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 [Printemps 4602] Départ

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[Printemps 4602] Départ
posté le Sam 22 Juil - 16:07


Dernière édition par Eilífthar Heftharkona le Sam 19 Aoû - 16:20, édité 2 fois

La migration saisonnière fut ordonnée plus tôt que les autres années. Le chef du clan craignait toujours les conséquences qu'auraient pu avoir la dangereuse cérémonie qui avait eu lieu, d'autant que la barrière de son aimée avait lâché, faisant voler la magie étrangère sur quelques lieux, effrayant les animaux. Il espérait aussi en son fort intérieur que le changement de lieu pourrait avoir des effets bénéfiques sur la santé de son frère qui se dégradait de jour en jour, malgré les bons soins de tous les membres du clans. Valhildur et Hrímnir se dirent au revoir, une fois de plus. Le troupe, chargée de ses affaires, accompagné du troupeau de rennes, s'avança alors vers le nord-ouest. Váli porta son frère sur le dos, emmitouflé de nombreuses fourrures afin qu'il n'ait pas froid. La panthère totemique, même deux semaines après sa libération, continuait toujours de suivre ce qui avait été son ancien corps. De temps en temps, elle s'osait même à partager un peu de son énergie avec lui, mais la séparation qui avait été opérée entre eux était si stricte que cette douce aide ne pouvait pas parvenir jusqu'à son destinataire. Il n'avait pas neigé depuis plusieurs jours, mais le blanc manteau de l'Hiver recouvrait encore les terres, entravant la lourde marche à travers la toundra, comme un obstacle continuel que leur opposait le nord. Pourtant, les elfes sauvages et les animae continuèrent leur avancée, imperturbable face à ce temps qu'ils avaient déjà connu plus de cents fois durant leur longue existence.

C'est au bord d'un large lac dont on ne voyait pas l'extrémité, que le clan Fjarlægur aboutit finalement. Une douce épaisseur de glace la recouvrait encore, mais elle était comme un piège mortel, prêt à se briser sous les pas de quiconque s'y engagerait trop loin. Une fois arrivés, les natifs commencèrent à creuser la neige jusqu'à la terre en dessous. Ce n'est finalement que sur la terre ferme et solide, rigidifié par le froid qu'ils plantèrent leurs tentes. La neige qui avait été déblayée fut ensuite rassemblée autour des habitations épaisses afin d'en parfaire encore l'isolation. Váli reçut l'aide de beaucoup de personnes pour mettre en place la petite tente de son frère, une fois qu'il eut mis en place celle qui partageait avec Tullia. Tout le monde put ensuite reprendre ses activité.

Il sembla que ce changement de lieu profita à l'alité. La dégradation progressive de son corps commença à s'arrêter et même à s'inverser. De nouvelles dents commencèrent à pousser, des dents elfiques cette fois, dépourvues de la pointe qu'avaient ses précédents crocs félins. Ses yeux aussi commencèrent à changer légèrement de teinte, adoptant des nuances de cyan. Ses cheveux s'assombrirent. Étrangement, les changements successifs qui affectèrent son corps augmenta de plus en plus sa ressemblance à son frère, comme si jusqu'à la leur similarité avait été caché par la nature bâtarde de son sang. Au bout du deuxième mois du Printemps, il pouvait de nouveau marcher dans le camp comme avant. Les transformations qu'il avait subi l'avait cependant laissé plus fragile qu'il ne l'avait été auparavant et le vent froid l'obligeait à se couvrir de lourdes fourrures pour se protéger. Son ancien totem le suivait toujours. Le lien qui les avait un jour uni avait peut-être été brisé au niveau physique mais leurs esprits étaient encore au diapason. Le nouvel elfe commença ainsi à trouver des dons de magie animale au fond de lui. Néanmoins, ce n'est pas la seule magie qu'il perçut au fond de lui et il le comprit bien vite lorsqu'un jour, il tomba dans l'eau sans savoir nager. Ce jour là, sous lui, c'est un véritable îlot de glace qui gela en quelques instants pour l'empêcher de tomber. L'ancien anima n'était pas tout-à-fait devenu un elfe sauvage, contrairement à ce qu'on avait pu le croire ; un sang ancien, celui de ces ancêtres lointains, ceux qui s'étaient unis pour la première fois aux totems, coulait de nouveau dans ses veines. Si cette nouvelle inquiéta son frère, elle le réjouit, lui, comme un rappel à des origines lointaines.

