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 [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)

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Race : haut dragon Féminin
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[Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Ven 25 Mar - 15:22

Les portes s’étaient refermées sur la salle de jugement, qui était exceptionnellement à huit clos et secrète. A part les quelques juges et les deux Gardiens Haut Dragon, il n’y avait aucun public. Il faut dire que cette affaire avait été faite dans la plus grande discrétion, le sujet étant des plus… instable et sensible. L’annonce de la sentence devait être faite peu de jours après celle-ci, afin de s’assurer qu’aucun problème ne puisse intervenir. Ils avaient surtout peur de ma réaction. Car oui, le problème majeur, c’était moi. Mes « crimes » étaient d’une telle ampleur, et la difficulté de me contenir dans ma cellule du même acabit, qu’il fallait au plus vite se débarrasser de moi. Mes sauts d’humeurs étaient terribles, et les chaînes qui m’entravaient, ainsi que les scellés, semblaient venir à bout. J’étais tellement en colère contre eux, mais tellement déçue de moi-même dans le même temps, que je ne cessais d’aller à des crises de furies contre mes geoliers vers des élans de dépressions auto-destructrice. Le jour venu, j’étais dans mes bons jours. Une chance pour eux. Accompagnée par les deux Gardiens, enchainées comme une bête que l’on amène à l’abattoir, j’entrais dans la grande pièce circulaire sous un silence de plomb. On m’obligea à m’agenouiller au centre de la pièce, attachant mes chaines à des pitons solidement plantés dans le sol, et (surtout) enchantés.
 
La tension était plus que palpable, et je pouvais sentir à la fois la peur chez les uns et la colère chez les autres. De mon côté, je tentais tant bien que mal de rester calme. Officiellement on n’avait pas donné ma punition, mais on m’avait communiqué secrètement ce qui allait m’arriver. Un exil. Mes alliés, qui n’étaient plus très nombreux parmi la Triade et se cachaient, ne pouvaient rien faire pour moi. Cependant, je prenais la chose tout à fait bien, y voyant même une possible opportunité. Aussi quand le Chambellan de la Cour s’approcha du piédestal pour annoncer la couleur, je ne bronchais pas, restant calme autant que possible.


"Shrikan Tatsu, suite au résultat de votre jugement, vous êtes ici pour l’application de la sentence. Vous êtes destituée de tous vos titres, scellée de vos pouvoirs et bannie dans un monde lointain."

Sa voix était claire, et aucune pitié ni regret ne semblait s’échapper de ses lèvres. Il affichait une expression dure, mais avec une légère satisfaction visible dans ses yeux. C’était lui, mon principal ennemi et détracteur dans l’affaire. Lui qui avait autant insisté pour me pourchasser et me faire payer ma « trahison ». De trahison, cela n’avait que la couleur de la justice à mes yeux. Après m’avoir mentit pendant tant d’années, je n’avais fait que suivre mes convictions et mes principes moraux. Il m’était impossible, après tout ce que j’avais vécu, de fermer les yeux sur leurs actions de colonisation brutale et de génocide. Ma rébellion n’avait été que juste, et hautement recommandable selon ce que nous avions défendu pendant la Grande Guerre contre le dieu déchu. Mais bien entendu, c’est la loi de « fais ce que je dis, pas ce que je fais », et ces principes moraux ne sont applicables à ceux de la Triade, car les intérêts y sont bien supérieurs. Alors qu’il avait parlé, je m’étais remémoré ces faits, et une nouvelle vague de colère m’oppressa la poitrine. Il finit ses derniers mots, alors que je pinçais mes lèvres pour me contrôler.

" Avant que la sentence ne soit appliquée, avez-vous quelques derniers mots ? "

Ce qu’il venait de dire était bien des plus comique. Eux, me demander mon avis ? Quel sens du théâtre et des bonnes manières qu’ils avaient là, pour rendre bien élégant et honorable un jugement qui n’était qu’une grande farce. Je levais mes yeux sur lui, le foudroyant du regard alors que ma colère brillait telle une flamme. Je lui répondis sarcastiquement, au début avec calme, essayant de contrôler au mieux cette rage qui ne demandait qu’à déborder.

" Comme si vous en avez quelque chose à faire, de ce que je pourrais dire. Une seule chose est certaine, dans l’affaire vous êtes les traitres et les monstres, vos mains plus ensanglantées que les miennes…. "

Je tirais sur mes chaînes, dans un geste pour me relever. Je vis le léger mouvement de recul de l’assemblée, ainsi que les Gardiens qui se rapprochèrent de moi. Seul le Chambellan n’avait pas bougé d’un pouce, me contemplant de haut avec dédain et presque dégoût. Mes paroles se firent plus violentes, ma voix se fit plus cinglante et pleine de ressentiment. Je continuais, les maudissant et les prévenant de ce qui allait leur arriver.

"  Vos coup bas, je ne risque pas de les oublier, ça non ! Que vous m’envoyiez dans l’endroit le plus désolé de Shibai, que vous m’enfermiez ou m’estropiez, je n’oublierais jamais ! Et je ne vous pardonnerais jamais !! Argh !! "

Il y eut un bruit d’électricité crépitant dans l’air, alors que je me faisais électrocuter par l’un de mes bourreaux. Etant une Fille de l’Eau, c’était l’élément pour lequel j’étais la plus vulnérable. Ceci m’arrêta dans mon pamphlet, mais ce n’était que le début. Car un bruit sourd, comme un bourdonnement, empli la salle. Engourdie et presque assommée par la décharge, je n’eus le temps de réagir que le cercle de téléportation était déjà actif. Les runes s’illuminèrent sur le sol, crépitant d’un halo doré. Puis une colonne de lumière, dans laquelle je disparu, avec mes chaines. Tout se fit très vite, et le silence revint. Celui-ci dura quelques secondes, et l’on put entendre le soupir de soulagement de certains juges. Le Chambellan était immuable, satisfait de lui mais n’allant pas le montrer ouvertement. Cependant de sa voix grave, il ne put dissimuler son soulagement à l’assemblée.

