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 [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)

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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Ven 22 Juil - 20:21

La vérité avait été aussi dure à dire qu'à subir. La haute dragonne était penchée sur le corps fragile de Valhildur, effondrée dans la froide neige. Le vent soufflait encore. Les quelques arbres autour d'elles formaient comme une barrière protectrice, une séparation avec le monde extérieur, avec les besoins, avec l'agitation des vivants. Toutes deux étaient comme en communion, une union autour de la souffrance, du malheur, de la damnation. Pour autant, elles ignoraient encore en partie le tourment de la personne qui leur faisait face. La sorcière était allongée, presque liquide, immobile, perdue, noire, dans la blanche neige. L'étrangère était au dessus d'elle, les yeux fermés, le cœur ouvert. C'est elle qui parlait. Les yeux du corbeau regardaient sa main, ne sachant si elle allait la battre ou la nourrir. Sa voix restait lointaine, comme le bruissement des feuilles qui mourraient dans les cimes des arbres. Elle racontait l'oubli, le pardon, l'acceptation. Elle ignorait encore tout. Et sa main s'abattit, une caresse dans les cheveux noirs. Valhildur ferma ses yeux pour les ouvrir sur un autre monde. Ses oreilles attentives au réel et aux souvenirs écoutaient encore les mots de la haute dragonne. Cependant, son esprit brûlait, il avait pris feu dans les flammes de la guerre. Prophète ? Oracle ? Elle ignorait encore tant de chose sur l'atroce vérité. Mais, pleine d'espoir, elle demandait à apprendre. C'est tout un monde qu'elle devait désormais découvrir de la bouche de cette entité supérieure.

« Je suis simplement très ancienne. » articula la forme endormie dans la neige.

La sombre dame des lieux, les yeux toujours fermés s'écarta doucement de Tullia Estrama Van Raijer, se relevant. Puis, lorsqu'elle lui fit face, dans la même position, plus aucune main ne les unissant, elle ouvrit à nouveau les yeux.

« Je connais des histoires... Tout d'abord, je ne suis pas une elfe, enfin je ne suis plus une elfe. Je vais te raconter mon histoire. Je suis née elfe de l'autre coté des montagnes, un peu plus au sud. Mon clan n'existe plus désormais ; il s'est fondu, a disparu. Je n'étais, à cette époque, pas très différente des autres. On m'accordait cela-dit un peu plus de confiance car j'avais acquis la capacité de me faire obéir des morts. Pour autant, cela ne me dut que de peu de secours lorsque mon clan se décida à attaquer le clan d'Ombre. Nous avions refusé toute aide humaine. Leurs légions d'esprits animaux fondit sur nous et le Clan des Pierres fut annihilé. Je survécus par une procédure étrange. Sur mon corps affaibli, au bord de la mort, un immense corbeau s'est approché et m'a proposé un pacte. Si la proposition m'était faite aujourd'hui, je ne sais si j'aurais accepté car cette décision est ce qui m'a amené où je suis désormais. Cependant, ce jour-là, lorsqu'il m'a parlé, je n'ai vu que la puissance, une puissance qui me permettrait d'être qui je voulais. Le Corbeau m'a donné de nombreux dons et m'a imposé une seule chose : les utiliser pour le nourrir. J'ai donc commencer à perfectionner ces dons, à aspirer la vie pour augmenter la mienne. Comme les autres animae de mon époque, j'ai fui vers les îles car je ne supportais pas de voir mes terres dominées. Loin, isolée, j'ai augmenté et augmenté mon pouvoir, je suis devenue une sorcière, une puissante sorcière. Je n'ai pas fait que des bonnes choses durant cette période, je me rappelle surtout de tous ces gens que j'ai sacrifié à ma vocation. Mon nouveau clan m'adulait et je les menais à la conquêtes d'autres tribus, génération après génération, éternelle grâce à mes pouvoirs. J'étais complètement aveuglée et j'ai finie maudite. Je me souviens de cet homme ; il s'est sacrifié pour cela. On m'a lancé une malédiction et privé de toute maîtrise sur ma magie. Ma puissance devint pouvoir destructeur. D'entourée d'une armée fidèle, je suis devenue entourée d'une armée de fantôme. Chaque vie qui m'approchait était irrémédiablement aspirée et tous leurs souvenirs devenaient miens. Tous mes amis, toutes les personnes que j'avais connu auparavant étaient morts, tués par mon pouvoir. J'étais sur une île vide, entourée de cadavres où plus aucune vie ne pouvait émerger sans que je leur vole leurs années. Je suis partie vers le nord, vers le vide et j'ai erré longtemps, longtemps, des siècles et des siècles, des millénaires. Un jour, des anges sont arrivés et le dôme qu'ils ont créé a pu endiguer mon pouvoir. Il n'y a désormais qu'à Eilífth que je ne tue pas tout ce que je vois. Oui, je suis bien plus vieille que toi Shrikan. Je n'ai certes pas été bannie par les miens, comme toi et tous les hauts-dragons que j'ai pu rencontrer, mais ma malédiction est bien réelle. Regarde ta main. »

Effectivement, là où Tullia avait posé la main sur Valhildur, il y avait désormais une impression de vide, comme si toute l'énergie qui s'y trouvait avait été lentement bu.


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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Sam 23 Juil - 14:01

Elle s'était relevée, m'affirmant qu'elle était juste très ancienne. Je l'écoutais me raconter son histoire, qui était intéressante. Un pacte avec un esprit malin, un scellé pour une malédiction terrible, un sauvetage par les Anges (le plus surprenant d'ailleurs). Mais ce qui me choqua le plus, c'est qu'elle prononça mon nom. Je me raidaissais, mes pupilles se dilatant et mes sens en éveils. C'était donc ça, cette sensation étrange quand je l'avais touchée. Elle avait lu dans mes souvenirs, avec facilité. J'avais peur de sa réaction, de ce qu'elle pourrait penser de moi. Avait elle tout vu ? Un léger vent de panique balayait mon esprit. Mais face à moi, la femme était calme, continuant de m'expliquer son pouvoir. de ce qu'elle avait fait à ma main, rien qu'en me touchant. Je l'avais légèrement senti, mais j'étais habituée à ce que l'on me prenne mon énergie, avec Cerillion, que je ne paniquais pas. Je sentais même rapidement l'énergie affluer de nouveau, se répartir également. Regardant toujours la jeune femme, je lui répond d'une voix posée, mais lasse.

" Donc tu sais, pour moi...."

Je poussais un léger soupir, presque blasée que les choses ne se passent jamais comme je le souhaiterais. Je restais quelques secondes silencieuse, puis continuais. Je regardais Valhildur avec gentillesse, car cela ne devait pas être facile de raconter de telles choses. Et peut être qu'elle les avait raconté parce qu'elle avait vu mon passé.

" Merci de m'avoir raconté ton histoire. Raconter la mienne serait inutile, car tu la connais à présent. Mais... je te serais gré de garder mon identité et mon histoire pour toi. Si cela venait à se savoir, les conséquences pourraient être terribles. Aussi bien pour toi que pour les autres. Et tu dois te douter de ce dont je parle."

Le fait que si les membres de la Triade de ce monde étaient au courant de ma présence, cela pourrait se transformer en chaos total, et je pouvais dire adieux à un moment de paix. Mais je réfélchissais à ses pouvoirs. J'en avais déjà avant, dans d'autres mondes que j'avais visité. Pensant à voix haute, je me remémorrais ce que j'avais vu et entendu.

"Mhh... Tu assimiles la mémoire des autres... Dans d'autres mondes, il y avait des gens avec ce dont. On les appelait les Archivistes, ou les Mémoires du Monde. Parfois ils étaient très respectés, d'autres fois craints et rejetés. C'est un don autant qu'une malédiction. Quant au fait d'aspirer l'énergie..."

Je lui souriais légèrement, presque avec malice.

" Tu n'es pas la première, ni la dernière, et ce n'est pas un problème pour moi."

Même si elle avait vu mes souvenirs, je ne savais pas si en même temps elle avai eu accès à mes émotions, mes pensés du moment. Aussi je me mis à lui raconter une petite partie de mon histoire. Vu au travers de mes émotions.

" Je suis...j'étais une humaine, il y a très longtemps. Mon âme et mon esprit ont été transvasés contre mon gré dans un corps de Haut Dragon. Je n'étais pas... faite pour vivre aussi longtemps, ni pour avoir autant de pouvoir et d'énergie. J'étais terrorisée par les pouvoirs que j'avais, et ce qu'il pouvaient faire. Quand vint mon intronisation en tant que Gardienne, je devais souhaiter l'arrivée de mon arme divine. J'étais tellement effrayée par ce que j'étais, par ce que je ne contrôlais pas, que j'ai souhaité une chose qui m'empêcherait de laisser aller toute cette énergie. Et c'est là que Cerillion est né."

Je montrais mon bras où l'on pouvait voir l'armure blanche, semblable à de larges écailles. Elle était froide, mais on pouvait sentir l'énergie dormante. Et le fait qu'elle aspirait lentement mon énergie.

" Cette armure vivante, est un symbiote. Il se nourrit de mon énergie, de toute cette magie, et m'aide à garder de manière contrôlée mes pouvoirs. Il a toujours bu des quantités incroyables, et je n'en suis pas morte. Et maintenant, que j'ai... absorbé cette âme de dieu... même en étant séparée de l'Orbe, il y a toujours beaucoup d'énergie, instable...."

Cette peur, que j'avais de nouveau depuis que j'avais dévoré l'âme du dieu déchu, était désagréable et me rongeait lentement. Je ne voulais pas de pouvoir, de puissance. Raison pour laquelle les dieux m'avaient choisis, sans doute. Et je les maudissais pour ça. Sortant de ces pensés, je revenais au sujet.

" Tout ça pour dire, qu'un pouvoir est autant un don qu'une malédiction. Tout dépend de ce que l'on en fait, et de comment on le vit. Je suis contente de t'avoir rencontrée, Valhildur. Enfin une autre personne qui a vécu quelque chose similaire à moi, tout en étant différent. Et au moins, dans cet endroit, tu es en sécurité. Pour ma part, je dois tout refaire à nouveau."