L'ancien "petit chat" ne fut pas le seul à changer durant ces mois. Le Printemps transforma les lieux, effaçant lentement l'épais manteau de neige, qui ne subsista çà-et-là qu'en tant que masse blanche, cachée dans les creux de la terre et à l'ombre de petites mottes. Ce nouveau paysage convint parfaitement au couple. Les larges espaces et le large plan d'eau était comme une véritable source d'énergie pour la dragonne. De plus, la nombre de plus en plus foisonnant de grands herbivores dans les plaines alentours était comme un baume qui effaçait tous les soucis du chef de clan. Tous deux avaient ainsi tout le temps qu'il désiraient pour se consacrer à eux-mêmes et à leur amour.

Pourtant, toute bonne chose a une fin. Il arriva un jour funeste, lourd de changements. L'Été était presque arrivé et, si le destin avait retardé sa course de seulement une ou deux semaines, c'est au moins un mois qu'ils auraient reçu en cadeau. Cependant, le temps leur avait déjà fait assez de présents depuis leur rencontre. Tout se déroula brusquement. Un jour, des gardes débarquèrent brusquement dans la tente, porteur d'une étrange nouvelle : un “roi errant”. Il aurait été aperçu dans la plaine et se dirigeait apparemment vers leur camp. Váli sembla anéanti par cette nouvelle. La tête entre ses mains, il réfléchissait à voix haute :

« Les rois errants ne quittent généralement pas les montagnes. Cela fait des milliers d'années que nous n'en avons pas vu, depuis que leur race a été presque entièrement anéanti par la terre elle-même. Face à eux, les pouvoirs ne servent à rien. »

Tournant la tête vers Tullia, il lui sembla qu'il venait juste de remarquer sa présence. Il la contempla comme s'il la voyait pour la première fois. Levant sa main pour lui caresser la joue, il lui annonça finalement cette nouvelle :

« Je crois que tu es en grand danger. »


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Re: [Printemps 4602] Départ
posté le Lun 24 Juil - 19:08

Le rite était à présent terminé, et dans ma quête d’éventuels intrus je n’avais rien trouvé. Juste mes quelques galets gravés des runes de brouillages, que je détruisais aussi rapidement. Si besoin, j’en referais d’autres, mais il était préférable de ne laisser aucune trace. La neige et le vent avait effacé toute trace, pas la moindre empreinte. Mais je savais que la barrière n’avait pas été brisée par la venue d’un intru, aussi je redevenais rapidement sereine et occupais mon esprit à autre chose. En revenant au camp, il fallait s’occuper de Kottlingur, et le temps du départ sonna de nouveau. J’aidais comme je pouvais, assistant pour aider l’animae selon mes moyens. Sa transformation était lente, et je voyais que sa partie animale était en train de le quitter. Il était faible, je pouvais le sentir, mais sa vie n’était pas en danger si nous continuions à nous occuper de lui. L’esprit totem qui l’accompagnait était toujours à ses côtés, ce qui était une preuve de plus qu’il n’était pas mourant. Je ne savais pas ce que les autres pensaient de cela, mais je gardais pour moi cette information. Je ne savais pas comment ils pourraient le prendre, après-tout. Mais nous étions tous trop occupé à faire les préparatifs du départ pour nous en soucier. J’empactais, j’aidais Vali à transporter Kottlingur de temps en temps. Nous marchions, il avait cessé de neigé, mais cela faisait longtemps maintenant que cette neige ne me gênait plus. Je m’étais adaptée, comme d’habitude. Et puis c’était de l’eau, même sous forme gelée, aussi je restais dans mon élément et pouvais me rassurer du fait que j’avais cette « arme » en abondance autour de moi.

