénéfiques sur la santé de son frère qui se dégradait de jour en jour, malgré les bons soins de tous les membres du clans. Valhildur et Hrímnir se dirent au revoir, une fois de plus. Le troupe, chargée de ses affaires, accompagné du troupeau de rennes, s'avança alors vers le nord-ouest. Váli porta son frère sur le dos, emmitouflé de nombreuses fourrures afin qu'il n'ait pas froid. La panthère totemique, même deux semaines après sa libération, continuait toujours de suivre ce qui avait été son ancien corps. De temps en temps, elle s'osait même à partager un peu de son énergie avec lui, mais la séparation qui avait été opérée entre eux était si stricte que cette douce aide ne pouvait pas parvenir jusqu'à son destinataire. Il n'avait pas neigé depuis plusieurs jours, mais le blanc manteau de l'Hiver recouvrait encore les terres, entravant la lourde marche à travers la toundra, comme un obstacle continuel que leur opposait le nord. Pourtant, les elfes sauvages et les animae continuèrent leur avancée, imperturbable face à ce temps qu'ils avaient déjà connu plus de cents fois durant leur longue existence.

C'est au bord d'un large lac dont on ne voyait pas l'extrémité, que le clan Fjarlægur aboutit finalement. Une douce épaisseur de glace la recouvrait encore, mais elle était comme un piège mortel, prêt à se briser sous les pas de quiconque s'y engagerait trop loin. Une fois arrivés, les natifs commencèrent à creuser la neige jusqu'à la terre en dessous. Ce n'est finalement que sur la terre ferme et solide, rigidifié par le froid qu'ils plantèrent leurs tentes. La neige qui avait été déblayée fut ensuite rassemblée autour des habitations épaisses afin d'en parfaire encore l'isolation. Váli reçut l'aide de beaucoup de personnes pour mettre en place la petite tente de son frère, une fois qu'il eut mis en place celle qui partageait avec Tullia. Tout le monde put ensuite reprendre ses activité.

Il sembla que ce changement de lieu profita à l'alité. La dégradation progressive de son corps commença à s'arrêter et même à s'inverser. De nouvelles dents commencèrent à pousser, des dents elfiques cette fois, dépourvues de la pointe qu'avaient ses précédents crocs félins. Ses yeux aussi commencèrent à changer légèrement de teinte, adoptant des nuances de cyan. Ses cheveux s'assombrirent. Étrangement, les changements successifs qui affectèrent son corps augmenta de plus en plus sa ressemblance à son frère, comme si jusqu'à la leur similarité avait été caché par la nature bâtarde de son sang. Au bout du deuxième mois du Printemps, il pouvait de nouveau marcher dans le camp comme avant. Les transformations qu'il avait subi l'avait cependant laissé plus fragile qu'il ne l'avait été auparavant et le vent froid l'obligeait à se couvrir de lourdes fourrures pour se protéger. Son ancien totem le suivait toujours. Le lien qui les avait un jour uni avait peut-être été brisé au niveau physique mais leurs esprits étaient encore au diapason. Le nouvel elfe commença ainsi à trouver des dons de magie animale au fond de lui. Néanmoins, ce n'est pas la seule magie qu'il perçut au fond de lui et il le comprit bien vite lorsqu'un jour, il tomba dans l'eau sans savoir nager. Ce jour là, sous lui, c'est un véritable îlot de glace qui gela en quelques instants pour l'empêcher de tomber. L'ancien anima n'était pas tout-à-fait devenu un elfe sauvage, contrairement à ce qu'on avait pu le croire ; un sang ancien, celui de ces ancêtres lointains, ceux qui s'étaient unis pour la première fois aux totems, coulait de nouveau dans ses veines. Si cette nouvelle inquiéta son frère, elle le réjouit, lui, comme un rappel à des origines lointaines.

L'ancien "petit chat" ne fut pas le seul à changer durant ces mois. Le Printemps transforma les lieux, effaçant lentement l'épais manteau de neige, qui ne subsista çà-et-là qu'en tant que masse blanche, cachée dans les creux de la terre et à l'ombre de petites mottes. Ce nouveau paysage convint parfaitement au couple. Les larges espaces et le large plan d'eau était comme une véritable source d'énergie pour la dragonne. De plus, la nombre de plus en plus foisonnant de grands herbivores dans les plaines alentours était comme un baume qui effaçait tous les soucis du chef de clan. Tous deux avaient ainsi tout le temps qu'il désiraient pour se consacrer à eux-mêmes et à leur amour.

Pourtant, toute bonne chose a une fin. Il arriva un jour funeste, lourd de changements. L'Été était presque arrivé et, si le destin avait retardé sa course de seulement une ou deux semaines, c'est au moins un mois qu'ils auraient reçu en cadeau. Cependant, le temps leur avait déjà fait assez de présents depuis leur rencontre. Tout se déroula brusquement. Un jour, des gardes débarquèrent brusquement dans la tente, porteur d'une étrange nouvelle : un “roi errant”. Il aurait été aperçu dans la plaine et se dirigeait apparemment vers leur camp. Váli sembla anéanti par cette nouvelle. La tête entre ses mains, il réfléchissait à voix haute :

« Les rois errants ne quittent généralement pas les montagnes. Cela fait des milliers d'années que nous n'en avons pas vu, depuis que leur race a été presque entièrement anéanti par la terre elle-même. Face à eux, les pouvoirs ne servent à rien. »