" Bien, maintenant c’est fait… "

Il y eu un bourdonnement de murmures d’approbation, mais une voix plus apeurée s’éleva, glaçant un moment le sang de tous.

"  Mais… avons-nous fait le bon choix ? N’est-ce pas risqué de l’envoyer là-bas ? "

Tous les regards se tournèrent vers le Chambellan. Après tout, c’est lui qui avait eu l’idée de la bannir, et non de la condamner à mort. La majorité avait été pour la dernière sentence, mais sa contradiction en avait étonné plus d’un. Et vu sa sagesse et son influence, tout le monde finit par se rallier à lui. Et devant tout le monde, il réitéra ses raisons à mots cachés, pour rassurer.

" C’est un pari que nous devons tous prendre, pour notre bien à tous. Car elle reviendra, sous une forme ou une autre, j’en suis persuadé… "

Cette affirmation n’était pas pour rassurer, mais chacun comprenait l’enjeu de la décision. Avec ce que j’avais ingéré, à savoir l’âme du dieu déchu, personne ne savait ce que j’allais devenir. Certains pensaient que j’allais devenir une déesse, d’autres une forme plus odieuse encore que l’hybride dragon qu’on me considérait. Quoi qu’il en soit, j’étais un danger en puissance, et obtenir mon pardon n’allait pas être facile. Les dieux, eux, étaient restés silencieux sur l’affaire, ne pouvant leur affirmer (ni à moi d’ailleurs), ce que j’allais devenir. Tout était à présent dans les mains du destin, et du hasard.

~


Sur Abyndal, c’était une fin de journée comme beaucoup d’autres sur LjósaEndirinn. Le vent froid et impétueux courait toujours sur la toundra, la lumière crépusculaire de la région boréale baignait le tout dans une imposture de jour, pendant quelques heures. La nuit froide et meurtrière allait bientôt arriver, laissant aux prédateurs nocturnes leur ballet habituel. Mais alors que tout était calme, sur la grande plaine, il y eut un terrible craquement, comme le bruit d’un coup de tonnerre  brisant un silence d’or. Pourtant il n’y avait pas le moindre nuage à l’horizon, pas le moindre blizzard. Ce coup de semonce fut suivi d’un autre, le ciel semblant à un endroit comme se fissurer. D’un seul coup une grande colonne de lumière vient frapper le sol, le faisant trembler et détonner encore plus fort. La lumière disparut aussi rapidement, le calme plat revenant dans la toundra. Excepté la horde d’animaux que ce phénomène venait de paniquer. A l’endroit où la colonne venait de frapper, un creux fumant dans le sol se dessinait, et une plainte de douleur déchira l’air. J’étais là, dans le cratère, presque brûlée par le portail et le scellé brillant sur ma peau me déchirant les chairs. Je hurlais de douleur, car tout mon corps semblait à l’agonie. Qui avait créé les runes d’invocation de ce portail ? Qui pouvait avoir fait un travail aussi monstrueux que grossier ? Un portail, c’est tout un art, et la moindre erreur pouvait avoir de graves conséquences sur la personne l’utilisant. Peut-être que cela avait été fait exprès pour moi, je n’en savais rien. Quoi qu’il en soit, je me sentais vide de toute énergie, le corps perclus de douleurs brûlantes et me lacérant les entrailles. Je pouvais sentir le sang dans ma bouche, mes poumons suffoquer et manquer d’air. J’avais tellement mal, que je ne sentais même pas les morsures du froid sur ma peau. J’avais mal… j’étais en colère… Je bougeais à peine, tentant de me relever sans succès. Tremblante, crispée par la douleur, je réussi à me tourner sur le dos, pour voir le ciel. Un grand ciel qui se noircissait, pur et constellé des premières étoiles de la nuit. Là, sous cette vue imprenable, je réussi enfin à reprendre mon souffle, pour hurler à plein poumons ma haine, ma douleur, et mon chagrin.

Je ne sais pas combien de temps s’était passé. Avais-je perdu connaissance entre temps ? S’était-il passé des heures, ou seulement quelques minutes ? Quoi qu’il en soit, je réussi à reprendre emprise sur moi-même, pouvant à présent faire face avec plus de lucidité sur ma douleur physique et ma situation. La souffrance devenant enfin supportable, j’eu la force de me relever pour voir les alentours. Bien que tout mon corps fut en protestation, je me fis violence et réussi à m’asseoir. Tout était très plat autour de moi, très froid, un peu de neige au loin sur des collines. J’étais trop épuisée pour utiliser ma magie pour repérer les traces de vies aux alentours. Où étais-je ? Dans un monde abandonné, peuplé d’être sauvages ? Je l’espérais. Au moins, ce sera toujours plus accueillant que chez les Haut Dragons, et plus divertissant. Il me sera plus facile de m’apaiser en ce lieux qu’entourée d’une civilisation trop semblable à celle que j’avais fui. Cependant, une première urgence s’imposa à moi. Entre mes lèvres tremblantes et craquelées par le froid, un souffle d’air éraillé par ma voix rauque s’échappa.

" Faim… Chasser… "

J’avais faim. Très faim. C’était l’une des conséquences d’une telle utilisation de la magie chez moi, qui devait être compensée par un apport nutritif important. Elle seule ici n’était pas un problème. Chasser en terre sauvage, je savais le faire, et je l’ai toujours fait. Ma seule crainte était de ne pas trouver de proies convenables avant que je ne tombe de fatigue ou de froid. Car bien que mon corps soit capable de tenir face à des températures très faibles, j’avais mes propres limites sous ma forme humaine. Je me relevais donc, titubant légèrement, et sortis du cratère pour me diriger d’un pas lent et chancelant vers les collines sombres. La nuit tombait, et c’était l’heure des prédateurs. Avec de la chance, l’un d’entre eux tombera sur moi, et deviendra mon repas. Avec de la malchance, autre chose me tombera dessus…
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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Sam 26 Mar - 17:56