Notre voyage prit fin sur les abords d’un grand lac gelé. C’était beau, mais surtout je me disais qu’il serait plus facile de faire appel à mes Habaeks avec de l’eau liquide à proximité. Je regardais en souriant le lac, gardant en tête l’idée d’y faire une petite balade plus tard. La finesse de la glace ne me gênait aucunement, car sous mes pas je pouvais la rendre plus épaisse et plus solide. Les gens du campement commencèrent les préparatifs. Ils creusèrent la neige pour atteindre le sol de terre, et je les aidais manuellement. Ma magie de l’eau aurait pu être beaucoup plus utile, rendant facile et plus rapide cette opération. Mais comme la magie de l’eau et de la glace était mal vue, je m’abstenais. C’était toujours une déception de devoir se cacher pour pratiquer, rester à l’écart. Je ne voulais déranger personne, et surtout pas mon Chasseur Bleu. Celui-ci était toujours plein d’attention envers moi, la chaleur de son affection faisant fondre graduellement mais sûrement mon cœur toujours sur la défensive. Je me sentais plus à l’aise avec lui, plus ouverte… Il avait accepté ce que j’étais et n’avait en rien modifié son comportement envers moi. Je pouvais réellement dire que j’avais de la chance de l’avoir rencontré. Je souriais plus souvent, et oubliais d’autant plus l’épée de Damoclès qui se balançait allègrement au-dessus de ma tête. Mon temps était compté, mais je préférais oublier pour profiter. Je lui rendais maintenant plus que ce que j’avais donné au premier abord, plus de dévotion et d’amour.
Kottlingur lui finit par se réveiller. Il ne ressemblait plus du tout à un animae, mais à un elfe. Il ressemblait beaucoup plus à son frère, mais je notais en lui un autre changement notable. La magie en lui s’était révélée, et c’était celle de l’eau et de la glace. Je souriais intérieurement, mais gardais le silence. Il reprenait lentement ses forces et était de nouveau bien accepté par le clan. Je ne pouvais le brusquer avec ses choses, il le découvrira bien par lui-même. Pour le moment, je l’aidais comme la crevette qu’il était et le petit-frère de mon aimé. C’est ce qui finit par arriver quand il tomba dans l’eau du lac, et qu’une gangue de glace vint le maintenir à la surface. C’était de l’utilisation de magie instinctive, mais la découverte était faite. En parlant avec Vali, je découvris qu’il y avait des origines anciennes à leur espèce, cette magie pouvant être un reliquat passé. C’était une fierté pour Kottlingur, mais je restais confuse du fait que cette magie était mal vue. Quoi qu’il en soit, je me mis à l’œuvre et proposa mon aide à Kottlingur pour maitriser cette magie. D’abord les bases, comment mieux sentir le potentiel, ce qui l’entoure. Puis appeler les éléments pour les façonner, petit à petit. Je lui enseignais également une autre chose utile, comme ne plus craindre autant le froid en acceptant ceci et l’équilibrant avec sa magie de glace. J’étais heureuse de pouvoir aider, et me rapprochais d’autant plus de l’ancien animae. La shaman pouvait bien pester dans son coin, maintenant j’avais un allié et pouvais un peu plus m’exprimer.