Tournant la tête vers Tullia, il lui sembla qu'il venait juste de remarquer sa présence. Il la contempla comme s'il la voyait pour la première fois. Levant sa main pour lui caresser la joue, il lui annonça finalement cette nouvelle :

« Je crois que tu es en grand danger. »


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Re: [Printemps 4602] Départ
posté le Lun 24 Juil - 19:08

Le rite était à présent terminé, et dans ma quête d’éventuels intrus je n’avais rien trouvé. Juste mes quelques galets gravés des runes de brouillages, que je détruisais aussi rapidement. Si besoin, j’en referais d’autres, mais il était préférable de ne laisser aucune trace. La neige et le vent avait effacé toute trace, pas la moindre empreinte. Mais je savais que la barrière n’avait pas été brisée par la venue d’un intru, aussi je redevenais rapidement sereine et occupais mon esprit à autre chose. En revenant au camp, il fallait s’occuper de Kottlingur, et le temps du départ sonna de nouveau. J’aidais comme je pouvais, assistant pour aider l’animae selon mes moyens. Sa transformation était lente, et je voyais que sa partie animale était en train de le quitter. Il était faible, je pouvais le sentir, mais sa vie n’était pas en danger si nous continuions à nous occuper de lui. L’esprit totem qui l’accompagnait était toujours à ses côtés, ce qui était une preuve de plus qu’il n’était pas mourant. Je ne savais pas ce que les autres pensaient de cela, mais je gardais pour moi cette information. Je ne savais pas comment ils pourraient le prendre, après-tout. Mais nous étions tous trop occupé à faire les préparatifs du départ pour nous en soucier. J’empactais, j’aidais Vali à transporter Kottlingur de temps en temps. Nous marchions, il avait cessé de neigé, mais cela faisait longtemps maintenant que cette neige ne me gênait plus. Je m’étais adaptée, comme d’habitude. Et puis c’était de l’eau, même sous forme gelée, aussi je restais dans mon élément et pouvais me rassurer du fait que j’avais cette « arme » en abondance autour de moi.

Notre voyage prit fin sur les abords d’un grand lac gelé. C’était beau, mais surtout je me disais qu’il serait plus facile de faire appel à mes Habaeks avec de l’eau liquide à proximité. Je regardais en souriant le lac, gardant en tête l’idée d’y faire une petite balade plus tard. La finesse de la glace ne me gênait aucunement, car sous mes pas je pouvais la rendre plus épaisse et plus solide. Les gens du campement commencèrent les préparatifs. Ils creusèrent la neige pour atteindre le sol de terre, et je les aidais manuellement. Ma magie de l’eau aurait pu être beaucoup plus utile, rendant facile et plus rapide cette opération. Mais comme la magie de l’eau et de la glace était mal vue, je m’abstenais. C’était toujours une déception de devoir se cacher pour pratiquer, rester à l’écart. Je ne voulais déranger personne, et surtout pas mon Chasseur Bleu. Celui-ci était toujours plein d’attention envers moi, la chaleur de son affection faisant fondre graduellement mais sûrement mon cœur toujours sur la défensive. Je me sentais plus à l’aise avec lui, plus ouverte… Il avait accepté ce que j’étais et n’avait en rien modifié son comportement envers moi. Je pouvais réellement dire que j’avais de la chance de l’avoir rencontré. Je souriais plus souvent, et oubliais d’autant plus l’épée de Damoclès qui se balançait allègrement au-dessus de ma tête. Mon temps était compté, mais je préférais oublier pour profiter. Je lui rendais maintenant plus que ce que j’avais donné au premier abord, plus de dévotion et d’amour.
Kottlingur lui finit par se réveiller. Il ne ressemblait plus du tout à un animae, mais à un elfe. Il ressemblait beaucoup plus à son frère, mais je notais en lui un autre changement notable. La magie en lui s’était révélée, et c’était celle de l’eau et de la glace. Je souriais intérieurement, mais gardais le silence. Il reprenait lentement ses forces et était de nouveau bien accepté par le clan. Je ne pouvais le brusquer avec ses choses, il le découvrira bien par lui-même. Pour le moment, je l’aidais comme la crevette qu’il était et le petit-frère de mon aimé. C’est ce qui finit par arriver quand il tomba dans l’eau du lac, et qu’une gangue de glace vint le maintenir à la surface. C’était de l’utilisation de magie instinctive, mais la découverte était faite. En parlant avec Vali, je découvris qu’il y avait des origines anciennes à leur espèce, cette magie pouvant être un reliquat passé. C’était une fierté pour Kottlingur, mais je restais confuse du fait que cette magie était mal vue. Quoi qu’il en soit, je me mis à l’œuvre et proposa mon aide à Kottlingur pour maitriser cette magie. D’abord les bases, comment mieux sentir le potentiel, ce qui l’entoure. Puis appeler les éléments pour les façonner, petit à petit. Je lui enseignais également une autre chose utile, comme ne plus craindre autant le froid en acceptant ceci et l’équilibrant avec sa magie de glace. J’étais heureuse de pouvoir aider, et me rapprochais d’autant plus de l’ancien animae. La shaman pouvait bien pester dans son coin, maintenant j’avais un allié et pouvais un peu plus m’exprimer.