Dans une tente de peaux teintée d'obscurité, une forme se lève faisant légèrement tourner l'attrape qui oscille au dessus de sa couche. Quelque chose à son oreille a rompu ses rêves. C'est la terre elle-même qui gratte à la porte de sa conscience, elle chuchote des mystères que seul lui peut entendre. Un monstre est arrivé au loin. Une gerbe de puissance et de malheur. Elle a brisé le flux tellurique. C'est une abomination ; elle ne devrait pas être là. La toundra la ressent comme une anomalie, une présence qui ne devrait pas être là. L'homme se lève et s'habille pour quitter sa modeste loge. Dehors la neige glisse sur la peau de Váli. Le froid le touche sans le traverser. Les épines du gel ne peuvent se planter dans le corps aguerri des elfes sauvages. Le clan a retrouvé son emplacement d'automne depuis quelques jours à peine. Il faut qu'il aille voir ce problème. Il faut qu'il sache si cette forme représente un danger pour la tribu. Armé d'une sacoche avec assez de vivres pour quelques jours et de ses armes, le chef elfe siens pour s'enfoncer sous la neige qui bloque la vue. Passant devant l'un des gardes du camp, il lui explique qu'il ne reviendra peut-être pas avant quelques jours et le charge de transmettre l'information. Puis, il ne reste plus qu'une étendue de glace face à lui. Guidé par son instinct et les mots de sa terre, Váli s'en va au loin à la rencontre de ce présage annoncé. La lumière crépusculaire teinte le monde entier d'un couleur orangée, la seule lumière qu'on jamais vu les Elfes Sauvages. Le soleil ne tombe jamais sous l'horizon à LjósaEndirinn. Dans l'air, les ombres des flocons jouent de formes fantasmagoriques à dessiner sur les buissons mourants. Seule une silhouette brave les éléments.

Alors que Váli approche, une autre impression vient s'agiter à celle qui le guide, c'est comme une tension, un poids sur ses épaules, c'est le danger qui se trame dans le dos des dangers. Le seigneur sauvage sait dès lors que son action ne se déroulera pas tranquillement. Pourtant, il en ignore encore la cause. La lumière pourprée avait déjà tourné de plusieurs degrés depuis qu'il avait quitté son camp. S'il n'avait pas été natif de ces lieux, il n'aurait sans doute jamais pu se repérer sous cette neige qui n'avait pas cessé de tomber. En automne, les vents du Nord-Ouest poussaient des fragments de mer et de banquise à travers les nuages. Les terres crépusculaires se couvraient alors de neige. C'est pour éviter de se retrouver prisonnier de la banquise qu'ils habitaient en été que le clan avait quitté le nord pour son camp d'automne et l'Elfe Sauvage ne désirait pas se retrouver forcer d'annoncer à sa famille de bouger alors que les neiges venaient à peine de commencer. Elle ne finiraient sûrement par cesser que dans quelques semaines, d'ici-là, le clan devait utiliser ses forces à bon escient, afin de chasser les animaux aveuglés sous cette poudreuse. Bientôt, ils allaient commencer leur hibernation et le clan devrait partir de nouveaux pour rejoindre les hautes taiga plus au sud, là où il y avait encore trop de prédateurs en automne.
Des traces visibles se mêlèrent alors aux indications des pierres : des traces de sang presque recouvertes par la neige témoignant de la mort subite d'une famille de lagopède. L'Elfe sauvage invoqua rapidement une courte prière pour détourner la colère des esprits de sa personne qui n'avait fait qu'en découvrir les traces. Visiblement l'anomalie qu'il traquait avait faim. L'habitant des plaines gelées s'abaissa alors et se mit vraiment en chasse, camouflant ses pas et son apparence selon les règles que les chasseurs du clan se transmettaient de générations en générations. Le faible relief des collines permettait d'autant mieux de se dissimuler aux yeux des autres prédateurs et surtout à ceux de son Anomalie. Celle-ci semblait s'être trouver un refuge sous la neige, visiblement l'ancien terrier d'une énorme bête. Elle devait sans doute être en train de dormir désormais, l'elfe sauvage allait devoir attendre qu'elle se montre pour pouvoir l'assommer et ainsi étudier plus en détail la menace que la créature inconnue représentait. À pas de loup sur la neige, Váli s'avança à contre-vent du terrier. Puis, une fois qu'il fut arriver près de la demeure de l'inconnue, il s'installa à coté, à même la neige, laissant à son tour la neige éternelle l'ensevelir et la lumière vermillon sempiternelle colorer le factionnaire qu'il était désormais au couleurs pâles du monde environnant. Pourtant, l'oeil attentif était vif et il se tenait prêt à surprendre son invitée alors qu'elle sortirait finalement.


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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Dim 27 Mar - 13:39

Alors que je marchais dans la neige, luttant contre le froid et le vent mordant, mon esprit s'embrumait. Cerillion, qui ne m'avait pas quitté, s'éveilla de sa torpeur et se répandit sur mon corps, pour me protéger. Je n'avais pas mes ailes, ni mes cornes, mais au moins la queue artificielle et le masque sur mon visage pourraient m'être utiles. Je ressemblais à un monstre blanc, un lézard habillé presque comiquement de lambeaux de vêtements. Car la violence du chox avait endommagé ma tunique de prisonnière, m'offrant encore moins de protection contre l'environnement difficile.

J'avançais, et vis au loin des sortes de perdrix des neiges. Ne réfléchissant pas, agissant comme un animal sauvage, je bondissais vers eux pour les chasser. Je n'en fis qu'une bouchée, les tuant sans trop de difficulté. Je les dévorais cru, le goût du sang excitant mes sens et me redonnant un peu de force. Mais c'était bien loin de ce qui me suffirait pour me remettre. Ce petit en-cas, dont il ne restait plus que des traces de sang par terre et des plumes éparpillées, était juste bon pour me mettre en appétit. Ma besogne terminée, comme un animal je levais la tête vers le ciel et humait l'air. Je cherchais des odeurs des preuves qu'un repas pas trop lointain sois présent. Je devais économiser mes forces un maximum, ne les utiliser que pour chasser. Je repris mon chemin, mon instinct me poussant à me diriger vers des collines un peu plus enneigée. Je fus bien aise au bout de mon chemin, bien que je ne sache combien de temps cela m'a pris, de trouver au moins un abri. Il y avait une sorte de caverne, visible dans la neige. Une odeur forte de prédateur se faisait sentir. Elle était sans doute habitée. Par quoi ? Aucune idée, et ce n'était certainement pas quelque chose dont je me souciais. Au contraire, cette odeur ne fit que raviver ma faim et mon instinct de chasse. En temps normal, j'aurais sans doute évité le conflit. Mais là, peut importait ce qu'il y avait dedans, il sera mon prochain repas.