La nature reprenait ses droits, la neige fondait de ça et là, rendant les pâturages plus propices pour le gibier. Une aubaine pour moi, qui appréciais toujours chasser. Cette ambiance plus ouverte me permit à mon tour de m’ouvrir plus. Je trouvais le temps de discuter plus avec Vali, ou plutôt lui trouvait plus de temps. Me permettant de poser des questions qui avant ne me semblaient pas nécessaire, je lui demandais sur son passé, son origine, comment il était devenu chef de clan. C’est étrange à dire, mais l’habitude de ne pas rester en compagnie de personnes très longtemps avait déformé mes habitudes, aussi je ne faisais plus l’effort de savoir le passé et les espoirs de chacun. A quoi bon, si en définitive je dois partir ou m’exiler ? Mais les choses étaient différentes maintenant, je pouvais respirer et presque voir un avenir. Un mot tabou qui, bien entendu, devait ne plus avoir de sens pour bien calquer à ma chance. En effet, un jour que Vali et moi étions dans notre tente, des gardes vinrent nous prévenir de l’arrivée d’un roi errant. Je me demandais ce que c’était pour alerter ainsi les gardes. Quel genre de bestiole cela pouvait bien être ? Vali, lui, semblait soudainement en pleine réflexion, et surtout anéantis. Je le fixais, attendant d’avoir des explications. Mon Chasseur Bleu semblait vraiment mal à l’aise. Il finit par me regarder, comme s’il me regardait pour la dernière fois. J’en eus froid dans le dos. Il ma caressa la joue, et ses paroles furent comme un coup de poignard qui me ramenait à l’amère réalité. Moi, en danger ?


« Qu’est-ce qu’un roi errant ? Et pourquoi cela me concerne ? »

Je lui avais saisi la main, mon regard se faisant plus direct et froid. Il me fallait des explications, pas des assertions sans fondements. Qu’est ce qui pourrait être dangereux pour moi ? Un membre de la Triade peut être ? Mais surtout, il fallait faire vite.
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Re: [Printemps 4602] Départ
posté le Sam 19 Aoû - 17:06

Face à l'expression curieuse de Tullia, Váli était désemparé. Le seigneur du nord s'attristait déjà en lui-même du fait qu'il ne réussirait pas à lui faire comprendre le danger et son imminence. Il devait cependant le tenter :

« Les rois errant sont un clan ancien. Par le passé, ils étaient les rois d'une race qui a désormais disparu. Durant de longues années, jusqu'à leur destruction, ils luttèrent contre les tribus du Nord. Décimés, depuis ce temps, ils errent à travers les terres. En croiser un n'est pas bon signe, surtout s'il est seul. Car personne ne traverse s'il a le choix, il vient pour nous. »

Les pensées de l'elfe sauvage avaient surgi brusquement et en désordre, à ses lèvres. Cela était encore un signe supplémentaire de son désœuvrement. Il ne pouvait pas aider son aimée dans cet état. Cependant, alors qu'elle esquissait un geste, croyant à son départ, il lui prit l'épaule. L'habitant boréal devait encore lui faire des risques qu'elles ne semblait pas réaliser :

« Je ne l'ai pas vu arriver. Personne ne peut lutter contre un roi errant aguerri, et, comme il est seul, il l'est sûrement. Depuis toujours, leur race sont liés aux énergies minérales qui nous entourent et qui sont la source de toute magie. Si tu décides de l'affronter, tu finiras captive, ou pire. Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit. »

Puis le silence retomba sur la tente. Le chef de clan ne savait tout simplement pas quoi décider. Les intérêt de son clan, de son amour et la peur d'un destin funeste tournaient dans sa tête et l'empêchait de prendre la moindre décision. Dans sa longue vie, il avait affronté de nombreux problèmes, de nombreux animaux, quelques conflits avec d'autres tributs même, cependant c'était la première fois que la terre lui hurlait si fort qu'un danger approchait. Malgré cela, sa bien aimée continuait de lui poser des questions, lui demandant quel animal c'était. Cette question choqua un moment Váli, le sortant un moment de ses soucis pour le replonger dans d'autres. C'est néanmoins l'esprit plus clair qu'il finit alors par répondre :

« C'est un elfe, un elfe sylvestre, ou un esprit. Les rois errant gouvernaient un clan elfique avant d'être détruits. À vrai dire, je n'en ai jamais rencontré et je ne connais d'eux que des rumeurs. Les récits sauvages abondent de légendes les présentant comme des guerriers impitoyables et meurtriers. Mais malgré mon ignorance, mes sens me hurlent le danger qu'il représente. Je ne sais pas... je ne crois pas que j'arrive à réfléchir clairement dans mon état... »