La nature reprenait ses droits, la neige fondait de ça et là, rendant les pâturages plus propices pour le gibier. Une aubaine pour moi, qui appréciais toujours chasser. Cette ambiance plus ouverte me permit à mon tour de m’ouvrir plus. Je trouvais le temps de discuter plus avec Vali, ou plutôt lui trouvait plus de temps. Me permettant de poser des questions qui avant ne me semblaient pas nécessaire, je lui demandais sur son passé, son origine, comment il était devenu chef de clan. C’est étrange à dire, mais l’habitude de ne pas rester en compagnie de personnes très longtemps avait déformé mes habitudes, aussi je ne faisais plus l’effort de savoir le passé et les espoirs de chacun. A quoi bon, si en définitive je dois partir ou m’exiler ? Mais les choses étaient différentes maintenant, je pouvais respirer et presque voir un avenir. Un mot tabou qui, bien entendu, devait ne plus avoir de sens pour bien calquer à ma chance. En effet, un jour que Vali et moi étions dans notre tente, des gardes vinrent nous prévenir de l’arrivée d’un roi errant. Je me demandais ce que c’était pour alerter ainsi les gardes. Quel genre de bestiole cela pouvait bien être ? Vali, lui, semblait soudainement en pleine réflexion, et surtout anéantis. Je le fixais, attendant d’avoir des explications. Mon Chasseur Bleu semblait vraiment mal à l’aise. Il finit par me regarder, comme s’il me regardait pour la dernière fois. J’en eus froid dans le dos. Il ma caressa la joue, et ses paroles furent comme un coup de poignard qui me ramenait à l’amère réalité. Moi, en danger ?


« Qu’est-ce qu’un roi errant ? Et pourquoi cela me concerne ? »

Je lui avais saisi la main, mon regard se faisant plus direct et froid. Il me fallait des explications, pas des assertions sans fondements. Qu’est ce qui pourrait être dangereux pour moi ? Un membre de la Triade peut être ? Mais surtout, il fallait faire vite.
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Re: [Printemps 4602] Départ
posté le Sam 19 Aoû - 17:06

Face à l'expression curieuse de Tullia, Váli était désemparé. Le seigneur du nord s'attristait déjà en lui-même du fait qu'il ne réussirait pas à lui faire comprendre le danger et son imminence. Il devait cependant le tenter :

« Les rois errant sont un clan ancien. Par le passé, ils étaient les rois d'une race qui a désormais disparu. Durant de longues années, jusqu'à leur destruction, ils luttèrent contre les tribus du Nord. Décimés, depuis ce temps, ils errent à travers les terres. En croiser un n'est pas bon signe, surtout s'il est seul. Car personne ne traverse s'il a le choix, il vient pour nous. »

Les pensées de l'elfe sauvage avaient surgi brusquement et en désordre, à ses lèvres. Cela était encore un signe supplémentaire de son désœuvrement. Il ne pouvait pas aider son aimée dans cet état. Cependant, alors qu'elle esquissait un geste, croyant à son départ, il lui prit l'épaule. L'habitant boréal devait encore lui faire des risques qu'elles ne semblait pas réaliser :

« Je ne l'ai pas vu arriver. Personne ne peut lutter contre un roi errant aguerri, et, comme il est seul, il l'est sûrement. Depuis toujours, leur race sont liés aux énergies minérales qui nous entourent et qui sont la source de toute magie. Si tu décides de l'affronter, tu finiras captive, ou pire. Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit. »

Puis le silence retomba sur la tente. Le chef de clan ne savait tout simplement pas quoi décider. Les intérêt de son clan, de son amour et la peur d'un destin funeste tournaient dans sa tête et l'empêchait de prendre la moindre décision. Dans sa longue vie, il avait affronté de nombreux problèmes, de nombreux animaux, quelques conflits avec d'autres tributs même, cependant c'était la première fois que la terre lui hurlait si fort qu'un danger approchait. Malgré cela, sa bien aimée continuait de lui poser des questions, lui demandant quel animal c'était. Cette question choqua un moment Váli, le sortant un moment de ses soucis pour le replonger dans d'autres. C'est néanmoins l'esprit plus clair qu'il finit alors par répondre :

« C'est un elfe, un elfe sylvestre, ou un esprit. Les rois errant gouvernaient un clan elfique avant d'être détruits. À vrai dire, je n'en ai jamais rencontré et je ne connais d'eux que des rumeurs. Les récits sauvages abondent de légendes les présentant comme des guerriers impitoyables et meurtriers. Mais malgré mon ignorance, mes sens me hurlent le danger qu'il représente. Je ne sais pas... je ne crois pas que j'arrive à réfléchir clairement dans mon état... »

Malgré ces paroles calmes, il resta un moment sonné. Reprenant lentement esprit, les yeux encore vides, il hasarda :

« Peut-être serait-il plus avisé de l'accueillir ? Il ne vient peut-être pas poser problème. »

Une arrivée soudaine mit cependant fin à ces tergiversation. La Sorcière Noire et le Redevenu Elfe (le nouveau surnom de Köttlingur) pénétrèrent dans la tente. La première lançait une phrase sans appel :

« Ils viennent te chercher, ancienne Gardienne. »

Le second assomma son frère d'un coup sec, en expliquant son geste.

« Le roi errant utilise son pouvoir sur la pierre pour envouter tous ceux qui y sont liés. »

Avant même que Tullia ne put insister ou poser des questions, les deux arrivants l'amenaient déjà avec eux tandis que Valhildur continuait ses explications :

« Les exilés ont fini par percevoir que ton pouvoir été arrivé ici et Eilífth a envoyé un Sentinelle pour venir te chercher. Il faut que tu fuis Dragon Blanc et surtout que tu dissimules ta présence. »

Le Devenu Elfe n'était pas en reste, marchant à côté d'elles sur la terre encore durcie par le froid malgré la fin du Printemps. Il semblait avoir recouvert son agilité perdue, cependant sa présence avec la Sorcière noire demeurait mystérieuse. Alors, ils arrivèrent au bord du campement, où les attendait son esprit totem.