Je rentrais dans la grotte, enfin petit grotte assez basse, et rencontra en effet son locataire. Cela ressemblait à un genre de gros blaireau, mais de la taille d'un grand loup, avec une fourrure grise et de grandes griffres recourbées. La bête, n'aimant pas être dérangée, se défendit. Bien entendu, le résultat était inévitable et prévisible. Elle mourrut, et je me repaissais de sa carcasse chaude. Cette chaleur me raviva, ma'idant à reprendre un peu plus mes esprits. Je mangeais toujours comme une bête, mais j'eu la présence d'esprit d'épargner une petite partie de la carcasse ainsi que de séparer la fourrure du reste. Après mon repas, je tombais dans une sorte de somnolence bienfaisante, mon corps se réparant grâce à la viande et les os consommés. Je restais à me reposer un moment, la peau encore sanglante sur moi pour conserver un minimum la chaleur. Je ne m'endormais pas vraiment. J'étais plutôt... dans un état végétatif, les yeux ouverts à regarder l'entrée de la grotte, à écouter le vent souffler. Mais mon corps à part ça ne bougeait pas d'un centimètre. Je réfléchissais de nouveau, maintenant que je me sentais mieux. Où étais je ? Etait ce un monde totalement abandonné ? Que faire après ça ? Je me demandais si je ne devais pas chercher une terre un peu plus clémente et moins rude, mais la direction à prendre ... Peut être devrais je suivre un troupeau de proies qui, avec de la chance, vont migrer. Etait ce l'hiver ici ? Est ce que le temps allait être encore plus rude ? L'idée de rencontrer des gens n'était pas vraiment pour me plaire. Je préférais, pour mon propre bien être, rester seule, à vivre comme la bête que j'étais. Du moins, pendant un temps, pour que la colère se calme quelque peu. C'était toujours en période difficile que je régressais à un état plus primaire, mais qui était grandement salvateur. Ne se soucier que de sa survie, rester contemplative des choses... C'était bien reposant.

Je réfléchissais à tout ceci, pendant au bien être que d'être débarrassée des Haut Dragons et de toute cette Triade, quand je sentis une présence et un mouvement autour de moi. Je me relevais vivement, pour voir... La tête d'un de mes habaek, me fixant. Ce dragon-serpent, cet esprit de l'eau et de la glace, était devant moi, me regardant. J'étais totalement surprise, moi qui ne l'avait pas appelé. Il n'était pas bien gros, de la taille d'un chien, mais sa présence me fit chaud au coeur. Cela faisait longtemps, depuis mon emprisonnement en fait, que je n'avais vu cet esprit, cet allié et compagnon de toujours, fidèle parmi les fidèles. Presque pleurant, je me jetais sur lui pour le prendre dans ma tête. Il fut surpris, mais se laissa faire, frottant légèrement sa tête épineuse de glace contre moi. Et pour la première fois depuis mon arrivée en ce monde, je parlai. Ma voix était quelque peu éraillée, faible, mais pleine d'émotion et de soulagement.


"Habaek... Te voir me remplit de joie. Tu m'as manqué...Ô fidèle parmis les fidèles, le Premier et le Dernier..."

Je me mis à véritablement pleurer, laissant aller mes émotions refoulées. Il était, en effet, le premier à m'avoir jamais suivis, et est le dernier à le faire. Un esprit de confiance, protégeant, rassurant, courageux. Je restais quelques longues minutes ainsi, ne le relâchant qu'une fois que mes larmes gelées finissent de couler. Je me relevais un peu, le regardant avec un sourire et trouvant du courage et de la confiance. Il n'avait pas besoin de parler pour que je le comprenne, et l'inverse était vrai. Est ce que ma détresse silencieuse l'avait appelé ? Sans doute. Maintenant qu'il était là, les choses allaient être plus faciles. Je me détournais de lui, pour regarder la carcasse. Même si j'avais un peu mangé, il me fallait plus de force et chasser à nouveau. Je ne pouvais m'épuiser à poursuivre une proie, celle ci devait venir à moi. Et rien de tel que de tenter les prédateurs du coin pour venir à moi. Je me mis en action, mettant de côté quelques restes. La peau, je commençais à la nettoyer. Elle était plutôt épaisse, et je mis un peu de temps à racler les dernier morceaux de chair. Cela me fatigua plus que ce que je pensais, ravivant cette faim bestiale qui me taraudait. Une fois la peau nettoyée, je me la jetais sur le dos, me protégrant ainsi un peu. J'arrivais à accrocher les pans avec des fils et des crochets de glace. Ce n'était pas de la haute couture, c'était certain, mais ça tiendra le temps que ça tiendra. Avec ça sur le dos, ma peau partiellement recouverte de mon armure blanche, les reste de ma tunique déchirée, ma queue artificielle qui dépassait, je ne ressemblais à rien. Une fois cela fait, il fallait se mettre en route. Je commençais à sortir, voyant ce qui ressemblait à une sorte d'aube. Le ciel légèrement orangé, la grande plaine gelée... Debout devant l'entrée, j'enlevais un instant le masque de Cerillion pour sentir le vent glacé sur mon visage, et découvrit ma tête. Je regardais au loin, pensive et un léger sourire aux lèvres. Mais le regard définitivement triste. Habaek était juste à côté de moi, me regardant avec surprise en se demandant pourquoi je m'étais arrêtée. Je me mis à parler, à nouveau, autant à Habaek qu'à moi même.

" C'est magnifique...Cruel, dur, impitoyable, mais d'autant plus grandiose. Peut être que c'est là que je devrais rester... Mais nous verrons plus tard. Encore une chasse, et nous verrons ce que nous ferons. Allons y, et oublie pas de prendre la carcasse."