Malgré ces paroles calmes, il resta un moment sonné. Reprenant lentement esprit, les yeux encore vides, il hasarda :

« Peut-être serait-il plus avisé de l'accueillir ? Il ne vient peut-être pas poser problème. »

Une arrivée soudaine mit cependant fin à ces tergiversation. La Sorcière Noire et le Redevenu Elfe (le nouveau surnom de Köttlingur) pénétrèrent dans la tente. La première lançait une phrase sans appel :

« Ils viennent te chercher, ancienne Gardienne. »

Le second assomma son frère d'un coup sec, en expliquant son geste.

« Le roi errant utilise son pouvoir sur la pierre pour envouter tous ceux qui y sont liés. »

Avant même que Tullia ne put insister ou poser des questions, les deux arrivants l'amenaient déjà avec eux tandis que Valhildur continuait ses explications :

« Les exilés ont fini par percevoir que ton pouvoir été arrivé ici et Eilífth a envoyé un Sentinelle pour venir te chercher. Il faut que tu fuis Dragon Blanc et surtout que tu dissimules ta présence. »

Le Devenu Elfe n'était pas en reste, marchant à côté d'elles sur la terre encore durcie par le froid malgré la fin du Printemps. Il semblait avoir recouvert son agilité perdue, cependant sa présence avec la Sorcière noire demeurait mystérieuse. Alors, ils arrivèrent au bord du campement, où les attendait son esprit totem.

« Je vais te mener à travers les plaines du Nord, jusqu'à un lieu d'où tu pourras t'échapper définitivement. »

La panthère des neige diaphane faisait désormais plus de trois mètres de long, gorgée d'énergie comme un fruit après l'été. Elle les attendait et était prête à partir. Il ne restait plus qu'à Tullia de prendre la décision de monter sur la bête.


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Re: [Printemps 4602] Départ
posté le Sam 19 Aoû - 18:45

Vali n'était véritablement pas à l'aise. Il avait du mal à expliquer, ou du moins à arriver aux faits. Je le regardais, inquiète et n'arrivant pas à tout suivre. Mais en quoi cela me concerne ? Il parlait d'ancienne race, de mélange d'esprit et d'elfe. Son esprit semblait confus, tout comme le mien devant ces allégations. Des guerriers redoutables et meurtriers ? Bha, pas de quoi en faire un plat sincèrement, pour moi ce n'est pas comme si je n'en avais jamais croisé. J'en étais une moi même par ailleurs. Je voulais me reculer un peu, pour marcher comme à mon habitude tout en réfléchissant. Mais à peine je bougeais d'un millimètre que la main de Vali se posa vivement sur mon épaule, m'empêchant de bouger. Je le regardais avec étonnement. Ses paroles semblaient plus confuses, son regard étrange. Quoi, au début il faut les fuir et maintenant les accueillir ? Je restais près de mon aimé, posant une main sur son visage tendu par l'anxiété.

" Vali, calme toi, tu..."

Je fus interrompue par l'entrée de Kottlingur et de Valhildur. Mais.. Que faisaient ils ensemble ? D'habitude l'un a peur de l'autre, c'est étrange... Je n'eus cependant pas le temps de réfléchir à cela, que l'une m'annonça que l'on venait me chercher et l'autre assomma Vali. Je regardais Kott avec surprise, mais il expliqua rapidement que Vali était sous l'emprise de cette Sentinelle. Je soupirais, comprenant ce qu'elle voulait dire quand elle m'appela Gardienne.

" Me chercher ? Le moment est donc arrivé. Mais que..."