« Je vais te mener à travers les plaines du Nord, jusqu'à un lieu d'où tu pourras t'échapper définitivement. »

La panthère des neige diaphane faisait désormais plus de trois mètres de long, gorgée d'énergie comme un fruit après l'été. Elle les attendait et était prête à partir. Il ne restait plus qu'à Tullia de prendre la décision de monter sur la bête.


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Re: [Printemps 4602] Départ
posté le Sam 19 Aoû - 18:45

Vali n'était véritablement pas à l'aise. Il avait du mal à expliquer, ou du moins à arriver aux faits. Je le regardais, inquiète et n'arrivant pas à tout suivre. Mais en quoi cela me concerne ? Il parlait d'ancienne race, de mélange d'esprit et d'elfe. Son esprit semblait confus, tout comme le mien devant ces allégations. Des guerriers redoutables et meurtriers ? Bha, pas de quoi en faire un plat sincèrement, pour moi ce n'est pas comme si je n'en avais jamais croisé. J'en étais une moi même par ailleurs. Je voulais me reculer un peu, pour marcher comme à mon habitude tout en réfléchissant. Mais à peine je bougeais d'un millimètre que la main de Vali se posa vivement sur mon épaule, m'empêchant de bouger. Je le regardais avec étonnement. Ses paroles semblaient plus confuses, son regard étrange. Quoi, au début il faut les fuir et maintenant les accueillir ? Je restais près de mon aimé, posant une main sur son visage tendu par l'anxiété.

" Vali, calme toi, tu..."

Je fus interrompue par l'entrée de Kottlingur et de Valhildur. Mais.. Que faisaient ils ensemble ? D'habitude l'un a peur de l'autre, c'est étrange... Je n'eus cependant pas le temps de réfléchir à cela, que l'une m'annonça que l'on venait me chercher et l'autre assomma Vali. Je regardais Kott avec surprise, mais il expliqua rapidement que Vali était sous l'emprise de cette Sentinelle. Je soupirais, comprenant ce qu'elle voulait dire quand elle m'appela Gardienne.

" Me chercher ? Le moment est donc arrivé. Mais que..."

Je n'eus pas le temps de poser des questions que je fus directement prise à aprtie par les deux individus et trainée en dehors de la tente. Je les suivais, comprenant que l'heure était grave. Je pensais à mon pauvre Vali, inconscient dans la tente. Mais au moins comme ça, il était en sécurité et ne risquait pas de se blesser en étant sous l'emprise de l'autre roi errant. J'écoutais ce que la Sorcière Noire disait, n'étant pas vraiment surprise.

" Cela devait arriver un jour ou l'autre. Fuir et me dissimuler ne sera pas un problème..."

Cependant, j'avais beau ascquiecer, je n'étais pour autant pas satisfaite ni sereine. Je sentais de la frustration et de la colère monter en moi. A cause de cette Triade, une fois de plus, je devais fuir. Je m'y étais préparé depuis un moment, depuis que j'avais pris mes aises dans ce clan, comme si tout bonheur devait avoir un prix et une fin. Je suivais les elfes, sortant du campement pour arriver jusqu'à l'esprit de Kottlingur. Il avait bien grandit, devenant un esprit puissant et capable de protéger son frère de chair. Le Redevenu Elfe m'enjoignit à monter sur son esprit, pour fuir vers le Nord. J'allais le rejoindre, mais mon regard se perdit un moment sur le lac. Je ne bougeais plus, observant cette immense surface d'eau calme, à peine dégelée. Fuir... Mais pour aller où ? Et pour combien de temps ? J'étais fatiguée. Faire tout ça, ce n'est... Ce n'est plus moi. D'un coup d'un seul, ma voix tranperça l'air glacial d'un ton aussi tranchant et décidé qu'une lame.

" Non...."

Je fronçais des sourcils, tournant mon regard vers les deux elfes qui voulaient m'aider. La colère et la frustration de ces années faisaient surface, de nouveau. Pourquoi fuir, alors qu'une fois de plus c'est un cercle sans fin ?

" Non, je ne vais plus fuir. Ca me gonfle maintenant, j'ai fuis toute ma vie, et pour quel résultat, hein ?!"

Je déversais sur eux ce trop plein d'émotion, le flot d'années de fuite et de peine que cela avait engendré. Cela ne servait à rien, j'en revenais toujours à la même chose. La colère grondait en moi, celle d'une vague impétueuse et guerrière, faisant briller mes yeux de cette flamme des batailles de jadis. Je grondais, regardant mes mains qui déjà commençaient à se transformer légèrement, les ongles devenant griffes blanches pour déchiqueter, transpercer, tuer... combattre.

" Par Habaek et par Ethan, je suis la Dévoreuse de Dieu et le Fléau Blanc, promise Déesse de la Guerre et des Bêtes Célestes ! S'ils veulent me chercher, ils vont me trouver et ne vont pas être déçus."