Oui, je n'étais pas protégée de ce que j'étais pas sous un dome magique. Seul le scellé pouvait m'en empêcher. Mais avec cette âme de dieu instable, et ma chance habituelle, pour combien de temps cela allait tenir ? Mon seul salut était l'anonymat, me refaire une identité, cacher mes capacités, cacher mes ailes. Cet endroit isolé était parfait, amis fallait il encore me faire accepter. Mais même si je ne l'étais pas... Je regardais un instant ces bois, qui m'attiraient irrésistiblement. Cette part de sauvagerie ne moi, de prédateur qui voulait retourner à ses origines. Ce corps de dragon qui n'était vraiment tout à fait mien... Vivre comme un animal sauvage, ne plus s'occuper de rien et des autres... si tentant...
Je revenais au présent, et à Valhildur. Je lui présentais ma requête, espérant qu'elle y accèdera par compréhenson et bonté d'âme.


" Garde mon ancien nom secret, et ce que je suis. Car j'ai l'espoir.... d'obtenir ne serait ce qu'un temps, la paix et la sérénité pour mon esprit si fatigué. J'aimerai me rapprocher de ce que j'étais avant, et de ne plus être ce... Dieu de la Guerre que certains voient en moi."

Je lui souriais avec gentillesse, changeant de sujet.

" Je serais très heureuse de pouvoir discuter de nouveau avec toi. Que tu m'apprennes ce monde, ce clan... Je veux savoir, comprendre..."

Oui, apprendre était un plaisir pour moi, une manière de m'échapper de cette épée de Damoclès au dessus de ma tête. L'oublier... Le vent s'engouffra dans les bois avec plus de forces, produisant un bruit profond, presque lugubre. Mon attention se tourna de nouveau vers ces bois. Je sentais dans l'air l'odeur dissipée d'animaux, de proies potentielles pour moi. C'était un endroit parfait pour ma méditation. Plus loin du clan, isolée, et de la nourriture à proximité. J'en oubliais cette affaire de vêtements, qui n'était plus ma priorité.

" Je ne vais pas t'embêter plus longtemps, Valhildur. Je dois méditer pour remettre en ordre mon énergie, et analyser ce scellé. Je vais rester ici. Ces bois... attirent mon côté prédateur. Il y a sans doute de quoi se repaitre par là, ce sera parfait..."

Je souriais, tel un prédateur se régalant en avance de ce qu'il allait pouvoir dévorer. J'en oubliais presque la présence de Valhildur. Mais elle avait vu mon passé, et par conséquent mes pulsions dévorantes. Elle devait se douter de ce qui allait se passer.

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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Mar 23 Aoû - 9:20

" Donc tu sais, pour moi...."

Shrikan avait résumé en quelques mot une histoire bien compliquée et douloureuse. Valhildur ne s'appropriait pas seulement l'énergie de ceux qu'elle touchait, elle réveillait leurs fantômes et déterrait leur passé. C'était une complexe association aux répercussions énormes et sombres. Fort heureusement pour elle, la sorcière noire ne s'était jamais intéressé aux sentiments durant les premiers siècles de sa vie. Cet oubli la préservait alors du pire. Quand elle touchait quelqu'un, elle ne réveillait pas les émotions enfouies avec ces souvenirs, elle ne revivait pas les événements, elle se contentait de s'en souvenir, une mémoire en noir et blanc, comme s'ils s'agissait sienne. Cette simple évocation au fait qu'elle savait se suffisait à lui-même. Le corbeau ne pouvait répondre que par le silence. Shrikan s'excusait presque du passé peu coloré qu'elle avait eu à offrir et de tous ces ennemis dont son interlocutrice avait découvert le nom. Pourtant l'étrangère se trompait sans doute plus qu'elle ne le croyait. Néanmoins son hôte resta muette, ne sachant pas vraiment comment le dire, car sa réponse impliquerait d'autres souvenirs, des souvenirs qui ne lui appartenaient pas.
Quand à cette histoire d'archiviste des mondes, à vrai dire, cela amusa un peu Valhildur. Ce pouvoir, elle l'avait cherché, cherché pour retrouver des choses, pour voler à son ennemi. La véritable malédiction est celle qui lui avait fait perdre ses pouvoirs. Et quand à l'énergie...

« Tu as en effet bien plus d'énergie que je n'en ai jamais vu auparavant. »

Un léger appétit qui aurait pu être inquiétant si l'étrangère l'avait perçu, se lisait sur son visage. Valhildur avait beau avoir été maudite, n'être précédée que par de longs siècles d'errance, le Corbeau qui lui avait tendu la main était encore en elle. La sombre sorcière n'avait jamais cessé de puiser de l'énergie, certes plus dans les gens, mais les arbres et le sol contenait bien plus de pouvoir que quiconque pourrait l'imaginer. On ne se refaisait pas. Valhildur ne souhaitait pas mourir, portée par la faiblesse de l'âge. Cette expression d'envie se dissipa bien cela-dit, effacé par le contrôle qu'elle, la septa-millénaire, avait sur son corps.
Shrikan raconta à nouveau le résumé de son histoire, sans doute inquiétée d'être lu de la mauvaise façon. Elle le faisait par sentiment de réciprocité, ayant appris l'histoire de son interlocutrice, elle ne pouvait demeurer sans raconter la sienne en retour. Cette action plut assez à l'anima. Celle-ci était en général habituée à des réactions de peur, de crainte face à l'exposition des secrets ou alors à ce silence d'avant. Le fait que la haute dragonne se force à lui raconter sa propre histoire était agréable, cela signifiait qu'elle voulait se révéler aussi. Elle parla aussi de son armure et...

« Un dieu ? Rares sont les dieux qui s'incarnent sur Abyndal. »

Valhildur avait certes déjà entendu de vieux mythes parlant d'élu divin à la destinée prévue dès la naissance. Elle connaissait le pouvoir sacré des Blancs, ainsi que les Sentinelles qui entendaient la voix de leur divinité. Cependant, c'était bien la première qu'elle rencontrait une personne qui prétendait avoir un dieu en elle. D'un coté, cela expliquait le pouvoir si large qui résonnait en Shrikan. L'énergie d'un dieu... et dire qu'il suffirait à la sorcière noire de tendre sa main pour se l'approprier. Avec, sans doute la vie éternelle, le pouvoir, un moyen de briser sa malédiction. Mais un tel pouvoir s'accompagnerait d'une solitude béante que rien ne pourrait combler. N'avoir plus aucun égal sur terre, était-ce vraiment ce qu'elle souhaitait. Valhildur aurait pur supprimer le fardeau qui pesait sur Shrikan. Elle aurait pu tendre la main et s'approprier ce poids de la jeune fille. Elle décida de ne rien en faire. Sa main resta immobile, ses yeux fixes, la bouche close. Au lieu de cela, elle s'engagea à tenir une promesse :

« Le Nord ne divulguera pas ton nom. »

Un sourire lui répondit. L'ancienne gardienne reprit la parole. Bien qu'elle ne comprenne pas ce monde, elle voulait y faire sa place. Bien peu auraient pu lui en vouloir d'être aussi déboussolés. Les habitants du nord ont toujours été de véritables mystères pour ceux du sud. Là-bas, les coutumes changent, sont multiples, secrètes. Un étranger ne pourra jamais vraiment en comprendre toutes les subtilités. Le vent qui glissait entre les rares arbres de ce bosquet semblait réveiller les instincts de la pâle étrangère, porteur de festins sauvages et de proies fuyantes. Rares étaient les arbres qui réussissaient à pousser malgré le vent si loin vers les glaces. Cependant, avant de prendre congé, Valhildur avait quelque chose à dire :

« Pensez-vous que vous pourrez retrouver le chemin du clan ? Le vent est trompeur ici ; il tourne en rond, comme le soleil, afin de vous perdre. Cela-dit, je peux vous suivre. Il y a bien longtemps que je n'ai plus assisté à une partie de chasse. »

L'accord donné, elle s'élança à la suite de Shrikan d'un pas si leste qu'elle semblait voler au dessus du terrain accidenté. Parfois sautillant, parfois tournant sur elle en une impression de déséquilibre qui n'en était pas vraiment un.
Pendant ce temps, entre les tentes errait le Chat à la recherche de la personne qu'il n'avait pas trouvé là où il aurait dû...


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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Mar 23 Aoû - 23:00

L'elfe devant moi, semblait bien calme face à ce que je lui disais, et surtout face à ce qu'elle avait vu de ma mémoire. Même si la situation était un peu plus compliquée qu'une simple "incarnation d'un dieu", elle n'en restait pas moins bien stoïque. Elle ne broncha pas non plus quand je lui expliquais mon énergie, faisant au contraire une expression presque envieuse. Peut être qu'elle désirait ce pouvoir, mais de même ce n'était pas aussi simple que ça. Si j'avais instinctivement dévoré l'âme d'un dieu, allais je vraiment me laisser dévorer aussi facilement en retour ? Instable comme était cette nouvelle âme fusionnée, je ne pouvais que craindre le pire, surtout avec ce scellé. Cependant, l'elfe ancienne me donna un point sur lequel souffler. Elle me promit, du moins si j'ai bien compris ce qu'elle disait, que mon nom serait tu. Je la regardais, plongeant mon regard dans le sien pour y voir vérité ou tromperie. Mais elle n'avait pas de raison de le faire, du moins connaissant mon passé elle devait se douter que cela n'amènera que malheur. Je la saluais légèrement de la tête, faisant moi aussi une promesse.

" Merci... La Bête s'en souviendra..."

Oeil pour oeil, dent pour dent, et faveur pour faveur. Si elle m'aidait ainsi, je l'aiderais en retour. C'était un fait d'honneur que j'avais toujours appliqué, ne serait ce qu'instinctivement. Alors que je voulais prendre congé, Valhildur se manifesta à nouveau, me demandant si j'allais me perdre et si elle pouvait me suivre dans ma chasse. Je me mis à rire, amusée par sa crainte que je ne me trompe de chemin de retour. Le regard presque malicieux, je lui souriais presque avec charme.

" Ha ha ha ! Je suis perdue depuis si longtemps, que retrouver un chemin me parait étrange. Et j'ai plus l'habitude de fuir les gens que de rechercher leur présence. Nous verrons bien où ma balade me mènera, peut m'importe d'être avalée par ces Plaines..."

Je pensais quelques secondes à sa proposition de venir chasser avec moi. Je n'avais jamais été à l'aise à l'idée de chasser avec d'autres personnes. Autant par habitude de mes techniques de chasse solo que ma pudeur à montrer un côté plus sauvage et sans retenue. J'avais honte de ce que ce côté pouvait montrer de dangereux et incontrôlé. Mais l'autres soucis, c'était qu'avant je devais faire ma méditation, et je n'avais aucune idée du temps que cela allait prendre. Dubitative, je lui fis part de mes craintes.