Je n'eus pas le temps de poser des questions que je fus directement prise à aprtie par les deux individus et trainée en dehors de la tente. Je les suivais, comprenant que l'heure était grave. Je pensais à mon pauvre Vali, inconscient dans la tente. Mais au moins comme ça, il était en sécurité et ne risquait pas de se blesser en étant sous l'emprise de l'autre roi errant. J'écoutais ce que la Sorcière Noire disait, n'étant pas vraiment surprise.

" Cela devait arriver un jour ou l'autre. Fuir et me dissimuler ne sera pas un problème..."

Cependant, j'avais beau ascquiecer, je n'étais pour autant pas satisfaite ni sereine. Je sentais de la frustration et de la colère monter en moi. A cause de cette Triade, une fois de plus, je devais fuir. Je m'y étais préparé depuis un moment, depuis que j'avais pris mes aises dans ce clan, comme si tout bonheur devait avoir un prix et une fin. Je suivais les elfes, sortant du campement pour arriver jusqu'à l'esprit de Kottlingur. Il avait bien grandit, devenant un esprit puissant et capable de protéger son frère de chair. Le Redevenu Elfe m'enjoignit à monter sur son esprit, pour fuir vers le Nord. J'allais le rejoindre, mais mon regard se perdit un moment sur le lac. Je ne bougeais plus, observant cette immense surface d'eau calme, à peine dégelée. Fuir... Mais pour aller où ? Et pour combien de temps ? J'étais fatiguée. Faire tout ça, ce n'est... Ce n'est plus moi. D'un coup d'un seul, ma voix tranperça l'air glacial d'un ton aussi tranchant et décidé qu'une lame.

" Non...."

Je fronçais des sourcils, tournant mon regard vers les deux elfes qui voulaient m'aider. La colère et la frustration de ces années faisaient surface, de nouveau. Pourquoi fuir, alors qu'une fois de plus c'est un cercle sans fin ?

" Non, je ne vais plus fuir. Ca me gonfle maintenant, j'ai fuis toute ma vie, et pour quel résultat, hein ?!"

Je déversais sur eux ce trop plein d'émotion, le flot d'années de fuite et de peine que cela avait engendré. Cela ne servait à rien, j'en revenais toujours à la même chose. La colère grondait en moi, celle d'une vague impétueuse et guerrière, faisant briller mes yeux de cette flamme des batailles de jadis. Je grondais, regardant mes mains qui déjà commençaient à se transformer légèrement, les ongles devenant griffes blanches pour déchiqueter, transpercer, tuer... combattre.

" Par Habaek et par Ethan, je suis la Dévoreuse de Dieu et le Fléau Blanc, promise Déesse de la Guerre et des Bêtes Célestes ! S'ils veulent me chercher, ils vont me trouver et ne vont pas être déçus."

J'étais déterminée à présent, ma voix résonnant dans l'air avec la gravité et la puissance d'un cor de guerre. Vite, il fallait changer de plan. Je réfléchissais vite, et m'approchais de Kottlingur. Fouillant dans l'une de mes poches, j'en sortis un cristal bleuâtre, de la taille de deux phalanges. Il était fermement attaché par une cordelette de cuir, brillant légèrement comme s'il était vivant. Je le tendis au frère de mon aimé, comme cadeau d'adieu.

"Tiens Kottlingur. Je voulais encore travailler un peu dessus, mais nous manquons de temps. C'est un des critaux de glace de ma forme dragon. J'y ais imprégné de la magie de la glace, il te sera utile en cas de besoin. Fais attention à toi, Petit Chat..."

Je le prenais dans mes bras, lui faisant uen dernière embrassade. Il était presque certain que je ne reviendrais pas. J'aurais voulu faire cet adieu à Vali, mais le temps manquait, et j'allais mettre en danger tout le monde. Je le relâchais et lui souriais avec tristesse. Il allait me manquer, ce drôle d'oiseau. Je me tournais vers Valhildur, lui souriant avec plus d'entrain et parlant avec la chaleur du sarcasme et de l'ironie.