Je regardais Habaek qui gronda de contentement et pris les restes sanglants dans sa gueule. Je sortis enfin de la grotte, voulant longer la base des collines, en espérant que l'odeur de la carcasse que je traine soit entrainée par les vent, et me ramène des proies dignes de ce nom. Cependant, je n'avais en rien remarqué qu'il y avait déjà un danger présent à l'entrée de la grotte, tapis en embuscade et invisible à mes yeux. Trop confiante et omnibulée par cette faim, je ne réfléchissais pas et n'agissais pas comme je l'aurais dû...
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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Dim 27 Mar - 17:49

Sous le blizzard, l'elfe sauvage prit son mal en patience. Sa quête était plus importance, son clan l'attendait. Ignorant la neige qui finissait lentement de l'enfouir comme la dame des glaces qui crée un bonhomme de neige. La lumière orangée se perdait de plus en plus, caché derrière les flocons qui tombaient de plus en plus épais. Le froid, comme une ombre cruelle étranglait le soleil de l'horizon ; il s'enfonçait à travers les chairs solides ; il tuait le moindre son, lui substituant des souffles ravageurs. Les buissons courts, les mousses qui n'avaient pas déjà gelé, prisonnières jusqu'au printemps, perdait finalement leur liberté, tombant les armes face aux vents du nord. Malgré cette torpeur douloureuse qui cherchait à s'emparer de tout, un esprit demeurait cependant vif, aux aguets, les muscles tendus, prêt à s'abattre. Pourtant la neige ignorante tombait encore.

Lorsque l'anomalie se décida enfin à sortir, l'elfe était prêt. La pierre, sa terre, un adjuvant bien utile, lui murmurait à l'oreille la position de son hôte imprévue. Lorsque la créature inconnue s'arrêta devant l'entrée, le chef d'un clan se demanda si elle allait effectivement sortir. Finalement, ce fut effectivement le cas. Il y eut un mouvement léger, les éclats blancs de poils ou d'écailles sortant de la tanière et avant que la lumière ne put se faire : un immense coup. Váli bondissant sans pouvoir être empêché par la neige légère, abattit sa hache meurtrière par le coté non tranchant, un coup visant à assommer mais qui aurait sûrement pu briser l'os d'un petit animal trop fragile. Il ne vit que trop tard les cheveux blancs, le regard clair de sa victime. Le coup toucha son but avec un grand fracas que la neige se hâta d'étouffer en une bourrasque gelée. Il toucha au but ? Pas tout-à-fait. Un forme de glace, à l'apparence fragile et au cœur dur s'était interposé. La hache lui avait causé de grandes fissures à l'endroit de l'impact. Nul doute que si la hache avait été tournée dans l'autre sens, celle-ci l'aurait traverser de part en part pour se s'arrêter que dans le corps de l'agréable inconnue qui lui faisait face désormais.
Il aurait été dur de dire lequel des deux était le plus stupéfait. L'elfe sauvage qui s'attendait à un monstre dont la menace devait être estimée ? Le dragon blanc, fatiguée, affamé aux traits tirés ? Peut-être fut-ce l'Habaek fissuré. Váli croyait voir une apparition. Ses cheveux blancs se brillait que davantage avec l'éclat orangé ténu de la lumière de l'aube éternelle. Ses yeux bleus éblouis, aspergés de rayons de soleil, étaient presque d'un indigo clair comme le ciel vespéral du sud. Derrière elle surtout, il y avait cette queue blanche écailleuse. Un appendice qui n'était pas anthropique, pas elfe, à moins bien sûr d'être une image de leur sang de fey. Cette vue rappela de nombreux souvenirs à Váli, comme une immense rétrospective. Il était né avec ces cornes minérales. C'était le signe de son héritage du monde. Pour ce symbole, dès sa naissance, il avait été considéré comme le futur chef, choix qu'avait fait la terre et le sang. Cette simple particularité avait sculpté le reste de sa vie. Pour cette raison, il avait été envoyé apprendre la magie auprès d'un chaman de passage, il avait dû porter le poids de cette responsabilité qui l'avait rendu à jamais seul. Bien sûr, il avait déjà rencontré d'autres elfes sauvages bénis comme lui mais cela n'avait été jamais pareil que cette rencontre, là-bas, sous la neige, au milieu de contrées sauvages. Un instant, Váli se vit revenir avec cette inconnue. Il se demanda ce que pourrait être la vie à ses cotés. Il eut envie de veiller et de combattre avec cette pâle jeune fille qui lui faisait face.
Il s'approcha, mit sa main sur le cœur. Rien n'aurait pu étouffer l'allégresse qui l'envahissait à ce moment. Il avait rencontré une personne qui lui était semblable. Il la saluait, il l'invitait à le rejoindre. Il lui parlait en riant un peu de son clan. Il voulait montrer ces yeux clairs à tous ceux qu'il connaissait. Pourtant, les yeux qui lui faisait face ne pouvait rien comprendre des noms qu'il prononçait d'une voix heureuse. Elle ne le pouvait parce qu'elle n'était en rien ce qu'il pensait qu'elle était. Se souvenant qu'elle avait faim, Válisortit précipitamment de sa sacoche des morceaux de viande séchés et les mit dans la main de celle qu'il avait trouvé. Enfin, essoufflé, l'elfe sauvage termina sur une dernière invitation à le rejoindre dans son clan, à le suivre. Il cherchait des signes d'appréciation et peut-être un peu d'infection dans ce visage qui lui faisait face. Il n'arrivait en fait pas vraiment à décrypter ce visage blanc. Pourquoi ne répondait-elle pas à son sourire ?