" Mhh... Vous pouvez, mais vous risquez de vous ennuyer. Avant de chasser, je dois méditer pour... faire quelques vérifications. Je ne sais pas combien de temps cela me prendra. Des heures, des jours peut être. Mais bon, vous êtes libre, faites comme bon vous semble. "

Aussi je me tournais vers les maigres bois, commençant à marcher. J'allais tranquillement, laissant l'elfe s'agiter comme un feu follet. Moi, je cherchais un endroit calme, où je pouvais sentir que j'étais... tranquille, apaisée. Je marchais ainsi, pendant... je ne sais combien de temps. Tant que je ne sentais pas d'hostilité, mon esprit pouvait vagabonder selon ses désirs, se reposer. Je finis par m'arrêter, regardant autour de moi. Les arbres étaient encore plus éparses, et étrangement je me sentais... bien. Valhildur était encore là.

" Cela... semble être un bon endroit. Si quand je reviendrais à moi tu n'es plus là, sache que je suis heureuse de t'avoir rencontré et d'avoir pu discuter avec toi. Nous nous reverrons, peut être..."

Je lui souriais, puis me posais sur le sol gelé, en tailleur. Là, la neige et la glace autour se mirent à bouger, à s'agglomérer autour de moi. Commençant à fondre en de l'eau, celle ci forma un dôme au dessus, de plus en plus épais. L'eau devint glace, et le dôme solide et couvert d'épines. J'étais ainsi protégée, du moins contre des animaux sauvages. Là, je posais ma respiration, et entrais en méditation. Revenir de l'autre côté du miroir, dans l'interface de mon esprit. Là où de multiples portes se trouvaient, menant au passé, mais aussi à certains esprits connectés au mien. Mais là où j'allais, ce n'était certainement pas une porte que j'avais envie d'ouvrir. Comme certains souvenirs tabous, la porte devant laquelle j'étais se trouvait enchainée, et pulsait d'une énergie inquiétante, erratique. Je posais la main sur cette porte, et entrais. Là, derrière cette porte, se trouvait cette grande boule de lumière ocre. Elle tournait lentement sur elle même, des ondes la parcourant de temps en temps, comme s'il pulsait de vie. Elle était enchainée par des chaines d'or, planté dans le sol au creux de cercles de runes. Alors que je m'approchais, je sentais cette présence s'agiter. Des lambeaux de lumière se mirent à s'échapper de l'orbe, tentant de se saisir de moi. Les chaines se resserrèrent, laissant s'échapper un cri... non, une sensation de frustration de la part de cette chose. Je soupirais, sachant que cela risquait d'être long et fastidieux de le stabiliser. La porte se referma donc sur moi, et mon esprit ne fut plus au contrôle de mon corps jusqu'à nouvel ordre. C'était Cerillion, cette âme de guerre, qui était à présent la gardienne de mon corps, reprenant du service pour réagir en cas d'imprévu.

Du temps passa, et je réussis à stabiliser cette âme de dieu incomplète. Cette âme, qui était la mienne en fait. Le scellé avait perturbé les runes, et réveillé cette engeance qui ne rêvait que de s'exprimer. Violence, colère, massacre... ce pour quoi il était destiné, en tant qu'âme de dieu de la guerre. Je sortis de la porte, éreintée d'une certaine manière, mais plus paisible. Je pouvais à présent m'occuper de mon autre problème. Quittant mon état d'inconsciente, je revenais à mon corps, qui criait famine. Mais avant, je devais régler ce soucis de flux d'énergie de mon bras. Cette sorcière m'avait bien tout fichu en l'air, et il m'incombait à présent de remettre tout en ordre. Comme une tisserande sur un établis de fil d'or bleuté et de lumière, je brodais à nouveau les chemins de magie au travers de mon bras. Cet exploit était possible par la capacité naturelle de mon corps à guérir et à véhiculer la magie aussi naturellement que du sang. Mon bras rétablis, je sortais de ma torpeur. Sous le dôme, j'entendais le vent siffler au dehors. Il faisait sombre, la lumière avait énormément baissé, comme la dernière fois que j'avais vu le Chasseur Bleu. J'étais fatiguée, mon corps me paraissait engourdi. Mais la faim tenaillait, comme un loup se tenant aux abois. Mon c^té sauvage reprenait peu à peu le dessus, et mon esprit était trop fatigué pour essayer de le combattre. Qu'il aille, qu'il fasse son travaille et se repaisse... Ma conscience basculait à nouveau, dans un état de flottement passif, laissant les instincts primitifs reprendre le dessus. Là, je me mis à gronder, à grogner comme une bête. Cerillion recouvrit de nouveau mon corps, joyeux à l'idée de pouvoir se repaitre du sang d'autres victimes, animales puissent elles être. Mes cornes et mes ailes apparurent, recouverte rapidement par la couche blanche de métal de Cerillion. Je ressemblais à un monstre sans yeux, à la gueule béante et aux griffes promptes. Pressée, mes griffes s'attaquèrent au dôme de glace, qui sans le soutient de ma magie se fria rapidement et s'écroula. En sortit cette bête mugissant, grondante et affamée. Elle était en chasse à présent.

Ce qu'elle cherchait était assez simple : une proie, avec assez de viande, et surtout assez d'instinct de prédateur pour tenter son appétit. Ne sentant pas de menace aux alentours, elle se mit à parcourir les maigres bois glacés, cherchant dans l'air l'odeur d'un animal répondant à ses appels de bêtes blessées. Oui, ce que j'étais se mit à crier, mais des cris d'animal faible, perdu et blessé. Parfait pour attirer des prédateurs. Le piège marcha, car après de longues minutes il sentit la présence d'une bête assez grande et à l'esprit attiré par la faim. Ses cris d'animaux blessés se turent, pour faire place à un grondement de contentement et de joie de la chasse. Le tour ne fut pas très long. Avec la force brute d'un haut dragon semi transformé et l'efficacité du métal de Cerillion, la bête, quelle qu'elle soit, succomba et servit de repas. Je me repaissais, mangeant la viande goulument, croquant les os et les broyants. Le spectacle était similaire à celui que Vali avait observé. Et quand mon corps fut repu, ma conscience revint. Là, m'asseyant à côté de la carcasse gelée, reprenant mon souffle, je soupirais d'aise.


" Haaaa.... Cela fait ... du bien ..."

Cerillion se découvra en partie, reprenant sa place initiale, dormante. Mes ailes et mes cornes étaient toujours là, ainsi que la queue artificielle de Cerillion. Mes cheveux étaient en partie couverts de sang, mais mon corps immaculé, en raison du sang absorbé par l'armure vivante. Je regardais autour, reprenant mes esprits. Où est ce que je me trouvais. Je me relevais, mon corps beaucoup plus stable et fringuant qu'avant. Le froid me mordait beaucoup moins, et je sentais de nouveau cette énergie stable pour m'épauler. Mon bras allait beaucoup mieux, comme neuf à vrai dire. La carcasse gelé avait attiré quelques charognards, qui voyant à présent le principal prédateur (moi) s'être retiré du festin, pullulaient sur les os et la peau pour ronger le reste. Je m'éloignais un peu, n'aimant pas toute l'agitation de ces vautours, pourtant nécessaire au nettoyage. Voulant tester à nouveau mes pouvoirs, je sondais légèrement les alentours. Je me mis à sourire légèrement, quand je sentis la présence de Valhildur. Je me tournais vers elle, le regard amusée. .

" Alors comme ça tu es restée. Tu as du bien t'ennuyer....Mais puisse ce que tu es là, et que je viens de me rappeler de mes devoirs, je te serais gré de m'indiquer le chemin vers votre campement. Je n'ai pas encore remercié de manière convenable le Chasseur Bleu de m'avoir sauvé."

Valhildur acquiesça, ne se montrant pas aussi volubile que tout à l'heure et me faisant simplement signe de la suivre. Elle était rapider et souple dans sa démarche, mais maintenant que mon corps était de nouveau lui-même et opérationnel, je n'avais aucun mal à tenir la cadence. Au contraire, je trouvais cela bien délassant de pouvoir courrir un peu. Nous arrivions au bout d'un temps à proximité du campement, que je distinguais par les masses plus sombres. La lumière restait faible, mais mes yeux s'étaient depuis longtemps habitués à la pénombre. Je vis près du camp un peu d'agitation. Je marchais plus tranquillement vers le campement, faisant disparaitre mes ailes et mes cornes. En avançant, je crus distinguer une forme familière venir jusqu'à moi...C'était ce...Chat, comme le Chasseur Bleu l'avait appelé. Il venait droit vers nous, d'un pas rapide, voir inquiet.

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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Ven 2 Sep - 13:11


Dernière édition par Eilífthar Heftharkona le Ven 14 Oct - 17:35, édité 1 fois

Les pas glissant et sans sembler toucher le sol, Valhildur accompagna Shrikan vers l'endroit où elle le souhaitait. L'habitante du lieu connaissait le bosquet, on aurait dit qu'elle savait depuis le début que cet endroit serait la destination de l'exilée. De même si elle parut étonnée tandis que la glace se referma sur l'étrangère elle ne le montra pas davantage. Après tout, la sorcière noire disait avoir vécu dans les îles, là-bas les dragons avaient partagé leur art avec les animae. Durant ce moment de méditation, la présence du corbeau s'effaça jusqu'à presque disparaître totalement, comme si elle s'était rapprochée de la mort. Il n'y avait donc plus rien pour accueillir la bête qui sortit finalement du dôme de glace ; rien, si ce n'est comme une ombre discrète, aérienne, sans présence, qui comme un charognard suivait le prédateur qui s'était élancé à la recherche d'un plus faible que lui. Un lion des caverne fut sa victime. Il avait visiblement été surpris par l'hiver, sans doute abandonné par sa fierté. C'était un jeune et grand lion de caverne qui n'aurait pourtant pas eu d'avenir, seul dans ces terres gelées, loin d'une tribu par laquelle être protégé. Les os craquèrent sans même que l'animal mugit et il ne fut bientôt plus qu'un morceau de viande sur le sol. La créature blanche s'acharnait dessus afin d'en retirer les meilleurs morceaux tandis que les corbeaux se nourrissaient des organes internes avant que d'autres créatures ne s'en accaparent un morceau. C'est ce moment que choisit l'hôte du clan pour sortir de sa transe meurtrière. Elle chercha un moment Valhildur des yeux avant de finalement la trouver parmi les autres charognards, mangeant avec élégance de morceaux de viande arrachés à la carcasse. À son contact, la chair rouge prenait une teinte un peu plus grise mais elle ne semblait pas s'en préoccuper. À la demande de son invitée, la sorcière noire lâcha son morceau de viande entamé par terre et acquiesça avec une sourire bienveillant. Étrangement, son habit de fourrures noir n'était pas du tout tâché malgré les volatiles qui s'acharnaient tout autour d'elle. D'un mouvement leste elle se releva et ouvrit le chemin devant Shrikan avec un pas élastique et dansant, un peu hypnotique avec ses tourbillons soudains et ses sautillements aérien. Assez rapidement, les deux femmes furent en vue des tentes du clan entourée par la neige. Avec la lumière rougeoyante du ciel du nord, il fallait presque en deviner les détails cependant la sorcière noire semblait parfaitement savoir où elle allait. Deux gardes discrets la saluèrent rapidement du regard sans oser s'approcher de Valhildur. Au travers des tentes, une autre personne les avait vu néanmoins. Tandis qu'il s'approcha ses détails se précisèrent ; c'était le Chat. Le pas de la dame corbeau se fit peut-être imperceptiblement plus lent. Cela n'empêcha pourtant pas la personne qui avançait vers eux d'arriver à portée de voix :