J'étais déterminée à présent, ma voix résonnant dans l'air avec la gravité et la puissance d'un cor de guerre. Vite, il fallait changer de plan. Je réfléchissais vite, et m'approchais de Kottlingur. Fouillant dans l'une de mes poches, j'en sortis un cristal bleuâtre, de la taille de deux phalanges. Il était fermement attaché par une cordelette de cuir, brillant légèrement comme s'il était vivant. Je le tendis au frère de mon aimé, comme cadeau d'adieu.

"Tiens Kottlingur. Je voulais encore travailler un peu dessus, mais nous manquons de temps. C'est un des critaux de glace de ma forme dragon. J'y ais imprégné de la magie de la glace, il te sera utile en cas de besoin. Fais attention à toi, Petit Chat..."

Je le prenais dans mes bras, lui faisant uen dernière embrassade. Il était presque certain que je ne reviendrais pas. J'aurais voulu faire cet adieu à Vali, mais le temps manquait, et j'allais mettre en danger tout le monde. Je le relâchais et lui souriais avec tristesse. Il allait me manquer, ce drôle d'oiseau. Je me tournais vers Valhildur, lui souriant avec plus d'entrain et parlant avec la chaleur du sarcasme et de l'ironie.

"Et toi, Sorcière Noire, je fus bien heureuse de te connaitre. Je ne supporte toujours pas ta sangsue d'esprit Corbeau et j'ai toujours envie de la dévorer, mais ce ne sera pas aujourd'hui. Préviens bien tout le monde, que l'on ne m'approche pas et que l'on ne me cherche pas. S'il vient ici et demande, je n'étais qu'en marge du groupe, ne communiquais que rarement. Je ne vou appréciais pas et vous ne m'appréciez pas en retour. Il ne faut pas qu'ils sachent que je vous portais en mon coeur."

J'étais redevenue sérieuse, me souvenant de ce que les Renégats avaient fait par le passé. Exterminer ceux que j'avais cotoyé, aimé, protégé, ou qui m'avaient protégés. Juste pour le plaisir de savoir que cela me faisait souffrir, rien de plus. C'était l'une des raisons pour laquelle je craignais toujours de me lier à des personnes. Mais cette fois serait différent. Je ne fuirais pas. Je prends tout de même mes précautions, en espérant que... Mon visage s'assombrit. Et Vali... Je n'allais plus le revoir, sans aucun doute. Mon coeur se serra, je ressentis une terrible déchirure qui faillirent me faire pleurer. Mais il était clair sur mon expression que j'étais terriblement blessée et peinée par cette séparation. D'une voix plus hésitante et brisée, je mentionnais le message que je voulais faire passer à mon aimé.

" Et pour mon Chasseur Bleu... Dis lui... Dis lui que je l'aime, et que je suis désolée."

C'était court, car il y avait tellement de choses que j'aimerais lui dire et lui demander. Si j'étais désolée, c'était de devoir le laisser, de l'abandonner ainsi. Car si je reviens, je le mets lui en danger. Et mon coeur ne pourrait le supporter s'il lui arrivait la moindre chose. Mais pour le protéger, je devais me battre. D'un effort de mon âme et de mon coeur, je tuais autant que possible cette peine, me concentrant sur ma colère et mon envie d'en découdre. Mon regar se fit brillant d'une nouvelle rage, je souriais de nouveau comme un prédateur allant combattre pour sa souveraineté.

" Bon, c'est pas tout mais j'ai cette sentinelle de roi errant à aller casser. Comme au bon vieux temps, ha ha ha ! S'ils me veulent, qu'ils viennent me chercher eux même, ces charognards de Triade..."

Sur ces mots je grondais légèrement et me mis à courir dans la direction opposée du lac. Quand je fus un peu plus loin des deux elfes, je pris ma forme dragon, faisant attention de ne pas déplier mes ailes. Là, prenant une grande inspiration et provoquant le tumulte de la magie de l'eau autour de moi, je poussais un rugissement puissant. Un appel à la guerre, un défi déployé à pleine gorge et sauvagement, faisant trembler les cieux, l'eau et la terre. Je savais que cette Sentinelle avait du la sentir, ou peut être me voir de loin. La glace restante du sol s'évapora d'un coup, créant une brume et un chemin vers le lac. Dans cette brume, je pris mon envol vers le lac, restant basse au dessus du sol et profitant de l'écran de brume pour cacher mes ailes. Je devais rester prudente, car rien ne disait qu'il savait qui j'étais réellement. En volant au dessus du lac, l'eau tourbillonnait sur mon passage, prise de violente vagues soudaines, parfois se tranformant en pic de glace. Je tourmentais la magie de l'eau, faisant le plus de "bruit" possible pour que cette sentinelle me suive. Je volais jusqu'à l'autre bout du lac, le plus loin possible du campement. J'atterrissais sur la terre ferme, reprenant cette fois ci une forme humaine. J'avais toujours mes cornes et mes ailes, mais gardais mes ailes cachées sous ma cape de peau de bête. Là, sur le sol, je devais me préparer. L'eau était à côté, et fluait du lac pour former de grandes arcs de glace autour de moi, comme un labyrinthe. Je préparais le terrain et ses surprises, ne comptant pas me laisser faire. Si j'allais me battre, ce serait pour faire trembler cette terre et celle des dieux.

