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 [Printemps 4602] Les enseignements d'Aton

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[Printemps 4602] Les enseignements d'Aton
posté le Mer 28 Juin - 17:04


Dernière édition par Eilífthar Heftharkona le Dim 16 Juil - 18:21, édité 1 fois

La missive arriva le second jour du début du Printemps. La journée précédente avait été particulièrement festive. De nombreux de chevaliers étaient venu de partout dans les terres nobles pour fêter l'événement au château. Des guirlandes de fleur avaient été tressées dans tous les lieux pour l'occasion. Il y avait eu un bal sous la verrière parmi les plantes en floraison grâce aux bons soins des elfes prodigués durant toute l'année. Les festivités s'étaient étendues en un banquet qui avait fait du bruit jusque tard dans l'année. Nul doute qu'une grande partie de la maison devait encore avoir été dans un sommeil profond lorsque la missive fut déposée sur le petit bureau de marqueterie, juste en face de la fenêtre, pour profiter des derniers rayons de soleil pour lire. C'est ainsi les premiers rayons du soleil, se reflétant sur la cire nacrée qui avait servi à la sceller dans l'attente qu'elle soit ouverte par son propriétaire légitime. Le nom inscrit en lettre d'or dessus, “Nilahiah Qel'Nêphtis”, indiquait sans la moindre hésitation la destinataire du message. En l'ouvrant précautionneusement, on pouvait ainsi lire le message qui y était inscrit :

« Lorsque le Soleil sera à son apogée, après le repas, vous êtes attendue à la salle d'enseignement pour votre premier cours de magie céleste. Il vous faudra vous rendre à la cathédrale et, sous le dôme dorée, vous prosternez devant la grandeur d'Aton. »

Le message était pur, informel, presque sec. Il n'y avait aucun rappel de la date, aucune signature, pas la moindre information supplémentaire qui aurait pu adoucir le message en le situant clairement.


Après une matinée et un repas du midi particulièrement calme, c'est tout un attroupement qui se forma au cœur de la cathédrale. Il s'agissait absolument d'un des lieux les plus chargés de décor de tout le château. Où que portait l'œil, c'était avalanche sur avalanche de dorure et de lourdes peintures, si réaliste que les personnes semblait presque s'en détacher. D'immense vitraux apportaient des fleuves de lumières mais cela ne semblait pas assez pour illuminer tous les coins colorés de couleurs flamboyantes des recoins du plafond. Juste au dessus, au milieu de la croix que formait la cathédrale, se trouvait un immense dôme transparents coloré d'or, à la base duquel, un œil perçant pouvait lire la délicate inscription “Seul s'élève celui qui s'abaisse”. En plus de Nilahiah, il y avait quatre des cinq autres écuyers principaux, ainsi que six autres elfes, plus en retrait. Cinq d'entre eux étaient des enfants de chevaliers nobles, l'un était même l'écuyer d'Arius, le propre frère du seigneur Noble ; la dernière était vraisemblablement une fille sans origine noble. Comme sensible à un écart assez important, ils restaient à l'écart des fils de seigneurs qui constituaient les écuyers d'Alrick le Noble, et encore plus de l'ange parmi eux. À vrai dire, la seule autre personne qu'il manquait était le premier écuyer, Elínór Honorable. Si Nilahiah fit l'erreur de poser question sur lui, elle fut mise en face des silences gênés des autres écuyers, qui n'osaient pas répondre. À cette question, ce serait étrangement à Ariadna de répondre, d'une phrase qui imposait le silence :

« Il a perdu la foi. »

Fort heureusement, une cloche résonna soudain au dessus d'eux, mettant fin à l'étrange tension qui commençait déjà à germer au milieu de la cathédrale, entre tant de jeunes elfes paralysés par l'attente. Faute d'Elínór, Ísrún s'avança la première, s'agenouilla au milieu de la lumière circulaire projetée sur les mosaïques par le dôme et prononça à haute voix :