« Madhame ! Je ne vhous trhouvher pas ! Vhous êtes parhtie ? Pourhquoi vhous l'avhez prhise, Svör Norn ?! »

Quelque chose d'étrange se passa alors chez Valhildur. Il s'agissait d'une tension palpable, d'une hostilité grimpante mais pourtant presque en dehors des limites de l'imperceptible. Elle fut près de lui en trois pas et alors sa main passa dans le dos de celui qui venait apporter des vêtements à Shrikan. La sorcière noire en sortit une queue féline et bien visible tenue à pleine main tandis que le pauvre mâle s'affaissait privé soudainement d'énergie. Elle lâcha alors la queue qui retomba mollement, vidée, en crachant ces mots :

« Connais ta place, sang impur ! »

La dame corbeau se retourna alors légèrement pour lancer un regard amical à celle qu'elle avait guidée avant de s'éloigner vers une tente, laissant le chat s'effondrer dans la neige, victime de son pouvoir d'absorption d'énergie. Il haletait, tremblait, toussait désormais, pour autant il n'avait pas lâché les précieux vêtements qu'il devait apporter à Tullia. Dangereusement affaibli, allongé dans la neige, ses yeux se dirigèrent vers la seule capable de l'aider :

« Aidhe-moi, s'il te plaît. Je... je suis Köttlingur. »

Révéler son nom était dangereux dans le nord, c'était peut-être la preuve qu'il lui faisait confiance, à moins que ce soit plutôt un moyen pour le Chat de se mettre sous l'autorité et sous le bon vouloir de Shrikan. Il continua à parler, expliquant ce qui pourrait l'aider, pointant une des tentes :

« La tente est là-bas. J'ai bhesoin... de ta chaleurh ; c'est mon rhituel. J'ai bhesoin de toi. »


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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Sam 3 Sep - 13:54

L'arrivée au camp fut rapide, et l'homme fauve se rapprochait, son paquet dans les bras. Je n'avais du quitter le camp que l'affaire de quelques heures, pour qu'il soit encore à me chercher. Nous étions proches à présent, et il fit part de son inquiétude. Et là, sans prévenir, Val' se mit à s'en prendre à lui, l'insultant avec rage et lui volant son énergie. Je regardais le pauvre animae s'effondrer dans la neige avec effarement, regardant Val' comme si elle était folle. J'étais choquée, alors que Val me fit un nouveau sourire, et s'en alla, sa mission terminée. Pourquoi s'en était elle pris ainsi à l'animae ? Je ne connaissais pas leur histoire, mais ce qui avait fait le plus écho dans mon coeur était l'insulte... "sang impur... Le nombre de fois où j'avais été traitée ainsi, insultée à mot couverts... Cela appelait à une colère ancienne, une rancoeur devenue d'autant plus fraiche avec mon exil. Je serrais le dents, jetant un regard noir à Val' alors qu'elle s'éloignait. De son côté, l'animae était à terre, et demandait de l'aide. Il me suppliait de l'aider, me donnant même son nom. Je ne savais pas si c'était son vrai nom ou son surnom, mais peu importait. Je soupirais légèrement, me rapprochant de lui pour l'aider.

" Je me demande ce que tu lui as fais pour qu'elle te déteste..."

Je me penchais vers lui, l'examinant. Il était faible, et le froid pouvait lui être fatal. Je le pris dans mes bras, le portant comme une princesse. Il pesait son poids mort le bougre, mais cela restait tout à fait ce que je pouvais porter sans trop de problèmes. Ma queue artificielle se chargea de ramasser les affaires tombées par terre, et je me mis en route vers le camp. Me dirigeant vers la tente indiquée, je posais cependant des questions à l'animae pour tenter de comprendre la situation.

"Pourquoi t'a t'elle traité ainsi ? Et pourquoi "sang impur ? "

Je ne comprenais pas un tel rejet. Enfin, je savais ce que c'était pour en avoir été victime, mais je ne comprenais pas comment il pouvait faire partie du clan s'il était rejeté ainsi ? Le gardaient ils parce qu'il avait une quelconque utilité ? Cela me révoltait, mais je ne pouvais rien dire. Je ne comprenais pas leur système, j'étais une étrangère. Je n'avais pas à m'immiscer là dedans. De plus, Valhildur était une personne puissante et dangereuse, qui pouvait sans doute à tout moment se retourner contre moi et profiter de ce qu'elle sait. Nous arrivions à la tente, dans laquelle je rentrais. il y avait un lit, du moins un amas de fourrure qui devait être être un lit. Je le déposais là. Je me souvins alors que je ne lui avais pas rendu la politesse sur mon nom.

" Ha, et pour mon nom, je n'ai pas encore choisis... Tu peux m'appeler Dragon Blanc, pour le moment...Bon, qu'est ce que je peux faire ? Je préfère éviter de transférer de l'énergie, vu que je ne sais pas comment ton corps pourrait réagir."
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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Ven 14 Oct - 18:58

L'étrangère était choquée de ces coutumes si différentes des siennes. Elle ne voyait là qu'une explosion de violence. Elle ne pouvait pas comprendre. Seule la conséquence se présentait devant, un corps étendu sur le sol gelé des dernières neiges. Même la lumière rosée de l'aurore éternelle des lieux ne réussissait pas à atténuer le pathétique de cette vue, de ce corps à terre, une queue féline affaissée à coté de lui, les vêtements qu'il apportait répandus. La dragonne blanche ne connaissait pas ce monde, pour autant, poussée par sa bonté naturelle, elle secourra le « chat » suppliant. Il était plus léger qu'il ne le semblait au premier abord. Sa corps, tenu horizontalement, presque tendrement par elle, révélait au contact un corps plus maigre que ne l'avait fait penser son épaisse fourrure. De près, ses lèvres haletantes révélaient quelques crocs qui devaient sûrement participer à son étrange accent lorsqu'il parlait en langue commune. Il était un peu froid, comme si ce simple contact avec le sol avait gelé ses membres, mais le vol d'énergie devait sans doute y être pour quelque chose. Fragile, Köttlingur se laissa reconduire à sa tante dans une position si peu masculine sans protester, tentant de conserver son énergie. Lorsqu'il fut finalement allongé dans un lit par sa sauveuse, il s'osa à lui répondre :

« La Sorhcièrhe noirhe m'appelle Sang Impurh carh je suis Sang Impurh. Ma mèrhe est la même que la mèrhe du chasseurh bhleu. Mon pèrhe est différhent du pèrhe du chasseurh bhleu. Mon pèrhe est anima. Ma mèrhe est elfe. Je suis Sang Impurh. Sang Impurh est une malédhiction. Mon corh est déforhmé. Je suis prhesque animal. Je ne peux pas parhler avhec mon sál. Chaque trhansformation est une souffrhance. Je suis un monstrhe. Je suis un êtrhe déforhmé. »

Ces paroles semblaient l'avoir épuisé, tant physiquement que moralement. Ses yeux étaient embués alors qu'il évoquait la malédiction qui serait la sienne jusqu'à la fin de son existence. Köttlingur est un être contre-nature et il en avait conscience. Cette queue attaché à son corps et qu'il avait pensé s'arracher au moins dix fois en était la preuve. Il n'avait jamais eu le courage de finir cet acte car, il savait que l'ablation de sa queue ne changerait rien ; c'est son corps tout entier qui était vicié du péché commis par son père. Au contraire même, cette queue blanche était une des rares choses qui le reliait à son totem, son sál (sawl) avec qui, contrairement aux autres animae, jamais il ne pourrait parler.

«  La Sorhcièrhe noirhe a rhaison de me fairhe mal. J'ai mal agi. Je ne dhois pas lui parhler si durh. Elle a tous les pouvoirhs surh moi. Je lui ai donné mon nom. J'ai vhouloirh sembhler brhavhe devhant vhous. Je suis bête. »

Ce dernier aveu lui tira finalement quelques larmes qui roulèrent jusqu'au lit de fourrures. Köttlingur était très faible et parler encore et toujours l'affaiblissait davantage. Désormais au chaud, dans un lit, il ne risquait pas de mourir ; la sorcière noire ne tuerait jamais un membre du clan. Cependant, dans un tel état de faiblesse, toute maladie lui était d'autant plus à craindre. Malgré tout, il n'avait pas répété cette histoire de rituel qui aurait pourtant pu l'aider à récupérer. L'étrangère ne connaissait pas grand chose des anima d'ici et n'aurait jamais pu le deviner. C'est pourtant de quelqu'un d'autre que viendrait cette vitale information. La Chasseur bleu débarqua dans la tente et il fut choqué par ce qu'il vit.

« Pourquoi restez-vous assise ?! Pourquoi ne l'aidez-vous pas ?! » demanda-t-il d'une voie qui avait perdu de son calme.