"Et toi, Sorcière Noire, je fus bien heureuse de te connaitre. Je ne supporte toujours pas ta sangsue d'esprit Corbeau et j'ai toujours envie de la dévorer, mais ce ne sera pas aujourd'hui. Préviens bien tout le monde, que l'on ne m'approche pas et que l'on ne me cherche pas. S'il vient ici et demande, je n'étais qu'en marge du groupe, ne communiquais que rarement. Je ne vou appréciais pas et vous ne m'appréciez pas en retour. Il ne faut pas qu'ils sachent que je vous portais en mon coeur."

J'étais redevenue sérieuse, me souvenant de ce que les Renégats avaient fait par le passé. Exterminer ceux que j'avais cotoyé, aimé, protégé, ou qui m'avaient protégés. Juste pour le plaisir de savoir que cela me faisait souffrir, rien de plus. C'était l'une des raisons pour laquelle je craignais toujours de me lier à des personnes. Mais cette fois serait différent. Je ne fuirais pas. Je prends tout de même mes précautions, en espérant que... Mon visage s'assombrit. Et Vali... Je n'allais plus le revoir, sans aucun doute. Mon coeur se serra, je ressentis une terrible déchirure qui faillirent me faire pleurer. Mais il était clair sur mon expression que j'étais terriblement blessée et peinée par cette séparation. D'une voix plus hésitante et brisée, je mentionnais le message que je voulais faire passer à mon aimé.

" Et pour mon Chasseur Bleu... Dis lui... Dis lui que je l'aime, et que je suis désolée."

C'était court, car il y avait tellement de choses que j'aimerais lui dire et lui demander. Si j'étais désolée, c'était de devoir le laisser, de l'abandonner ainsi. Car si je reviens, je le mets lui en danger. Et mon coeur ne pourrait le supporter s'il lui arrivait la moindre chose. Mais pour le protéger, je devais me battre. D'un effort de mon âme et de mon coeur, je tuais autant que possible cette peine, me concentrant sur ma colère et mon envie d'en découdre. Mon regar se fit brillant d'une nouvelle rage, je souriais de nouveau comme un prédateur allant combattre pour sa souveraineté.

" Bon, c'est pas tout mais j'ai cette sentinelle de roi errant à aller casser. Comme au bon vieux temps, ha ha ha ! S'ils me veulent, qu'ils viennent me chercher eux même, ces charognards de Triade..."

Sur ces mots je grondais légèrement et me mis à courir dans la direction opposée du lac. Quand je fus un peu plus loin des deux elfes, je pris ma forme dragon, faisant attention de ne pas déplier mes ailes. Là, prenant une grande inspiration et provoquant le tumulte de la magie de l'eau autour de moi, je poussais un rugissement puissant. Un appel à la guerre, un défi déployé à pleine gorge et sauvagement, faisant trembler les cieux, l'eau et la terre. Je savais que cette Sentinelle avait du la sentir, ou peut être me voir de loin. La glace restante du sol s'évapora d'un coup, créant une brume et un chemin vers le lac. Dans cette brume, je pris mon envol vers le lac, restant basse au dessus du sol et profitant de l'écran de brume pour cacher mes ailes. Je devais rester prudente, car rien ne disait qu'il savait qui j'étais réellement. En volant au dessus du lac, l'eau tourbillonnait sur mon passage, prise de violente vagues soudaines, parfois se tranformant en pic de glace. Je tourmentais la magie de l'eau, faisant le plus de "bruit" possible pour que cette sentinelle me suive. Je volais jusqu'à l'autre bout du lac, le plus loin possible du campement. J'atterrissais sur la terre ferme, reprenant cette fois ci une forme humaine. J'avais toujours mes cornes et mes ailes, mais gardais mes ailes cachées sous ma cape de peau de bête. Là, sur le sol, je devais me préparer. L'eau était à côté, et fluait du lac pour former de grandes arcs de glace autour de moi, comme un labyrinthe. Je préparais le terrain et ses surprises, ne comptant pas me laisser faire. Si j'allais me battre, ce serait pour faire trembler cette terre et celle des dieux.

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