« Je m'incline devant Aton. »

La lumière sembla alors se rapprocher d'elle comme pour l'enlacer, la faisant briller comme une étoile. Puis, sous l'effet d'un sort posé là il y a longtemps, par les esprits les plus pieux qu'Abyndal eut porté, Ísrún commença à s'élever dans la lumière, portée par la force de sa foi et fut retirée à la vue des yeux émerveillée qui la regardaient. Tous durent reproduire ce phénomène. Ils brillaient plus ou moins fort, s'élevaient plus ou moins vite, plus ou moins stablement, cependant tous réussirent à monter. La lumière les déposa à chaque fois sur une sorte de balcon circulaire qui supportait le poids du dôme et était invisible depuis en bas. Alors, une seule porte s'offrait à eux, une porte en bois assez sombre, sans réellement d'élégance. Elle s'ouvrait sur une salle allongée, juste sous les toits de la cathédrale, éclairé par la douceur bleu du ciel qui paraissait traverser le toit. Douze bureaux étaient alignés en deux files de six, autour d'une allée centrale marquée au sol par une mosaïque en trompe-l'œil présentant des anges sortant d'une fenêtre. Aimable, Ísrún guida Nilahiah jusqu'au premier bureau d'une file, tandis qu'elle s’asseyait à l'autre. Sur chacun des bureaux, il y avait deux livres : l'un était posé sur un présentoir, ouvert à une page bien précise, tandis que l'autre était ouvert à une page vierge, à côté d'une plume. Avant de s'asseoir, Kasperaton, qui était assis derrière elle jeté un coup d'œil au livre de son présentoir à elle et lâcha :

« Hum, le livre de Sainte Árveig du Nord, c'est un livre assez agréable pour commencer. Moi, j'ai celui de Saint Metrophanes de la Tour. »

Chacun, une fois attablé, prenait la plume et commençait à copier avec application les lettres du livre posé devant lui. Dans le Culte d'Aton, il existe de nombreux livres. On dénombre cinq livres originels ayant été écrits par les cinq séraphins qui descendirent sur Abyndal porter la voie d'Aton. Ceux-ci abordent des thèmes divers et ont des ambitions et des personnalités différentes. À ceux-là, il convient d'ajouter une multitude d'autres livres ayant été écrits par les Saints Blancs des différentes époques et évoquant des thèmes encore plus divers, certains s'apparentant à de belles biographies et d'autres à de véritables traités de morale ou de magie technique. La Catabase de Sainte Árveig était une belle biographie. Il s'agissait du récit de la vie de la Sainte, de comment elle était descendue des lointaines terres septentrionales de HiminsVetur pour accomplir son destin et allier les peuples elfiques pour mourir glorieusement en repoussant les démons qui avaient envahi les terres du Sud. La page à laquelle était ouverte le livre se situant dans la première partie. Il s'agissait, plus précisément de la scène d'adieu à sa famille, lorsque, visitée par un sentinelle, elle décidait de le suivre et de rompre le lien qui l'unissait avec le destin de son clan. C'était l'une des scènes les plus émouvantes où elle faisait face au refus de sa mère face à cette implication dans des guerres qui n'étaient pas les leur et l'annonce de sa mort prochaine, par le sorcier du clan, de son démembrement par les démons si elle s'entêtait à poursuivre cette voie. C'était un moment doux et cruel où la Blanche se retrouvait forcée de faire un choix, un habituel confortable ou un autre monde qui révolutionnerait son destin.
C'est une autre cloche qui annonça la fin du cours. Elle fut immédiatement ponctuée de soupir de soulagement de part et d'autre de la classe, tandis que tout le monde se levait, abandonnant l'encre et les mots à peine entamés. Tous avaient des expressions différentes. Kasperaton se plaignait d'un mal de tête, Ísrún avait l'air un peu sombre et ramassait silencieusement ses affaires, Aridna avait les yeux rouges et semblait avoir pleuré. Dans ce remue-ménage où plus personne ne faisait vraiment attention, chacun se hâtait vers la sortie. Pjetur, vint alors voir Nilahiah, lui avouant :