Cependant, il n'attendit pas d'avoir la réponse. Les habits de fourrure qui le recouvraient étaient déjà tombés et il se dirigeait d'un pas ferme vers son frère qui semblaient être en train d'essayer de s'excuser. Il ne lui laissa pas le temps de former la moindre phrase compréhensible, en commun ou en elfique, il l'avait déjà sauvagement entraîné sous les couvertures de fourrures et l'enlaçait désormais tendrement. Entre ses bras musclés, le chat s'apaisa et posa la tête sur le poitrail elfique qui émergeait des couvertures. Le chasseur bleu le laissa faire, l'accompagnant d'une douce mélodie en elfique tandis qu'il lui caressait la tête. Lorsque ce frère se fut totalement endormi, Váli releva la tête et jeta un regard sérieux qui était encore mêlé de la tendresse dont il venait de faire preuve. Il s'expliqua d'une simple phrase :

« Il lui aurait suffi d'un peu chaleur de la part de n'importe qui pour activer son rituel. »

En effet, cet simple étreinte avait suffi redonner un peu de rouge aux joues de Köttlingur. Ce dernier dormait désormais comme un chaton collé à son frère comme s'il s'agissait de sa mère. Malgré ce contact qui adoucissait encore les traits de chasseur bleu, c'est mortellement sérieux qu'il demanda :

« Que lui est-il arrivé ? »


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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Sam 15 Oct - 16:15

Je le regardais là, allongé sur le lit, ne sachant quoi faire. Il tremblai, devait avoir froid, ou bien toute simplement le choc d'avoir autant d'énergie prise d'un seul coup. Il fallait que j'aille chercher de l'aide, mais Kottlingur se mit à parler, à m'expliquer ce qu'il se passait. Il avait bien vu que je ne cautionnais en rien ce qui s'était passé, et ne comprenais pas le pourquoi du comment de cette situation. Il m'expliqua pourquoi on l'appelait "sang impur". C'était donc un hybride entre deux races, ce qu'on pourrait appeler un batard. J'étais curieuse de savoir comment cela pourrait arriver, vu qu'il était demi-frère avec le Chasseur Bleu. Mais il ne me semblait pas opportun de lui poser la question.

La suite fut plus douloureuse à raconter, et je pouvais comprendre sa peine. Avoir un corps difforme, que l'on ne comprend pas et qui nous pourrira toute la vie... Moi même, quand j'avais reçu ce corps de haut dragon, était en terrain étranger. Mes premières transformations, partielles et complètes, furent d'une terrible souffrance. Cela remontait à loin dans ma vie, et j'avais vécu entre temps des choses bien plus douloureuse. Mais y penser ne pouvait m'empêcher d'avoir ce goût amer dans la bouche, cette frustration qui remontait et me faisait que voir d'autant plus clairement pourquoi je ne pouvais jamais être acceptée parmi les Haut Dragons. J'étais pleine de compassion pour ce pauvre homme-félin, et instinctivement je me mis à lui caresser la tête, comme pour le rassurer, et lui donner ma propre vision des choses d'une voix pensive.


" J'ai vu beaucoup de monstres, dans ma vie. Différentes formes, différentes apparences... J'en suis moi même un, un monstre des plus terribles pour certain. Mais avec le temps et l'expérience, j'ai appris à faire la distinction entre ceux qui ont l'apparence d'un monstre, et ceux qui en sont vraiment un. Tu n'es pas de ceux là, à mes yeux."

Les pires monstres sont ceux qui se cachent sous une belle apparence et des manières convenables, mais font des choses terribles et contre nature, que la morale interdit et que l'on ne peut découvrir qu'avec horreur. J'étais moi même un monstre sous deux facettes: par le fait que j'étais un esprit et une âme d'humain dans un corps de Haut Dragon, mais aussi par toutes les violences dont j'ai eu recourt. Une bête qui dévorait son propre genre, une folie semblable à celle que l'on combattait. J'étais aussi un monstre, mais bien différent et bien plus condamnable que ce qu'était Kottlingur. Lui, n'avait que sa naissance et son apparence contre lui. Il n'avait rien fait de mal à part cela. Du moins, de ce que je croyais.

Le pauvre avait du en baver toute sa vie. Mais Le Chasseur Bleu semblait être proche de lui et en prendre soin. Au moins avait il un soutient dans son malheur. Beaucoup n'ont pas cette chance. Il voulut en plus dans sa malchance, justifier les actions de la sorcière. Je fronçais des sourcils, n'aimant pas trop qu'il défende ainsi à mes yeux ce qui m'était inconvenant. Mais une fois de plus, je ne comprenais pas leurs lois et principes, je n'étais qu'une étrangère et devait rester en dehors de ça, comme un élément neutre. Cependant, cela ne m'empêchait pas de faire une remarque, levant légèrement les yeux vers le ciel.


"Certes, tu as l'air d'être voleur sur les bords et malicieux, mais rien de fondamentalement mauvais. Quand à ton apparence... Elle me donne plus confiance que celle de bien d'autres. Les animaux sont plus nobles que ce que l'on peut croire, tu ne devrais pas t'en sentir diminué."

C'était un fait, je me sentais plus proche et rassurée en étant entourée d'animaux, sauvages ou non, que d'être en compagnie d'une société d'humain, de haut dragon, d'elfe, de démons et autres civilisations. Instinctivement je les comprenais plus facilement, et ne me sentais pas en danger d'être jugée et trahie. C'était sans doute naïf, mais c'était aussi l'une des raisons pour laquelle Kottlingur ne me répugnait pas, et me rassurait plus que la présence des autres elfes. La Shaman m'inquiétait, le Chasseur Bleu me semblait beau mais froid et distant, la Sorcière me paraissait plus proche mais dangereuse. Rien de serein en vérité, si ce n'est la présence de cet homme à fourrure. Je soupirais légèrement, continuant sur ma lancée.

" Je ne connais pas vos coutûmes, ni comment votre hiérarchie fonctionne. Aussi pour moi ce geste était déplacé de sa part, étant donné que tu n'as rien fait de répréhensible, si ce n'est t'inquiéter d'où j'étais."

Je souriais légèrement, le regardant avec compassion. J'étais en faute après tout, et si je n'avais pas quitté la tente rien ne serait arrivé. Il ne devait pas avoir beaucoup de support et devait être en défaut pour beaucoup de personnes. J'essayais de lui faire comprendre que jusqu'à présent il pouvait compter sur ma compassion, et au pire sur ma neutralité. Je n'allais pas le juger sur son apparence, seules ses actions pouvaient compter pour le moment. Pendant quelques secondes je divaguais dans mes pensés, quand j'entendis les pans de la tente de se relever. Je vis arriver le Chasseur Bleu, qui comme une tempête entra et rouspéta, m'accusant de ne pas avoir fait ce qu'il fallait. Je le laissais entrer, me relevant et m'éloignant du lit alors qu'il se déshabillait pour se serrer contre Kottlingur. Confuse et me sachant fautive à un certain point, je me sentais pâlir légèrement de honte, et répondis sans vraiment réfléchir.

" Je ne sais pas de quoi vous parler, avec ce ... rituel. J'ai fait ce qui me semblait être bien."

C'est vrai, de quel rituel parlait il ? Comment puvais je savoir ce qu'il fallait faire, si on ne m'avait rien dit ? L'urgence de la situation avait du lui faire oublier le fait que j'étais étrangère à ce clan, voir à ce monde, et que je ne savais rien des connaissances de base. Mais ce n'était pas à moi de le lui rappeler, et je ne pouvais que me taire et rester dans mon coin, à observer ce qu'il faisait. Il se préoccupait réellement de son demi-frère, ce qui me rassurait pour le pauvre Kottlingur. Le Chasseur Bleu montrait une facette de sa personnalité que j'avais pu entre-appercevoir lors de notre rencontre, quand il croyait avec espérance que j'étais quelqu'un de son espèce. Quelle cruelle déception il avait eu ! Et l'avoir vu aussi déçu ne pouvait qu'être blessant. Mais j'étais habituée à être perçue comme une chose indésirable ou un danger plutôt qu'une force bénéfique et voulue. Aussi je continuais de rester en marge, ayant voulu être invisible ou bien sortir. C'était une situation fort maladroite, et seule ma conscience que j'étais l'origine de ce tort et que je devais des explications me faisais rester là où j'étais.

Quand Kottlingur fut endormi, ou du moins calmé, le Chasseur Bleu me regarda de nouveau et me demanda ce qu'il s'était passé. Sa voix dure et intransigeante montrait bien que c'était un ordre, mais aussi qu'il était réellement inquiet de ce qu'il s'était passé. Je répondis, essayant d'être aussi explicite que courte dans mes explications.


" Impatiente et ne voyant pas Kottlingur revenir, je suis sortie de la tente. J'ai rencontré votre... sorcière, et nous avons discuté dans la forêt. J'ai pus méditer, me nourrir, et elle m'a ramené à votre camp. Nous avons rencontré sur la route Kottlingur, et il s'adressa à nous pour savoir où j'étais allée et la raison de mon absence, elle l'a..."

Je réfléchissais rapidement à une manière de dire les choses. Selon moi, c'était une agression en bonne et due forme, mais peut être avec leurs coutumes c'était vous sous une autre forme. Ne voulant pas être haïe plus que je ne l'étais en cet instant, je pesais mes mots et convins assez rapidement de passer outre cette information, allant à l'essentiel.

" Disons qu'elle a aspiré son énergie, puis elle est partie. Il était allongé dans la neige et ne semblait pouvoir bouger, aussi je l'ai ramené à la tente et couvert pour qu'il soit au chaud. Vous êtes arrivé peu après."

Je n'ajoutais rien, car il n'y avait rien à ajouter. Ou plutôt, je risquais d'être mal perçue ou mal interprétée si j'ajoutais quelque chose, ou que je posais des questions. Plus ça allait, et plus finalement je me demandais si c'était une bonne idée que d'avoir acceptée de venir en ce lieu. Je me sentais mal à l'aise, mon instinct et ma si faible habitude d'être en société me poussaient à fuir ces lieux et à retourner à un état plus solitaire et sauvage. Mais ma raison me faisait bien comprendre que c'était une question de survie de rester ici, pour en savoir le plus possible. Partir seule en ces lieux hostiles, était me mettre des obstacles sans doute mortels sur la route. Je devais supporter les choses autant que possible, et faire profil bas. Mais ma fierté, ou plutôt l'envie irrépressible de montrer que j'avais pensé à l'aider, me fit parler pour ma défense.

"Tenter un transfert d'énergie, après ce qu'il s'était passé quand vous aviez vulu le faire, me paraissait trop risqué et pouvait mettre sa vie en danger. Aussi je n'ai rien tenté."