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Re: [Printemps 4602] Départ
posté le Lun 27 Aoû - 19:18

Le Redevenu Elfe et la Sorcière Noire avait voulue aider leur amie. Cependant celle-ci avait finalement pris une autre voie. Plutôt que de prendre la fuite, le combat sembla préférable à Tullia, elle qui avait déjà tant combattu. Face à une telle idée, les deux habitants du nord ne purent offrir qu'une grande perplexité sur le moment. Affronter une sentinelle, d'autant plus avec les capacité d'un roi errant, ne leur était même pas venu à l'esprit. Ils ne pouvait que contempler cette lumière de rage et de courage dans ses yeux, avec sans doute un peu d'admiration. D'un côté, ils auraient voulu davantage argumenter, mais ils savaient que cela aurait été inutile. Valhildur esquissa même un sourire en l'entendant rappeler ses titres, "Dévoreuse de dieu" qu'elle avait acquis en tuant un dieu de son monde, "Fléau blanc" par sa férocité et la crainte qu'elle inspirait chez ses semblables, "promise Déesse de la Guerre et des Bêtes Célestes" par ses pouvoirs qui montait après remplacer le dieu fou. Néanmoins, ces titres auréolés d'une gloire lointaines ne disaient strictement rien au pauvre elfe, ancien Köttlingur, tandis que le nom des sentinelles résonnait fortement en lui à travers toute une éducation qui lui avait enseigné de leur obéir et de les vénérer. Il avait seulement voulu sauver son amie et il avait l'impression qu'il allait la perdre. Ses mains se refermèrent avec l'énergie de la tristesse et du désespoir sur le présent qu'elle lui donna. Sa gorge comme enrouée ne put cependant pas laisser passer le moindre remerciement de peur de se mettre à la supplier de partir, comme un enfant. Après une étreinte, celle dure d'un guerrier mais aussi serrée d'une famille, une embrassade qui avait ressemblé à un dernier adieu, il la laissa partir, des débuts de larmes coulant au coin de ses yeux. La Sorcière Noire, elle, lui rendit son sourire. Elle hochait déjà de la tête en entendant ces conseils ; elle-même aussi avait déjà connu ce genre d'agressions aveugles par dépit. Cependant, alors que leurs regards se croisaient, une sorte de regret se voyait sur ses yeux mais aussi une lueur farouche, presque violente, qui semblait venir d'un temps passé depuis longtemps.

« J'aurais aimé de suivre au combat comme il y a longtemps, mais j'ai abandonné ce passé. Méfie-toi de la guerre, elle sait toujours, tôt ou tard, te faire payer le prix de ta puissance. » lui conseilla-t-elle, d'une voix qui sembla se serrer sous des souvenirs douloureux à la fin de sa phrase. « J'ai affronté des Roi errants par le passé, le Clan d'Ombre comme on l'appelait, mais jamais de sentinelle. Fais attention, leur lien avec le sol et l'énergie tellurique n'a aucun égal. »

Sur ces précieux conseils venus d'une époque ancienne, elle se retira comme après une réunion officielle, laissant son sourire carnassiers derrière elle. Néanmoins, alors qu'elle retournait vers le camps de son pas dansant habituelle, elle se murmura à elle-même, si bas que seuls les fantômes de son passé pouvaient l'entendre : « J'espère que tu survivras, Shrikan Tatsu, et que tes tourments s'arrêteront, contrairement aux miens. » Le Redevenu Elfe, lui, resta sur place et, après avoir reçu son message pour Váli, il la regarda partir, se retenant à la panthère des neiges, son ancien totem qui s'étaient décidé à rester auprès de lui. Il ne resta désormais plus rien pour retenir le dragon blanc, la guerrière d'un autre monde. Dans un fracas, la guerre commença à se préparer. Le lac était comme comme une réserve presque infinie d'armes pour elle. La sentinelle n'aurait pu arrivé à un pire endroit, à un endroit qui le mette davantage en infériorité de terrain.
Une fois que tout fut prêt, que le ciel s'était couvert de brume, tandis que la terre s'était couverte d'un labyrinthe étrange d'eau de glace, un sarcophage ou une crypte protecteur, il ne resta plus qu'à attendre son arrivée. Et c'est finalement une petite silhouette noire qui arriva depuis le lointain, à un pas lent mais qui semblait glisser sur le sol. L'inconnu était entièrement recouvert de bandages, de vêtements et d'une immense cape noire qui lui occultait le moindre bout de peau. Pas même les yeux ne dépassaient. On aurait à une grande ombre de tissu, à un être sans visage, seules les pointes bandées de ce qui devait être ses oreilles ressortaient de son vêtement. L'étrange personne s'arrêta finalement devant le labyrinthe, sans même essayé d'y pénétrer. À la place, une voix qui semblait venir sur sol, qui roulait sur les rochers, comme une caverne, rocailleuse, qui roulait comme de la poussière jusqu'à l'intérieur des oreilles, se fit entendre :

« JE SUIS UN SENTINELLE. TU NE CONNAIS PAS CE TERME MAIS ICI TOUT LE MONDE LE CONNAIT. CELA SIGNIFIE QUE JE VIENS PAR LA VOLONTÉ D'EILÍFTH MÊME, QUE J'AI ÉTÉ CHOISI PAR LES ANCÊTRES QUI VIVENT DANS LES PIERRES DE CE SOL. »

À la façon dont il l'avait dit, cela devait être présentation d'usage. Bien que ses intentions soient floues, sa voix avait pourtant été calme, presque trop calme, sans la moindre once d'agressivité. Cependant, ce qu'il allait faire par la suite allait prouver que ses intentions n'étaient peut-être pas si pacifique.