« C'est pour ça que je voulais que tu m'enseigne la magie. C'est impossible d'apprendre quoi que ce soit en recopiant de vieux livres ! Tu… tu es toujours d'accord ? »

Tout le monde s'était déjà hâté vers la sortie, même un Kasperaton complètement fatigué. Il ne restait plus qu'eux deux. La logique aurait voulu qu'ils sortent aussi tout les deux, cependant, l'instinct murmurait avec raison à l'oreille de Nilahiah que le vieux Théo viendrait vérifier lui-même ce que chacun avait écrit. Pjetur regardait autour de lui, en attendant la dernière écuyer :

« Tu… tu viens ? Je… je ne… je n'aime pas vraiment… l'ambiance… cet endroit. » demandait-il d'une voix plaintive, devenant presque un murmure à la fin de sa phrase.


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Re: [Printemps 4602] Les enseignements d'Aton
posté le Mer 5 Juil - 7:37


J’avais progressivement pris part à l’ambiance festive qui annonçait les premiers jours du Printemps et le retour du seigneur Noble dans sa demeure. Bien que la gaieté générale gagne mon âme, j’étais restée toutefois à la place qui était la mienne, celle d’une écuyère. Il y eut encore de nombreux regards interrogateurs jetés sur moi, mais je tâchai de n’y voir aucun mal, et durant l’Hiver, ceux-ci s’estompèrent comme la neige sous le soleil. Les paroles du Vieux Théo germaient encore en moi, mes questions restées sans réponses pendant ces courtes journées hivernales et je m’efforçais de rechercher Aton dans ce quotidien qui était devenu le mien. Toutefois, ces derniers jours, l’occasion ne s’était pas présentée de rencontrer le vieil Ange. C’est par un matin délicatement baigné des ardents rayons du soleil que je reçus une missive, déposée à mon intention dans ma chambre. Mon nom y était inscrit en lettres d’or d’une beauté puisée dans la Lumière du Tout-puissant. Je l’ouvris et y découvris le message qui m’était livré. Nulle signature, mais son auteur n’avait pas besoin de se signer. « Votre premier cours de magie céleste ». Il s’agissait forcément du Vieux Théo et de l’invitation qu’il avait évoquée. Relisant plusieurs fois la missive, je gravai les informations capitales dans ma mémoire. La cathédrale. Le dôme. Se prosterner devant Aton.

Lorsque l’heure fut venue, je me rendis jusqu’à la cathédrale et je fus étonnée de constater que tout un attroupement s’était formé en son sein. Je pénétrai dans l’immense bâtisse. D’extérieur, elle conservait une certaine sobriété, de par la pierre qui la composait. A l’intérieur, presque aucune pierre n’était visible. Ce n’étaient que dorures, peintures, tentures et autres décorations. Et le dôme, merveille aux reflets d’or, s’élevait vers le ciel et baignait la cathédrale de sa douceur ambrée. Je me tenais entre Pjetur et Ariadna, observant les différentes personnes réunies dans le chœur de la cathédrale. Des Hauts-Elfes, nobles et roturiers, et les écuyers du seigneur Alrick. Tous exceptés Elínór Honorable. Se pensait-il au-dessus d’Aton pour ne pas avoir à recevoir son enseignement ? J’interrogeai à mi-voix Pjetur sur cette absence, et ce fut Ariadna qui me répondit, brisant le silence gêné des autres écuyers. Décidemment, tout m’éloignait du descendant Honorable, et je le comprenais de moins en moins. Comment peut-on perdre la foi ? Malgré toutes ces épreuves que j’avais vécu, qui m’avaient menée loin de chez moi, je gardais Aton auprès de moi. Il était ma motivation, mon soutien, et celui qui pansait mes plaies.