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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Dim 27 Mar - 19:07

Nous avions à peine avancé, qu'une ombre surgit de nul part pour fondre sur nous. Dans une réflexe je bondissais sur le côté, mais mon état faible et le froid engourdissant avaient ralenti mon geste. Heureusement pour moi, Habaek fut plus prompt et s'était interposé. Le Fidèle parmi les Fidèles n'avait pas failli. Et pour cause: une grande hache avait rebondis sur sa carapace de glace. J'étais étonnée que l'esprit soit resté en un seul morceau, celui ci restant faible et plus fragile que d'habitude. Surprise et sur mes gardes, je faisais face à ce qui nous avait attaqué, Habaek feulant et s'interposant. Devant nous, une personne très grande, à la peau qui semblait bleutée et possédant des cornes. Un autocthone ? M'avait il suivis jusqu'ici ? Etait un démon ? Il y ressemblait en tout cas, mais ses traits étaient très fin et il avait plutôt belle figure sous la lumière tamisée de l'aube. Une beauté bien dangereuse. Cependant, cet être semblait aussi surpris que nous. Nous nous regardions en chien de faïence, chacun arrêté dans notre geste. Il y eut un court silence, mais je me tenais prête. Je n'étais pas en état de combattre, Habaek allait être mon seul espoir. Sur la défensive, obligeant Habaek à attendre mon ordre avant d'attaque, je fus cependant encore plus interloquée par la réaction de cet être bleu.

Il sembla se détendre, et s'approcha en baissant sa garde et se mettant à parler. Je ne comprenais absolument rien de ce qu'il disait. Sa langue m'était inconnue, mais les tonalités ressemblaient à de l'elfique ou du language des démons, que j'avais déjà entendu dans d'autres mondes. Je le regardais, toujours aussi sidérée et interdite, à le regarder avec des yeux de merlan frit et une expression de méfiance sur le visage. Il parlait avec chaleur, ses yeux brillant d'une amicalité toute singulière. Il devait penser que j'étais quelqu'un de sa race, ou autre. Habaek avait failli bondir de nouveau sur lui quand il s'était approché, mais un ordre mental l'obligea à rester sur ses positions. Le local souriait, riait même presque. Je restais là, sans rien dire, à peine écoutant et cherchant surtout une solution pour m'enfuir. Comment allait il réagir quand il se rendra compte qu'il s'est trompé ? Allait il encore m'attaquer ? Je devais chasser, j'avais faim, et je n'avais plus le temps. J'intimais mentalement mes ordres à Habaek, quand l'être bleu fouilla subitement sa saccoche pour en sortir... de la viande. Il s'avança pour me les donner, mais je fis un pas en arrière et Habaek feula tout en s'interposant, claquant sa machoire de manière agressive. L'homme bleu avait finit par s'arrêter de parler. Il resta là, à attendre une réponse. Je ne pouvais m'empêcher d'être gênée de ne rien comprendre. Mais j'étais terriblement tentée par la viande. Il y en avait peu, mais je ne pouvais trop faire la fine bouche. Je ne savais pas quoi faire. Je pesais le pour et le contre, mais ne trouvais rien de vraiment satisfaisant. Comment allait il réagir quand il se rendra compte que je ne suis pas ce qu'il doit espérer. Sera t'il toujours aussi amical, ou m'attaquera t'il de nouveau. Je plantais mon regard clair dans le sien, brillant d'espoir, et soupirais. Je devais faire honneur à son bon geste. Je me mis alors lui parler, d'une voix lente en pesant bien les mots. J'insistais sur mon ton, pour essayer de lui faire comprendre par ma voix triste et fatiguée que j'étais navrée. Je ne pensais pas qu'il allait comprendre la langue commune que je parlais, mais peut être que l'émotion sera communicative.


"Je suis désolée, je ne comprends pas ce que vous dites. Si je vous ais fais peur, j'en suis navrée et m'en excuse. Et je m'excuse aussi, de ne pouvoir répondre à ce que vous attendez de moi..."

Cette affaire me fatiguait réellement, physiquement et moralement. J'entendis mon ventre gronder légèrement, luttant contre la faim, et je palis un peu plus. Le mal de tête revenait, toute cette tension et cette surprise m'avaient épuisés. Comment allait il réagir maintenant ? Allait il m'attaquer, me capturer ? Ou me laisser en paix ? J'étais sur le qui vive, à attendre sa réaction, m'attendant cependant à une déception ou une surprise. Maintenant, la balle était dans son camps.
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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Dim 27 Mar - 21:29

Pourquoi ne répondait-elle pas ? C'est la question que ne cessait de ressasser Váli alors que le vent s'engouffrait entre les deux. La neige continuait de tomber dessinant des formes dans les éclats solaires. Le seul son qui résonnait encore se résumait aux feulement cristallins de l'étrange compagnon de l'inconnue. D'ailleurs, maintenant que l'elfe sauvage y regardait davantage, il ne pouvait que s'étonner de l'apparence de ce compagnon qu'il n'avait jamais vu. Ses écailles semblaient être fait à partir de la glace-même, d'ailleurs elles ne portaient plus aucune trace de l'attaque qui leur avait été assenée. Semblable à une espèce de serpent géant, de sa tête sortait des piques. Jamais Váli n'avait vu de telle créature. Cela ne faisait qu'animer un feu secret de crainte qu'il s'abstenait d'extérioriser. Il tentait de se faire croire à lui-même qu'il n'y avait pas de problème tandis qu'il se rendait de plus en plus compte que des éléments clochaient. On aurait dit que son idylle s'éloignait, que son rêve devenaient ternes, vides. La seule choses qui le retenait encore c'était ce regard clair, pur, qui ne pouvait le tromper, sans doute pas. Lorsqu'elle ouvrit enfin les lèvres, Váli aurait presque eu envie de l'empêcher de prononcer le moindre mot, de peur de ce qui allait en sortir. Il aurait eu raison car cette douce et lente bouche délivra un message qui n'était pas dans la langue qu'avait espérer Váli. L'inconnue parlait la langue du Sud, le Commun. Cela n'aurait pas dû être ainsi. Par son aveu d'incompréhension, elle extériorisait ce que Váli ne voulait pas : elle n'était pas une elfe sauvage, pire car elle n'était sans doute même pas une habitante d'Eilífth. Sans doute était-elle d'une espèce bien différente de celle des elfes, une tellement rare que personne n'en a jamais entendu parler. Comment avait-il pu être aussi stupide ? Váli ne pouvait cesser de se fustiger mentalement ; il s'était complètement enfoncé dans ses rêveries sans égard pour la réalité. Dans d'autres circonstances, un tel acte aurait signifié sa mort.
L'œil qu'il posait sur cette personne était désormais plus froid et plus simple. Cette inconnue avait pénétré sur ses terres. De toute évidence, elle était perdue et affamée. Elle ne ferait pas de vieux os, ici. Elle pourrait sans doute se défendre mais elle ne résisterait pas aux vagues successives et incessante de prédateurs. Dès qu'elle en aurait tué un, elle deviendrait l'ennemie intime de tous les autres et le sang attirait tout ce que les neiges peuvent contenir de dangereux à elle. À s'agiter, elle ne ferait que resserrer les fils d'un pièges invisibles autour d'elle, elle attirerait peut-être de telles créatures que même le clan ne pourrait en venir à bout. Elle l'avait trompé mais ce n'était pas volontaire. Elle risquait bien plus qu'elle ne semblait le croire à rester. Il devait l'aider.