Encore hésitante, je rajoutais cependant une dernière chose. Je ne voulais pas que cet incident soit une raison de plus d'en vouloir à Kottlingur, et que sa position soit mise encore plus en danger. Je rappelais donc qui était le véritable fautif dans l'histoire, à savoir moi-même.

"Quoi qu'il en soit, ce n'est pas de sa faute. Il a juste voulu savoir où j'étais passé. Je n'aurais sans doute pas du quitter la tente, et cela ne serait pas arrivé. Mais sa vie n'est plus en danger, c'est ce qui compte."

Je me taisais enfin, attendant sans aucun doute le verdict dur du Chasseur Bleu. Il allait peut être demander réparation, m'en vouloir, et rendre mon séjour ici plus difficile. Ou alors, me demander de partir, ce que j'aurais fait instinctivement avec plaisir. C'était tout à fait visible que je n'étais pas à l'aise, plus inquiète et sur mes gardes qu'un animal sauvage que l'on vient de capturer. Je ne savais si c'était mon ignorance de ce monde qui me mettait le plus mal à l'aise, ou bien toutes les gaffes que je semblait commettre sans m'en rendre compte, et avec le zèle typique de la maladresse.
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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Sam 22 Oct - 16:22

Les yeux attentifs écoutèrent la totalité des explications de Shrikan. Étrangement, il semblait comprendre, presque compatir. Il ne l'avait pas habituée à cette douceur qu'il exprimait à travers son lien avec son frère. Le chasseur bleu semblait voir au-delà de ce qu'elle montrait, cachée derrière des euphémismes pour ne pas révéler son choc. Il entendait ses explications et il semblait les accepter. Quand ce fut fini, il se tourna vers son frère endormi contre lui et, en lui caressant les cheveux, murmura affectivement :

« Pauvre petit fou... à quoi pensais-tu donc ? »

Puis il tourna à nouveau les yeux vers Shrikan, ayant compris son trouble et surtout son incompréhension. Le visage doux et la voix chaleureuse mais comme alourdi du poids des destin, il lui expliqua alors tout :

« Vous n'avez rien fait de mal. Mon frère s'est mis dans cette situation tout seul. Vous devez comprendre que les animae ont des liens hiérarchiques étranges entre eux ; des liens qui sont les mêmes plus au sud d'ailleurs, à ce que j'ai pu remarquer. Pour cette raison, ils forment une sorte de groupe à l'intérieur même de notre tribu. La sorcière noire est la maîtresse de ce groupe, à cause de son lien aux esprits morts. Les hybrides anima, comme mon frère, sont ainsi traités avec dégoût dans le monde entier. Cette réaction s'explique par la nature-même des animae. Les animae sont la symbiose de deux éléments : l'un est mortel et physique, c'est l'hôte, le lífvera ; l'autre est cet esprit animal qui change de porteur à la mort de son dernier lífvera et qui est l'origine des rituels, nous l'appelons le sál ici. Ces deux êtres sont en harmonie et partagent le même corps. C'est là la cause du triste malheur des animae au sang mêlé, ne pas être en harmonie. Le sang étranger rompt l'union du lífvera et du sál. C'est pour cela que se crée ces étranges déformations. Cependant, il y a pire, alors que dans un corps sain les deux parties peuvent communiquer, dans un corps hybride le sál se retrouve prisonnier, incapable de s’exprimer, de bouger, un captif bâillonné au sein de son propre corps. À l'intérieur de ce corps, j'ai deux frères et l'un est condamné au silence. Les autres animae, contrairement à la plupart des autres gens, peuvent ressentir le malheur de cet être, d'où leur haine. Moi aussi, j'ai voulu pouvoir connaître ce second frère. J'ai perfectionné ma magie et, désormais, au sein de mon frère que j'aime, je peux ressentir le reflet de cette créature prisonnière, comme un bébé bloqué dans le cœur de mon frère. Derrière chaque visage heureux de mon frère, il y a encore cette tristesse latente et oppressante. Voilà pourquoi je fois aimer mon frère, mes frères. Je veux leur donner la meilleure vie possible. Est-ce orgueilleux de ma part ? »

Cette ultime question avait un poids inattendu, une charge émotionnelle qui transformait cette phrase en supplique adressée à la dragonne blanche. C'était une prière qui lui demandait de lui dire que ce qu'il faisait jusqu'à maintenant n'était pas vain, qu'il avait eu raison de ne pas ordonner à son frère de mourir pour libérer son totem, ainsi que l'auraient fait certains animae. Son visage s'abaissa lentement sous le jugement qu'émettait l'étrangère, comme un nœud qui se détachait dans son cœur, un nœud qui ne pourrait jamais disparaître. Un silence suivit alors, uniquement éclairé de la lumière courbe du soleil couchant du nord, à moins qu'il ne se lève en une nouvelle aube. Ce fut u long silence mais pas un silence tendu, plutôt un silence chargé d'émotion. Quand il releva la tête, ses yeux étaient rougis.

« Je vous remercie. »

Puis, alors qu'il semblait ranimé d'un espoir et d'une vivacité soudaine, en se reprenant, il proposa avec un sourire une chose à laquelle Shrikan ne s'était sans doute pas attendue : une nouvelle vie.

« Voulez-vous rester ici ? je veux dire, dans notre tribu ? Vous m'avez auparavant dit que nous ne souhaitiez pas repartir vers le sud, rester avec nous sera mieux qu'arpenter les espaces neigeux en attendant sa mort. Je vous informerais de toutes ces coutumes qui vous ont semblé étranges. Je vous ai vu chasser et vous pourriez nous être utile. Voulez-vous demeurer avec nous ? Je m'appelle Váli. »


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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Mer 26 Oct - 21:40

Je semblais être tombée dans un état de grâce, car ce ne fut pas une pluie de reproches qui me fut adressée, mais des explications en règles. Je me détendis un peu, voyant le calme et la tendresse qu’il employait pour me raconter les raisons d’un tel comportement envers Kottlingur. Je ne sais si c’est ce fameux rituel qui le rendait aussi attentionné et compréhensif, mais j’espérais bien que cela dure. Quoi qu’il en soit, je l’écoutais attentivement, buvant ses paroles en silence mais le fixant avec grand intérêt. Je comprenais mieux à présent la hiérarchie, et pourquoi Kottlingur était en tort face à Valhildur. Je ne cautionnais pas, mais je comprenais.

Je fus prise d’autant plus de pitié pour ce pauvre anima félin que le récit de son frère se faisait avec une forte émotion, et que sa situation faisait écho au rejet que j’avais moi-même subi chez les Haut Dragons. Mon instinct me poussait naturellement à prendre sa défense, que je le connaisse ou non. Mais c’est uniquement en le côtoyant et en apprenant mieux à connaitre ce clan que je percevrais si cette compassion est bien placée ou non. Car si dans son malheur il se trouve être une personne détestable et sans principe, ma charité se verra bien vite retirée. Mais cette décision ne me venait pas du tout à l’esprit, et je restais à ce moment pleinement disposée à le considérer avec indulgence. Ce qui me surprenait le plus, c’était le comportement du Chasseur Bleu. Je retrouvais là celui qui s’était exprimé avec ferveur dans sa langue, la première qu’il m’avait vu. Il n’y avait plus tout cette distance et cette froideur qu’il m’avait servis depuis qu’il avait compris que je n’étais pas l’une des leurs. Au moins, je savais qu’il était capable de sentiments positifs et proches, mais qu’ils puissent m’être véritablement adressés restaient un doute. Pour le moment, je le soupçonnais fortement d’être sous l’influence de ce « rituel », ou du moins de l’accident si récent de son frère. Qu’il soit capable de me montrer la même chaleur plus tard, une fois seule avec lui, était grand doute que j’avais.

Mais peu importe, ce n’est pas comme si je peux espérer quoi que ce soit. Je reste une étrangère, et peut être auront-ils peur ou horreur de moi en sachant ce que je suis. Je préfère le cacher autant que possible, pour ma propre sécurité, mais nous verrons bien comment tout ceci va se passer. Et le plus surprenant était à venir ! Car le Chasseur Bleu se mit à divaguer, à me parler en confidence, à demander mon avis. J’étais touchée, mais surprise en même temps. Je ne dis rien dans un premier temps, mon regard trahissant cependant la stupeur face à une requête aussi inattendue. Mais je réfléchissais à ses paroles, à ses actions, à son point de vue. Un silence d’installa, jusqu’à ce que je me décide à répondre. Il n’y avait rien d’arrogant dans ce que je voulais dire, juste un état des faits selon mon expérience et mon ressenti.


"De ce que je comprends, le lífvera est à chaque fois unique, et le sál continue de traverser les âges. Kottlingur n’a pas demandé à naître ainsi, et il me semblerait injuste de faire pâtir celui qui est unique et éphémère, alors que l’autre ne subira l’inconvénient que l’espace d’un battement de cils pour lui. S’ils sont tous deux vos frères, il n’y a rien d‘égoïste à vouloir prendre soin de l’un tout en brisant la solitude de l’autre. Ce n’est que justice, à mes yeux, et bien louable de compassion et d’amour fraternel."

Je souriais légèrement, le regardant avec une certaine tendresse. J’étais sensible à la dévotion que l’on peut porter à un être aimé, qu’il soit frère, soeur, parent, compagnon d’aventure ou amant. Moi-même j’étais prédisposée naturellement à rechercher le bien des autres, s’ils me sont proches. Mais bien que je compatisse facilement à son état d’âme, je ne connaissais pas leurs règles, et n’étais pas forcément celle à consulter. Je préférais donc le lui rappeler, afin qu’il ne s’offusque pas de ma réponse.

"Cependant, je ne pense pas être le meilleur juge pour cette question. S’il y a bien une personne à qui il faut poser la question, c’est à Kottlingur. S’il estime qu’il est heureux ainsi, alors votre action est louable et vos efforts pour votre deuxième frère des plus fraternels. Mais s’il est malheureux et désire faire cesser une vie trop difficile pour lui, alors mettre fin à sa vie serait un acte de charité, que bien peu ont l’avantage d’avoir. Kottlingur et son bien-être sont les seuls véritables juges de vos actes et de vos intentions. Le sál lui, pourra bien attendre son prochain lífvera, qui arrivera suffisamment vite à ses yeux."