Une cloche sonna et j’observai la scène. Chacun s’agenouillait dans le berceau de lumière formé par le Dôme, puis prononçait les paroles qui lui permettraient de s’élever dans les airs. Mon tour vint et je m’exécutai avec piété. Lorsque je fus devant la porte de bois sombre, dont la sobriété contrastait avec l’ensemble du mobilier de la cathédrale, toute inquiétude se volatilisa. Aton était présent derrière cette humble porte, j’en avais la certitude. Je me sentais comme envahie d’une grande confiance et, du coin de l’œil, je crus percevoir mes ailes scintiller d’une blancheur plus éclatante que d’ordinaire. La petite troupe poursuivit son chemin jusqu’à la salle où douze bureaux étaient alignés. Je remerciai Ísrún qui me plaça et m’installai devant le bureau qui m’était destiné. Les quelques paroles de Kasperaton confirmèrent ce que je pensais. L’enseignement du Vieux Théo exigeait que nous copiions ces grands ouvrages du Culte d’Aton. J’avais donc pour tâche de copier La Catabase de Sainte Árveig du Nord, biographie d’une Sainte Blanche. Au début, j’eus quelques difficultés à manier la plume, celle-ci n’étant pas tout à fait semblable à celles que les Anges utilisent pour écrire. Toutefois, je travaillai le geste de telle sorte que je pus retrouver une graphie parfaitement maîtrisée. J’appris ainsi quelle était la vie de Sainte Árveig. Ce récit fut poignant. Particulièrement le choix qu’avait fait la Sainte Blanche de donner sa vie pour les peuples elfiques et sa volonté de lutter contre les démons. Je copiai avec émotion cette déchirante scène d’adieu à sa famille, voyant se dessiner devant mes yeux plissés par la concentration les personnages de cette histoire. Le refus de la mère me rappelait inévitablement la mienne. Le clan m’évoquait le Synode. Et cette Sainte Blanche qui voyait sa destinée bouleversée par un choix à faire me fit penser que le Vieux Théo n’avait pas laissé le hasard déterminer les livres à copier. Il y avait ici un message à mon intention. Un enseignement à méditer.

Le cours prit fin et chacun ramassa ses affaires. Moi-même, j’étais encore dans un certain état d’hébétude, cherchant encore à comprendre à quel choix de ma vie ce récit faisait écho. S’agissait-il de mon choix d’avoir défendu un plus petit ? Ce choix qui m’avait opposé à ceux de mon « clan » et valu la déception de ma mère. Ou bien s’agissait-il de mon refus d’accompagner Dame Deiphyle ? Ce choix que j’avais fait qui m’avait un peu plus éloignée de ma famille. La certitude que je conservais était la suivante : ces deux choix m’avaient menée sur une voie qui m’apparaissait être celle d’Aton.

Pjetur vint me trouver alors que je ramassais mes affaires, faisant sécher la dernière page copiée. Nous étions seuls et il m’exprima son désarroi et sa perplexité. Je posai une main bienveillante sur son épaule et le forçai à soutenir mon regard.


« Pjetur, je tiendrai avec toi cette promesse que je t’ai faite. Mais tu dois également continuer de suivre cet enseignement. Ces vieux livres, comme tu les appelles, sont d’une richesse inestimable. Avec le temps, tu en percevras l’utilité. Moi-même, j’ai encore du mal à saisir ce qu’Aton nous laisse comme héritage à travers ces pages, et chaque lecture doit être différente et nous apporter un enseignement différent. Mais, Pjetur, recopier ces livres, c’est s’imprégner des paroles d’Aton. C’est nous permettre d’arpenter la voie derrière ceux qui nous ont laissé ces textes. Je comprends ton désarroi. Je t’enseignerai de bon cœur la magie, même si cet enseignement se révèle ardu, et tu dois chercher dans ces livres les bonnes paroles d’Aton. Sans Aton, nous ne pourrions bénéficier de sa douce magie. »