« Mange déjà cela, tu sembles être affamée, tu en as besoin. »

Il avait cette fois-ci parlé en Commun assez compréhensible bien que son accent du nord soit très fortement marqué. Il lui tendait alors les morceaux de viande qu'il avait dans sa besace. Elle aurait besoin de cela pour faire tout le voyage jusqu'au clan. D'ailleurs :

« Te sens-tu capable de marcher ? Mon clan habite loin d'ici. Là-bas, nous pourrons nous protéger et avoir de quoi manger et boire plus décemment. À rester isolés ainsi, seule la mort nous attend. Sans connaître les Terres des Neiges, tu es perdu. »

Voyant que sa future hôte ne bougeait pas et que le serpent tentait encore de les protéger. Váli se dut alors d'insister plus en avant. Si la pâle inconnue avait perdu son chemin dans les terres du nord, elle devait sûrement désormais vouloir retourner au Sud, ayant rassasier ses envies inconséquentes de tourisme intempestif.

« Vous n'avez pas à vous inquiéter. J'ai appris à parler la langue du Sud comme vous pouvez le voir. Si vous le souhaitez, des caravanes de passage pourront sans doute vous ramener là-bas, chez vous, dans le Sud. En attendant, il est plus sûr pour vous de demeurer avec notre clan. Ne vous inquiétez pas, vous ne serez pas obligée de respecter des rites sauvages ou même de travailler comme tous les autres. Je connais les gens du Sud. »

Alors qu'il prononçait cette dernière phrase, sa voix avait presque quitté les tonalité froide pour laisser place à une certaine distance. L'elfe sauvage, bien que respectueux, n'était plus la personne accueillante qu'il avait été.


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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Dim 27 Mar - 22:17

Le silence était lourd, pesant. Mes mots eurent l'effet que j'avais imaginé. Sur le visage de la personne se dessina clairement les traits de la déception profonde, de la désillusion, et d'un froid retrait. Ceci me peinait de le voir ainsi, il devait se trouver stupide, le pauvre. Mais j'avais l'habitude que l'on soit déçu de ce que j'étais, tout du moins que la réaction soit loin d'être amicale et positive. Aussi je ne le pris pas aussi personnellement que ce que l'on pourrait croire. Cependant, je fus interloquée par sa réaction. Bien qu'il fut évident qu'il était à présent froid et distant, il me répondit... dans la langue commune. J'écarquillais les yeux, affichant un air de profonde surprise, mêlée à une certaine mortification. Je ne pus m'empêcher de penser à voix haute, alors qu'il tendait à nouveau la viande.

" Vous... vous parlez la... même langue que moi ? "

Habaek voulut s'interposer de nouveau, mais cette fois ci d'un geste de la main je lui poussais la tête, pour qu'il cesse. Il couina de surprise, et s'écarta légèrement. Je m'étais avancée vers lui, un peu timidement. Mais dans ma tête, ce n'était que réflexion et panique. S'il parlait cette langue, c'est qu'il devait y avoir des membres de la riade dans ce monde! Non, impossible... ils ne m'auraient pas envoyer là où je peux causer du tord à al Triade. A moins que... ce ne soit une ancienne colonie. Oui, ce doit être ça, la seule explication logique. Un ancien monde oublié, où la colonisation s'est éteinte il y a longtemps, mais la langue est restée. La personne devant moi continua de parler, me demandant si j'étais capable de voyager. Il m'offrit l'hospitalité de son clan, mais le voyage long qu'il proposait n'augurait rien de bon pour mon état. Il y avait plus de chances que je sois un fardeau, que je le mette en danger, et que je perde inutilement des forces. Habaek voulu de nouveau s'interposer, alors que j'étais en pleine réflexion. Je le laissais revenir, sachant qu'il n'allait pas lui faire du mal mais simplemen mettre de la distance. Voyant que je n'étais toujours pas réceptive, il expliqua plus en avant. Il parla du Sud, il devait supposer que je venais de là bas, de caravanes, de ma sécurité dans son clan. Il devait sûrement me prendre pour une petite nature, s'il pensait que des corvées m'effrayait. Et je n'avais aucune idée des rituels dont il parlait. Mon regard quittant le sien pour se porter vers l'horizon orangé, je finis par répondre, toujours un peu pensive.

" Le Sud... Si c'est là que l'on parle cette langue, alors il ne faut surtout pas que j'aille dans cette direction. Ma langue est peut être de là bas, mais ce n'est pas chez moi. Je... Ici, nul part n'est chez moi."

Ces mots avaient été dis avec tristesse, mais une tristesse qui semblait blasée, habituelle. Je ne m'attendais pas à ce qu'il en ait quoi que ce soit à faire. Ce n'était pas non plus un appel à la pitié et à la compassion. Juste un fait. Je me repris néanmoins, le fixant à nouveau, avec plus d'aplomb dans le regard.

" Merci pour la nourriture, et votre proposition. Cependant je ne suis pas en état de faire un long voyage. Je suis.... trop faible, le corps trop brisé et la faim trop tenante. Je dois me nourrir de manière importante, je dois..."