C’était un fait, et on ne pouvait le nier. Cela avait été dit sans véritable émotion, plus avec la dureté de la réalité que j’avais rencontré dans ma vie. Pour certain, pouvoir finir sa vie était une bénédiction. Plusieurs fois moi-même je l’avais espéré, dans mes difficultés. Mais on ne me laissait guère le choix, et mes instincts de conservation m’en empêchaient… Ce choix restait quoi qu'il en soit celui de Kottlingur. Je me taisais à nouveau, restant sur cette réflexion. Mais ma surprise n'allait pas s'arrêter à cette première confession. Car le Chasseur Bleu continua, me proposant de rester dans son clan. Je le regardais avec ahurissement, ne croyant pas ce que j'entendais. Mes yeux étaient grands ouverts, fixés sur lui dans une sorte de transe d'incompréhension. Je ne pus que bégayer quelques mots, à peine audibles.

"Vrai... Vraiment ?"

Il me proposait cela aussi vite. Etait ce sous le coup de l'émotion ? Ou bien par simple excès d'hospitalité, de respect des règles des nomades ? Je l'écoutais, et il me donnait même son nom. C'était... étonnant... Je mesurais le pour et le contre. Il y avait des avantages certains à rester, et vu leur mode de vie, si les choses vont mal je peux toujours m'enfuir. Même si le climat est rude, je suis assez intelligente et débrouillarde pour en apprendre assez pour survivre avant de partir. Je le fixais avec plus d'intensité, essayant de voir ce que je pouvais faire. Si Cerillion avait été éveillé, ma queue artificielle se serait balancée frénétiquement, comme celle d'un chat devenant impatient. Je me décidais à lui faire part de mes doutes, et de mes réticences.

"Je suis surprise que vous me le proposiez. Je ne voudrais pas imposer, même si votre code d’hospitalité vous demande de me le proposer. Vous avez du remarquer que je ne suis… pas très douée pour vivre en société. Je ne voudrais pas devenir un fardeau ou bien une gêne."

Oui, c'était ce que je ne souhaitais pas. Cependant, il y avait une autre raison qui faisait que j'étais tentée de rester. Vali, vu que c'est ainsi qu'il se nomme, m'avait sauvé la vie et acceuilli. Je portait une dette de vie que mon honneur et mon éducation ne pouvaient me laisser ignorer. Je devais me racheter, et rien de mieux d'être sur le terrain pour trouver une occasion. Bien que je sois maladroite en société, il devait bien y avoir quelque chose que je pouvais faire pour eux. Lui même avait fait mention que je pouvais être utile à la chasse, et dans ce lieu reculé, une personne capable de ramener à manger efficacement devait être appréciable. Cette dernière pensé, ainsi que de voir sa belle figure aimable adoucie par sa compassion et sa confidence, me firent fléchir. Je finis donc par céder, le regardant et lui souriant avec plus de gratitude.

"Mais si votre proposition est véritablement sincère, et que vous vous sentez prêt à être patient, alors j’accepte avec gratitude. De plus, j’ai une dette de vie envers vous, et je n’ai pas encore eu l’occasion de pouvoir vous en remercier. En tant que chef de ce clan, je vous en remercie. Je répondrai de ma dette le temps de rester dans votre clan."

J'inclinais la tête, montrant ainsi mon respect et une certaine soumission. Car ma dette de sang était envers lui personnellement. Il était donc le seul habilité à pouvoir me donner des ordre, ou à être ma priorité de protection. Je relevais la tête, et continuais doucement.

"Quant à mon nom…."

Il m'avait donné le sien, et je me devais de lui rendre la pareille. Mais quel nom employer ? Mon nom d'origine, je l'avais oublié depuis des siècles. Le nom que tout le monde connait, Shrikan Tatsu, était tellement porteur de sang, de mort, d'horreur, de rage et de tristesse que je ne pouvais qu'avoir le coeur lourd à l'idée de le porter à nouveau. Il m'en fallait un autre, un nom pour ma nouvelle identité, ma nouvelle vie. Les yeux dans le vague, se portant sur les pans de la tente, je regardais les quelques talismans et autres plumes voleter au vent. Un nom... Il y a longtemps, lors d'une de mes missions de discrétion, j'avais été receuillie par un vieil homme, un humain de l'ancienne aristocratie de son monde. Je ne sais pourquoi, mais je lui avais fait pensé à sa fille, et devant passer pour une amnésique je ne lui dis pas mon nom ni qui j'étais. Il m'en donna un nouveau, et me pris dans sa famille. Il n'avait plus d'enfants, et me traita comme sa propre engeance. C'était un homme bon, cultivé, pleins de bonnes manières et très éclairés. Sa douceur son comportement de père envers moi m'avaient donné un peu de paix dans ma vie tumultueuse et ingrate. Je ne pouvais à lui et à son nom, à celui qu'il m'avait donné, qu'avec une douceur et une nostalgie extrême. C'est donc avec un léger sourire, et les yeux emprunt de tendresse que je lui donnais le nom que je m'étais choisie.

"Tullia… Oui, j’aime bien ce nom. On me l’a donné il y a longtemps, pour une bref période. Mais j’aime ce qu’il veut dire, et la personne qui me l’a donné. Vous pouvez m’appeler Tullia, de la famille Estrama Von Raijer."

Je lui souriais franchement, mes yeux pétillants d'une nouvelle vie, rien qu'en prononçant à voix haute cette nouvelle identité, ce nouveau nom porteur d'espoir. Puisse t'il refléter sur moi toute la bienveillance que ce vieil homme, Malek Estrama Von Raijer, avait su me procurer pendant les quelques mois de notre rencontre. Je l'espérais de tout coeur, et ne pouvais voir en ce nom que de bons augurs.
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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Jeu 27 Oct - 15:00


Dernière édition par Eilífthar Heftharkona le Sam 12 Nov - 17:33, édité 1 fois

Ainsi cela fut décidé. Tullia, car tel était son nouveau nom, accepta de rejoindre le clan jusqu'à temps qu'elle décide le contraire. Le temps fit bien les choses et, durant les deux mois où elle vécut au sein du clan, elle se familiarisa avec les coutumes et surtout les membres du tribu. Les gens du clan Fjarlægur sont la plupart du temps au sein de leur tente pour ne pas avoir à se disputer avec le froid qui règne à l'extérieur, aussi Tullia mit un certain temps pour les rencontrer tous. Parfois Váli ou Köttlingur lui présentait des amis. Parfois Valhildur la faisait venir à sa cour des miracles où se réunissaient les animae du clans excepté Köttlingur. Celle qui n'était plus vraiment étrangère mais qui se faisait encore surnommer "sudiste" ne comprit sans doute jamais la situation problématique du pauvre sang mêlé, faute d'avoir le lien magique nécessaire avec les animaux de cette terre nouvelle. Ces quelques mois lui permirent aussi d'en apprendre plus sur le clan. Les Fjarlægur étaient regroupés en tente où vivaient souvent de petits noyaux familiales constitués d'un mère et de ses enfants ou alors de frères. Les rapport entre ces tente pouvait varier et il était fréquent que le membre de l'une d'elle ou l'ensemble de ses habitants fut invité par une autre tente. Les membres d'une famille vivaient comme de petits systèmes fermés, avec leurs propres objets et leurs propres besoins à satisfaire eux-mêmes. De cette façon, les tentes étaient comme des système presque autonome. La seule variation était l'importance du clan sur chaque individu : tous les animaux du troupeau étaient communs, chaque produit de la chasse devait être partagé, tout le monde était toujours prêt à aider quelqu'un. Tullia, elle, vivait dans la tente de Válu qui l'avait recueilli (bien que Valhildur lui ait proposé de l'accueillir).
Comme elle avait déjà pu le voir, le nom était nimbé d'une spiritualité particulière là-bas. Le nom, en tant qu'il était un représentation de la personne, donnait un pouvoir sur la personne. Pour cette raison, les habitants ne donnaient leur nom qu'à des gens en qui ils avaient confiance. Ce nom n'était aussi jamais utilisé en public, si ce n'est un public ami qui le connaissait déjà. De fait, durant son séjour, Tullia ne put voir que de rares cas d'utilisation de prénom, uniquement des salutations intimes ou alors des ordres impérieux.


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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Sam 12 Nov - 17:05

Il en fut donc décidé. Je restais avec le clan, et 2 mois s'écoulèrent paisiblement. Bien entendu, rien ne fut facile au début. Déjà rien que comprendre où je pouvais dormir, le fait que je n'avais pas énormément de choix. Au début penser dormir avec Valo et Kottlingur me paraissait incongru. Puis, la seule autre invitation venant de Valhildur, je pris parti de préférer dormir avec mon beau chasseur bleu et son frère à fourrure, plutôt que de servir de repas toutes les nuit au démon qui habitent Valhildur.  Sachant où je pouvais dormir, je me mis en quête d'en apprendre plus sur leurs lois et habitudes. Leur fonctionnement par tente, les relations hiérarchiques... Je fis des efforts pour être acceptée, faisant preuve d'une patience inacoutumée, combattant mon malaise et mes envies de fuites quand je me trouvais dans une situation maladroite. On m'apprit à parler leur langue, et de mon côté je prenais plaisir à apprendre à ceux qui le souhaitaient la langue "commune", comme ils l'appelaient ici.

J'en appris plus sur ce monde, et sur les dangers qui pouvaient me guetter. Ici, j'étais relativement en sécurité, mais cela ne devait pas m'empêcher de rester sur mes garde. La présences des autres membres de la Triade ne m'était pas vraiment un avantage. Qu'il y ait d'anciens ennemis ou de nouveaux ne me surprendrait guère. Si l'on savait qui j'étais, je pouvais compromettre à jamais mes espérances d'une vie plus calme. Mais espérer n'était pas suffisant, il fallait que je me prépare à cette éventualité. Ma vie n'a été que de combat et de guerre, aussi c'est facilement si ce n'est instinctivement que je désire m'entrainer. Je profitais de mon rôle de chasseuse pour m'éloigner du clan pour aller m'entrainer. Mais ce n'était pas aussi simple que cela. Car bien que ces étendues de glaces battues par les vents ne me faisaient aucunement peur, c'était tout autre chose pour Vali. Celui ci ne voulait pas me laisser partir seule, et tenait toujours à m'accompagner. Il était inquiet, disait il, que je me perde ou que je rencontre l'un de ces loup-ours, très dangereux. J'haussais les épaules, tentait de le rassurer. Malheureusement, il ne me laissa jamais partir seule. Je n'étais pas contre sa compagnie en temps ordinaire, au contraire. Plus j'étais amenée à le connaitre, plus je l'estimais et arrivais à voir en lui ce qu'il m'avait montré lors de notre première rencontre. C'était un chef de clan jeune, très conscient de ses responsabilités et de ses devoirs. Il prenait tout cela très à coeur, mais je pouvais voir une solitude et des sentiments plus profonds et tendres que l'on pourrait croire. Discuter avec lui, pour en savoir plus sur ses espérances, ses pensés, son expérience. Je lui faisais part de mon passé, du moins en partie. Ma propre peine trouvait un écho en l'auditeur qu'était Vali.