« ÉXILÉE, TA PLACE N'EST PAS ICI. LE TRAITÉ QUI A ÉTÉ AUTREFOIS SIGNÉ PAR LES PUISSANTS POUR QUE CE MONDE RETROUVE LA PAIX EXIGE TON DÉPART IMMÉDIAT DE CES TERRES VERS CELLES DE TON PEUPLE. SUIS-MOI ET TA VIE TRACERA SON COURS. OPPOSE-TOI, ET LE SOL ET TOUT CE QUI COMPOSE CET ENDROIT REJETERA TA PRÉSENCE. »

Comme si elle avait voulu illustrer ses mots, et peut-être était-ce le cas, l'eau des lieux se fit soudainement plus silencieuse. On aurait dit qu'elle tentait d'échapper au contrôle de Tullia, ou plutôt qu'elle cessait en partie d'être de l'eau, son élément. Même l'énergie des lieux, qui compose tout objet commença à changer tandis que l'énergie tellurique, qui compose le monde, se ralentissait. Enfin, les pierres qui étaient séparées du sol se mirent à vibrer d'énergie, sous le coup d'un événement étrange, qui aurait nécessité une bien meilleure connaissance de la terre pour être compris. On aurait pas pu croire que c'était un phénomène naturel, ou alors une catastrophe magique de forte intensité, et comme pour le prouver les oreilles de la sentinelle s'était mises à vibrer faiblement, au rythme des pierres.


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Re: [Printemps 4602] Départ
posté le Lun 27 Aoû - 21:24


Dernière édition par Tullia Estrama Von Raijer le Mar 28 Aoû - 19:37, édité 1 fois

Les conseils de Valhildur avaient été entendus, et je n'y avais pas répondu pour me préparer. Le labyrinthe se complexifiait, allant même jusqu'à déborder dans le lac. Des statues de dragons, des golems de glace prenaient place... On pouvait également entendre le craquement de la terre, alors que j'enfonçais des pics de glace dans le sol, pourfendant ce sol grâce à la magie que je connaissais. Cachée sur un des piliers de glace au coeur de ce nouveau palais, j'attendais. Je pouvais le sentir venir... Une force calme, imposante, froide... Celle de la Terre. Je souriais. Je ne pouvais m'empêcher de penser avec amusement et avec tristesse à l'ancien Gardien de la Terre. C'était une personne réservée, mais juste et généreuse, qui ne se complaisait pas dans les apparences. L'un des rares à ne pas m'avoir complètement rejeté au début. Mais c'était il y a si longtemps... Son nom jusqu'à son visage m'étaient oubliés. Je me redressais, attendant qu'il pénètre dans mon piège. Mais il s'arrêta avant. Je ne pouvais le voir de là où j'étais, mais je pouvais le sentir. Soudain, je sentis le sol vibrer, répondant en écho à cet être qui venait d'arriver pour faire entendre sa voix. Une voix froide et désincarnée, sans émotion. Pas d'animosité, ni de compassion. Je restais stoïc, étant dans un état d'esprit de combat. En sentant le sol vibrer autour de moi, je sentais qu'il avait l'avantage du terrain. Il se présenta, du moins son titre. Heureusement pour moi Valhildur m'en avait parlé et mise en garde, mais cela ne m'avançait pas beaucoup. Il restait un adversaire inconnu, et moi je n'étais pas dans le meilleur de mes états. Encore affaiblie et instable dans l'utilisation de la magie, je ne pouvais utiliser les nombreux sorts et tours de passe-passe dans mon cheptel d'outils de combats. Même si ma réserve de magie était grande, elle était bridée. L'affrontement n'était pas en ma faveur, c'était certain. Mais il fallait faire ce qu'il fallait. La Sentinelle me prévint alors de le suivre, proclamant que selon le Traité je n'étais pas la bienvenue ici et que je devais rejoindre mon peuple. Mon peuple... S'il parle des Haut Dragon, il peut aller se fourrer les miches là où je pense. La colère remontait, aigrie et rongeante comme de l'acide. Et pour couronner le tout, il montrait sa toute puissance en faisant vibrer la magie autour de lui, essayant également de ronger la mienne. Cela me faisait penser à cette magie minérale que j'avais décelé chez Vali. Mais l'eau n'était pas que cela, il allait l'apprendre. Reprenant contrôle, infusant ma magie là où lui ne pouvait le faire, par le même procédé que le sien je parlais au travers de l'eau, mon esprit rendant leur écho. La voix était plus fine et claire que celle qu'il avait appelé, mais toute aussi froide.

"Sentinelle, je suis une Voyageuse, je n'appartiens à aucun monde ni à aucun peuple. Ton Traité ne me concerne pas. Je n'ai de place nulle part, tout comme je peux faire de partout mon chez moi. Je ne cherche nulle querelle, alors partez et laissez moi en paix."

J'essayais gentiment, si on peut dire, de lui faire comprendre que je voulais rester neutre. Mais mon dégoût pour les membres de la Triade, pour les Haut Dragons et ces Dieux me prenait à la gorge. Ma voix d'écho se leva à nouveau, mettant en garde mais questionnant également. Tant qu'à faire, et pour me laisser du temps, je devais faire comme si je ne connaissais rien de ce monde, et savoir plus précisément l'envoyait.

"Pantin désarticulé et sans volonté, je ne souhaite pas vous affronter. Vous n'êtes pas mon ennemi, comme n'importe qui en ce monde. Qui sont ceux qui souhaitent me contraindre et m'ordonnez alors que nul n'en a le droit, quels sont ces maîtres à qui vous obéissez ?"