Au fil de mes paroles, je m’étais éloignée de Pjetur, désignant les livres d’un geste ample de la main. Lorsque l’écuyer eut écouté tout ce que j’avais à dire, il me demanda d’un ton mal assuré si nous pouvions partir. Sans même me tourner vers lui, je répondis d’un ton distant :


« Pars devant, je te rejoins. J’aimerais jeter un œil à tous ces ouvrages. Je n’en ai pas pour longtemps, tu peux partir l’âme tranquille. Nous pourrons nous retrouver demain si tu le souhaites, pour commencer ton initiation à la magie céleste. »


Je n’attendis même pas de savoir s’il était parti pour me mettre à regarder chaque pupitre. Kasperaton avait imité à la perfection les symboles pour les placer sur le papier blanc. Aussitôt, la curiosité l’emporta et je me dirigeai vers la table qui avait été voisine de la mienne. Ísrún avait-elle mis son âme dans sa plume ? Quel ouvrage lui avait donc été destiné ? Alors que je frôlais du bout des doigts la couverture du livre saint, un bruit me fit sursauter. Des pas retentirent sur le sol de pierre, des pas légers mais lents. Je reposai aussitôt l’ouvrage sur son présentoir. Quelque chose m’avait retenue ici, plus que ma curiosité. J’espérais inconsciemment voir surgir le Vieux Théo et, comme l’avait dit Pjetur, qu’il me donne un enseignement plus concret. Lorsque je relevai les yeux et me retournai pour voir qui approchait, je me rendis compte que la silhouette que j’avais prévu d’attendre me faisait déjà face. Surprise, les yeux écarquillés, je bafouillai comme une enfant, presque honteuse d’être surprise sur le fait :


« Pardonnez-moi, je… je pensais … je voulais simplement regarder quels ouvrages étaient copiés. Ils sont d’une grande richesse. Je ne savais pas s’il était possible d’attendre ici après la leçon… »
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Re: [Printemps 4602] Les enseignements d'Aton
posté le Dim 16 Juil - 19:12

Pjetur semblait bien mal-à-l'aise dans cet environnement mystique. Sa stature se tassait presque alors qu'il regardait autour de lui avec crainte. Il guettait chaque coin et recoin, de peur de voir quelque chose ou quelqu'un soudainement surgir. La soudaine louange que Nilahiah avait adressée aux livres avait déstabilisé le léger confort qu'il s'était auparavant fait de la présence de son ami. Il venait juste d'être congédié, sans souci pour ses propres inquiétudes et restait, craintif, sur le pas de la porte. Cependant, alors que l'ange s'approcha du livre abandonné par Ísrún, il finit par s'enfuir à pas rapides. Ce livre en question, à la couverture rouge assez rudimentaire avait été refermé soigneusement par sa précédente propriétaire. Seul le titre, tracé en lettres noires, apparaissait : “Mes démons”. Il n'y avait pas davantage d'informations, pas même d'indication sur le saint ou la sainte qui avait pu l'avoir écrit. La texture de la couverture était particulière rugueuse et blessait presque les mains fragiles qui le touchait. On aurait dit qu'il s'agissait d'un livre qui ne voulait pas qu'on le lise. Cependant, une fois ouvert, il révélait un nom au lettres d'or, inscrit juste au dessous de la couverture, en haut à gauche, comme pour désigner un propriétaire : “Angelina”. En face, en lettres simples, sans enluminure, le texte commençait immédiatement : « Ruffian, tu es parti. ».
Cependant, avant que la curieuse ne put continuer sa lecture, des pas lents s'annoncèrent à la porte et la coupèrent dans sa lecture. C'est une silhouette large, écrasé sous le poids d'un fardeau caché par une cape qui se présentait à la porte. La présence du vieil individu secoua assez la jeune ange pour a faire balbutier des paroles d'excuses. Pourtant, celles-ci ne firent naître qu'un sourire entre l'épaisse moustache et la longue barbe du vieillard et celui-ci la rassura bien vite :