Mais pour la chasse et l'entrainement, mes habitudes sont bien différentes. La solitude, la réflexion, mais aussi une certaine pudeur face à ce que je pouvais être. Car bien que lors des chasses je n'utilisais pas Cerillion mais les armes en os et en pierre du clan, pour mon entrainement je me devais de me faire violence et laisser toute cette énergie bestiale s'étaler. Ne pouvant aller chasser ou m'entrainer seule, je pris la liberté alors qu'il dormait de quitter la tente et de partir au loin. Tout allait pour le mieux, je savais ou aller. Après une heure de course, j'arrivais dans ce qui pouvait ressembler à une ancien cirque glacier, de modeste taille. Là, je pus enfin m'entrainer avec mes esprits de l'eau, et prendre ma forme intermédiaire. Utilisant mes pouvoirs de l'eau et ma force brute, je combattais ces serpents de glace qu'étaient les Habaek, testant l'énergie et la magie que je pouvais utiliser avec ce scellé. Je pus le tester, mais au prix d'arriver à ma limite. Je m'arrêtais, le goût du sang dans la bouche et mes entrailles se tiraillant sous la peine. Je venais de comprendre la limite. Je sortais de ma transe de combat, pour remarquer que j'étais observée. Là, Vali se tenait plus loin et me regardait étrangement, ne semblant pas comprendre. Il allait être fâché... Je le rejoignis, pour lui expliquer le pourquoi du comment. Que j'avais besoin de m'entrainer, car mon scellé m'empêchait d'utiliser tous mes pouvoirs. Et que comme un oiseaux libre que l'on met dans une cage, je me devais de voir jusqu'à quelle hauteur je pouvais voler.

La remontrance ne fut pas des moindres, car j'étais partie seule. Mais j'écoutais d'une oreille, car je pensais qu'il me sous estimait grandement. De plus, j'avais l'habitude d'être dans un terrain hostile et seule. Ce n'était pour moi que de la routine. Je rentrais avec lui, mais pour quelques jours après partir à nouveau seule. Cette fois, c'était une grande faim qui m'avait tirée hors de mon lit. Autant d'efforts et de tests sur mon scellé ne m'avaient pas épagnés. Je partis donc en chasse, plus loin que d'habitude. Là, alors que je traquais des proies, je sentis venir une autre présence très hostile, qui fit bouillir mon sang. Là, hurlant au loin, se rapprochant et nous encerclant... une meute de loup-ours. Ils était une dizaine, assez gros et épais comme des ours, mais plus rapides et se comportant comme une meute. Ils se mirent à encercler le troupeau, me retrouvant entre eux et la proie. J'étais tentée de laisser mon instinct de prédateur faire son oeuvre, à savoir me mesurer à cette nouvelle menace. J'hésitais, mais finit par penser que reculer et sortir de cette chasse était la meilleure solution. Un tel combat, dépenser autant d'énergie alors que j'étais relativement affaiblie n'était pas sage. Mais mon hésitation ainsi que mon premier regard brillant d'hostilité fut perçu par un spectateur, qui me rejoignit bien vite avec une pensé peu amène. Vali, sûrement encore mécontent de ce que j'étais partie seule, voulut me mettre à l'abri. Mais ces prédateurs, qui au début s'étaient intéressés au troupeau éparpillé, nous avaient remarqué et se mirent en tête de nous attaquer. Nous n'étions pas assez rapide pour les fuir, et je craignais de trop que l'issue soit grave si ce n'est fatale si nous l'affrontions ainsi. Alors, contre ma raison et la prudence, je pris ma forme dragon, pour impresionner ces loups-ours et les affronter. Je protégeais ainsi Vali, et pouvait maitriser au mieux ces bêtes. Ce ne fut pas sans mal, car ils étaient nombreux et bien organisé, et ne craignaient pas en premier lieu ma taille. Mais j'étais expérimentée, et après avoir repéré l'alpha et l'avoir tué, ils commencèrent à reculer et à me craindre. Le combat pris fin, mais j'étais blessée. Cependant, je n'avais pas à regretter cet affrontement, qui somme toute avait été instructif et libérateur. Etrange de se dire que c'est en prenant la forme que j'aborrais le plus que je devenais plus calme et tranquille par la suite.

Vali avait vu ma forme complète. J'attendais à ce qu'il soit dégouté ou effrayé, mais il ne fut rien de ceci. Je lui expliquais ce que j'étais, mais lui demandais sincèrement de ne jamais parler de cette forme à quiconque. J'en appelais à sa confiance, et à son devoir de mettre son clan en sécurité. Je lui rappelais que ma présence en ce monde pouvait être mal vu par certains, qui pourraient chercher à me nuire ou à nuire à mon entourage s'ils venaient à apprendre mon existence. La chose se conclu rapidement. Nous retournions au campement, non sans prendre quelques choses de la carcasse du vers. Je me trouvais plus proche de Vali, appréciant qu'il ne soit pas effrayé par mon autre forme. Je fis des efforts pour ne plus partir seule à la chasse, et réussissant à lui faire accepter d'être accompagnée de lui, Valhildur ou bien Kottlingur pour mes séances d'entrainement.
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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Sam 12 Nov - 17:34

Les elfes sauvages n'ont jamais compris les autres magies que celles du monde. Ils ne les ont jamais apprécié d'ailleurs. Cela est dû à l'opposition essentielle entre la magie naturelle et les autres magies. La Magie naturelle est née avec le monde, elle étire ses racines le longs des énergies telluriques et elle germe en affleurement rocheux et en arbres. La Nature est la base du monde ; sa magie ne consiste qu'en un usage de ses système millénaires. Les autres magies sont des créations hybride, faite pour le pouvoir et la domination. Elles écrasent la nature, s'attaquent à ses bases, pour façon à créer des monstres. La magie élémentaire frustre les esprits, elle les viole, elle attire leur colère. Et Váli en avait douloureusement conscience tandis qu'il voyait son hôte combattre contre sa propre puissance. Le chef de clan ne connaissait que la survie, la lutte utile ; la seule chose qu'il pouvait voir de ce déferlement d'énergie, c'était une passion sombre et inquiétante envers des arts maudits. Il avait déjà tenté plusieurs fois de s'en ouvrir à elle, de tenter de comprendre, mais ses paroles n'avaient jamais été entendues par les oreilles de la dragonne blanche. La seule chose qu'il pouvait réellement faire afin que ces actions attirent le moins de mal possible était de regarder, de surveiller afin qu'elle ne subisse pas un sort à celui de Valhildur pour avoir pratiqué ces actes malsains. Et pourtant, Tullia s'entêtait désespérément à vouloir lui échapper, à vouloir garder des secrets. Ne comprenait-elle pas qu'il en allait de la survie du clan entier ? que si jamais le clan devait subir des problèmes par sa faute, elle ne pourrait malheureusement pas rester. Néanmoins, une fois de plus, ces paroles restèrent vaines. L'inconsciente croyait pouvoir se protéger de tout. Elle connaissait encore si peu sur ce monde. L'étrangère avait encore ce sentiment de toute puissance. Cela allait lui porter préjudices d'ici peu.

Dans la forêt, la chasseresse tomba sur un prédateur inattendu. Les loups-ours sont d'énormes créatures qui se déplacent en meute. Bien plus intelligents qu'on ne pourrait le croire, ces bêtes savent combattre et Tullia allait le découvrir. Leur méthode était imparable. Discrètement, avant même d'être remarqués, ils avaient déjà encerclés leurs proies. L'Hiver n'était pas encore là et les troupeaux étaient encore en route vers un sud plus agréable. L'erreur de Tullia fut d'oublier de se dissimuler aux grands rennes aussi. Ces derniers se dispersèrent, et les loups-ours perçurent alors une proie autrement plus intéressante, isolée, qui n'avait pas l'odeur du nord. Comme un piège à ours, la meute se déplia à nouveau afin de former un nouveau cercle et de se refermer sur ce qu'il pensait être leur repas. La première avancée, silencieuse, ne s’abattit finalement pas. Un nouvel élément s'était joint à leur victime. Une demande de paix vint alors gratter à leur conscience de la part de cet inconnu, mais il était trop tard : leur proie initiale s'était enfuie, les bêtes avaient faim, et ils ne comptaient pas s'arrêter là malgré cette demande polie. En un seule mouvement, tous fondirent vers le centre du cercle, profitant de leur nombre pour mener une attaque coordonnée. Váli perçut à peine la transformation qui s'opérait derrière lui, il était trop occupé à repousser trois loups-ours d'un coup de hache qui n'en éventra malheureusement qu'un seul. La demi-douzaine restante s'était précipitée sur la dragonne et, malgré ses griffes, ses crocs, ses ailes puissantes, elle ne pouvait pas tous les repousser en même temps ; le couple étrange devait sans arrêt faire attention à ses arrières et les arrières de l'autre pour limiter les dégâts. Lorsque la saurienne eut réussi à se débarrasser du mâle qui tentait depuis le début de planter ses crocs dans sa gorge, la meute se dispersa sans un bruit, laissant leurs quelques morts aux corbeaux. Avant même que Tullia ait pu s'exprimer, le chasseur bleu la pressa :

« Nous n'avons pas le temps. Tu crois peut-être les avoir définitivement repoussé mais ils vont revenir deux fois plus nombreux, puis trois fois. Ils sont bien trop près du camps. »

Váli ne dit pas un mot de plus et, après l'avoir ramené au camp en faisant de nombreux détours et en effaçant leurs traces, il envoya prestement Tullia à la tente en déclarant qu'il devait parler avec des gens. Le reste de la "journée" sembla être emprunt d'agitation et l'elfe sauvage ne revint finalement qu'alors que tout le monde dormait. La dragonne blanche ne pouvait donc pas être tout-à-fait certaine de sa réaction face à son autre forme étant donné qu'il ne lui avait pas tout-à-fait répondu mais il aurait fallu du courage et du temps pour réussir à aborder à nouveau ce sujet, et celui-ci faisait défaut.


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