Le silence revint de nouveau, mais en même temps je laissais les pics et tentacules de glace pénétrer plus profondément dans la terre, continuer à faire leur chemin comme une plante rampante.


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Re: [Printemps 4602] Départ
posté le Mar 28 Aoû - 15:29

La perspective de rejoindre les hauts dragons n'était visiblement par pour plaire à l'exilée. Le souvenir de leurs exactions et, pire, des exactions qu'ils l'avaient obligée à commettre la hantait encore et était destiné à rester une ombre tapie dans son histoire jusqu'à la fin de son existence. Sa réaction était donc finalement prévisible pour une personne qui l'aurait connue. Malheureusement pour le sentinelle, il ne connaissait cependant rien de ce passé, et même s'il l'avait su, ses actes auraient sans doute été les mêmes. Il obéissait à d'autres lois, à des ordres venant de plus profondément. Elle s'était décidée à lutter de puissance. Soit ! Elle subirait les conséquences de sa colère et de sa haine irraisonnées. Voyageuse, innocente, peu importait car l'ordre avait déjà été donné. Elle ne connaissait rien de ce qui l'entourait. Elle ignorait les risques. Elle ne savait même pas ce qu'elle était en train de faire. La neutralité n'a pas de sens lorsqu'il s'agit de la Triade, seul le pouvoir compte. Chez les puissants, il n'existe que deux formes de relations sociales : soumettre ou être soumis. Elle allait devoir comprendre que la puissance d'une seule n'était pas absolue face à la loi d'un monde. Ainsi, dit-il :

« LES EXILÉS N'ONT PAS LEUR PLACE ICI. SEUL LE CHAOS POUR LE POUVOIR SUIT LEUR PAS. CE MONDE N'EST PAS VOTRE TERRAIN DE JEU, ET ENCORE MOINS CES TERRITOIRES RECULÉS. IL N'Y A PAS D'EXCEPTION. »

Cette dernière phrase avait sonné comme un couperet. Elle revêtait ici plusieurs sens. Non seulement les exilés n'avaient aucune place sur ces terres, où qu'ils veuillent s'installer, mais la sentinelle semblait aussi nier la simple possibilité d'un exilé qui n'aurait eu des ambitions destructrices. L'insulte avait cependant été donnée comme un fait, et peut-être n'avait-il pas tort d'ailleurs, comme une réponse à la précédente attaque de la dragonne qui l'avait pourtant laisser de marbre. Et c'est sur ces mots qu'il entreprit de répondre à question de son interlocutrice :

« MES MAÎTRES SONT LES VOIX DE MES ANCÊTRES. CE SONT LE CHUCHOTEMENT DES ROCHES, QUI VIENNENT DU PLUS PROFOND DE LA TERRE. J'OBÉIS À EILÍFTH, À CE MONDE. VOTRE SEULE PRÉSENCE SUFFIT À EN PERTURBER LE CALME ET LA PAIX. »

À ses paroles, en assentiment, la terre se mit à craqueler. On aurait une banquise, fragilisée par le début du printemps. C'était pourtant de la roche qu'il s'agissait, s'agitant sous le poids de la honte, laissant entrevoir les racines étirées de quelques plantes sèches du nord à travers les fissures, la craquelures, dignes du début d'une apocalypse. Pourtant, la forme de tissu sombre n'avait toujours pas fini de parler :

« MÊME SI VOUS ME TUEZ, D'AUTRES VIENDRONT. ET SI VOUS LES TUEZ, EUX AUSSI, VOUS ATTIREZ ALORS L'ATTENTION DES SEIGNEURS DU SUD. ILS SE METTRONT EN ROUTE AU TRAVERS DU CIEL, TEL LE BRAS BLANC DE LA MORT, CAPABLES DE DÉTRUIRE DES PEUPLES ENTIERS. VOUS NE POURREZ JAMAIS VOUS CACHER, CAR C'EST UN MONDE QUE VOUS TENTEZ DE COMBATTRE. OBÉISSEZ MAINTENANT, OU SUBISSEZ. »

Des mots sans appels et la fin de la discussion. La sentinelle savait déjà quel allait être son choix et il était prêt à combattre. Brusquement l'énergie tellurique ressurgit dans le lieu même. Il n'est pas sous eux mais à travers eux, puissant et vaste. Le vent se coupa soudainement. Les plantes, les mousses et lichens qui tapissaient le sol, les quelques fleurs qui avait déjà éclot et même les buisson touffu et dur, se mirent tous à se figer en commençant par leurs racines. Un teinte grise les envahi comme un linceul de vitriol. Mais cela ne s'arrêta pas aux plantes, cela aurait été trop facile. L'eau elle-même se mit à s'endormir. Le lac qui trônait ici depuis des temps immémoriaux était déjà gorgée de l'énergie de la terre. La dureté de la roche avait rendue l'eau dure à son tour. Le fluide de vie était gorgé d'énergie minérale, clair comme de l'eau de roche. Lentement les arches se mirent à s'abaisser, avant de glisser lentement dans les profondeurs d'où elle était issue. Tout commença à s'endormir, laissant passer le roi errant, l'émissaire d'Eilífth. D'un pas lent, qui glissait sur le sol, il approcha alors tranquillement de Tullia, agitant à sa ceinture, un petit sec où s’entrechoquaient des pierres runiques, déjà prêtes à sceller le destin de l'exilée.


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