« Tu n'as pas à t'excuser de ta recherche du savoir car c'est un acte noble, cependant ce livre-ci n'est pas celui qui te conviendrait. J'espérai justement que tu serais là. Aide-moi à porter une partie de ces livres, je vais te montrer un endroit encore plus intéressant. »

Lui-même pris deux-trois ouvrages à sa portée et s'avança le long de l'allée centrale, passant à coté de Nilahiah et continuant à avancer jusqu'au mur nu, agrémenté uniquement de deux étendards de chaque coté. Le plus naturellement du monde, il éleva alors la voix pour prononcer une citation tout droit extraite d'un des cinq livres principaux du culte d'Aton, “Le Livre du Disque Céleste” :

« Le savoir plaît au Disque, car il permet de tenter de s'approcher de son immensité. »

Inspirée par sa foi, l'une des pierres du mur s'illumina d'une lueur dorée, agréable, chaleureuse. La main ridée du maître des lieux appuya simplement sur elle, activant un mécanisme secret. Dans le fracas du grincement des pierres, le mur s'ouvrit finalement à son tour, révélant une autre pièce, illuminée par une petite fenêtre carrée face au soleil du soir. Les longs murs de ce nouvel endroit étaient recouverts de larges étagères en bois massif sur lesquels s'alignaient des livres de tailles et de couleurs différentes. Tout-au fond, sous la fenêtre carrée, trônaient cinq présentoirs pour les cinq premiers écrits sacrés, dictés par Dieu aux séraphins, premiers exilés d'Abyndal. Justement, deux d'entre eux d'entre eux, sur le premier présentoir de droite et le deuxième de gauche, traditionnellement dévolus au “Livre des Destins Cruels” et au “Livre du Jugement des Âmes”, étaient vides. Il y avait d'ailleurs plusieurs espaces dans cette bibliothèque, sans doute pour ceux qui avaient été empruntés et pour ceux à venir.

« Aide-moi à ranger tous ces livres, Nilahiah, nous parlerons après. »

Les minutes suivantes furent consacrées à cet effort. De cette façon, la jeune ange put en même temps apprendre quel ouvrage avait été copié par chacun d'entre eux. Elle découvrit ainsi que “Le Livre des Destins Cruels” avait été entre les mains de Pjetur. Il s'agissait sûrement du membres le plus compliqué à comprendre du Pentateuque des écrits originels, car il était composé en grande parties de phrases mantiques qui se présentaient comme des pensées de grande profondeur. Ariadna, elle, semblait avoir été en possession de l'œuvre d'un des saints les plus récents, “L'Attente” d'Androgue des Prudents. Les autres élèves avaient eu des ouvrages tout aussi divers que ceux des écuyers. Lorsque tout fut enfin fini, il détourna une des chaises d'un des pupitres pour s'y asseoir en faisant face à son élève. Il commença ainsi la nouvelle discussion :

« Je sais qu'il y a de nombreuses questions qui hantent ton esprit. Je t'avais promis d'y répondre au début de l'Hiver cependant tu n'as pas pu me trouver de tout le reste de la saison. Je vais donc commencer par t'instruire de la raison de cette absence : ma vieillesse. J'ai promis au seigneur d'enseigner à sa progéniture mais les années se font lourdes sur mes épaules. C'est pour tenir cette promesse faite il y a longtemps que je disparaît en Hiver, pour rentrer dans un sommeil artificiel durant lequel ma vie est figé. Je sais que je n'ai qu'un nombre limité de jours devant moi et il me faut les économiser. Ne t'attriste pas sur mon sort car je vénère chaque jour qu'Aton me permet encore de vivre. “La mort est l'aboutissement du projet, là où toutes les actions trouvent leur résultat.”, tel que cela fut dit par les Séraphins. Pose-moi plutôt les questions qu'il reste dans ton cœur. Je tâcherais de toutes y répondre. Ne te retiens pas ; parle. »


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