Je secouais la tête, portant un instant ma main à ma tempe. Ce mal de crâne, rien de bon... Je semblais revenir cependant un peu plus à moi, sortant de cette espèce de torpeur contemplative. J'avais pris ma décision. Je ne pouvais le suivre, c'était trop dangereux. Pour moi, et pour lui. Je devais m'en tenir à mon premier plan, retourner à un état sauvage et me nourrir, quitte à prendre ma forme dragon. Être avec des gens, dès maintenant... c'était trop tôt, j'étais trop faible, trop instable, trop vulnérable. Je me sentirais bien plus en sécurité entourée de bêtes sauvages que de la société. Je le fixais toujours, et enchaina avec une voix plus ferme et décidée.

" Si ce pays est celui de la Mort, qu'il en soit ainsi. Je ne serais qu'un fardeau, et je dois... faire avec mes méthodes. Merci encore, pour votre hospitalité. Gardez vos provisions, car elles doivent servir au chasseur qui les porte, et non à un potentiel futur cadavre. Je suis... un Monstre, une paria, qui doit rester à l'écart autant que possible et laisser la Nature décider. Cet endroit... semble être approprié pour moi. Que ces Terres des Neiges, comme vous les appelez, soient mes juges."

Je finis en lui souriant avec plus de douceur, mon regard se posant sur lui avec bienfaisance et reconnaissance. Il avait été des plus honorables de m'offrir l'hospitalité. Malheureusement je ne pouvais le suivre. J'en avais décidé ainsi, et j'étais plus butée qu'une tête de mule. Je finis par une dernière remarque, un dernier salut, souriant avec plus de franchise.

" Peut être nous nous reverrons nous, ou bien jamais. Je vous suis reconnaissante de votre geste, je n'oublierais pas..."

J'inclinais la tête, en signe de respect, et me détournais. En effet, je m'imposais un nouveau jugement, et peut être que j'avais envie de mourir. Ceci ne m'étonnerai pas de le souhaiter inconsciemment. Après tout ce qui m'étais arrivé, j'étais lasse, et n'avait goût à rien. Revenir à l'état brut de la survie, peut être était ce là ma rédemption, ce qui allait me guérir de ce qui me ronge de l'intérieur ? Je fuyais, remettais ma vie entre les mains des éléments et de la chaine alimentaire. Ce local me prenait suremenr pour une folle, une inconsciente. Mais l'étais je réellement ? Qui sais. L'avenir me le dira, si je survie et que je le croisais à nouveau, je lui dirais...
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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Mer 30 Mar - 19:11

À la remarque qu'il venait de faire, Váli s'étonna de ne pas avoir à faire face à plus de réaction. Ses mots semblait avoir mis la jeune femme dans une sorte d'attitude pensive. À vrai dire, l'elfe sauvage était assez content d'avoir réussi à la mettre dans une telle situation. Cela signifiait que cette sudiste n'était pas tout-à-fait une cause perdues, qu'elle pouvait réfléchir à propos des erreurs qu'elle avait déjà faites. Ce genre de réflexivité était une chose et plutôt un bon signe. Pour autant sa réponse fut bizarre. Elle semblait renier l'endroit d'où elle venait, ne pas avoir de maison. Váli comprit immédiatement de ce à quoi elle faisait allusion : une paria. Cela arrivait aussi de temps en temps dans les tribus du nord. Les criminels pouvaient être exilés. Pour leur clan, ils étaient alors réduits au même rang que celui d'un animal. S'il s'avisait de venir sur leur terre, il serait impitoyablement chassé. Certaines tribus mangeaient leurs bannis pour éviter que les ressources qu'elles avaient investi en eux soit dilapidées dans la nature, d'autres les excluaient seulement pour une durée déterminée après quoi ils revenaient souvent pleins d'excuses et de larmes, s'ils avaient réussi à survivre cependant. À la mémoire de Váli, jamais aucun exil n'avait été fait dans le clan de son vivant. Le chef de clan ne comprenait pas vraiment ce qui pouvait pousser à ce genre d'extrémité. Il fallait avoir mal élevé des enfants pour que des monstruosités arrivent, même les elfes du sud étaient assez civilisés pour éviter ce genre de problèmes globalement. En fait, que son inconnue n'aie plus nul part où aller le satisfaisait presque. Avoir une personne en plus ne serait jamais un mal, quel que soit ses mœurs. La fausse elfe aux cheveux blancs semblait vigoureuse et avait des hanches larges, elle pourrait tenir le poids d'une vie dans une tribu normalement. Bien qu'il ne se le serait jamais avoué à lui-même Váli était assez heureux d'avoir la possibilité de ramener une si jolie personne avec lui, comme un sentiment d’exhaustivité. Pour autant, il gardait la même expression sérieuse, écoutant la porteuse d'écailles.
Pour autant lorsque la future hôte du clan se mit en tête de partir, Váli eut du mal à se contenir face à elle. Cela n'avait pas de sens de se traiter de monstre de vouloir partir seule, de parler de jugement de la nature. La Nature prend et donne ce qui lui vient. Elle n'a aucun rapport avec l'ordre ou la justice. La Nature ne fait que réagir de façon plus aléatoire que primaire, sans forcément de conscience de son propre intérêt. La Nature n'est pas une justice, la Nature est, simplement. De l'avis de l'impassible seigneur du nord, la jeune fille avait surtout besoin de quelqu'un pour la secouer, pour la faire se réveiller de ses rêveries qui tentaient de la projeter sous la neige gelée. Le blizzard mange les gens. Il se fiche de qui est qui. Il se moque de la solidité des arbres. Le blizzard n'est que l'incarnation de la puissance du froid. Elle recouvre tout, les peines, les bonheurs, les vies, pour ne laisser qu'une couche blanche, immaculée, pure ; une pureté qui cache la mort et n'a rien d'enviable.
Son regard était pourtant si doux. L'errante n'avait pas conscience de l'inutilité du risque auquel elle s'exposait. Elle n'avait en tête que des idéaux. Justice ? Jugement ? Expiation ? Tout cela n'est que des mots du Sud, des mots inutiles créés pour représenter des réalités qui n'en sont pas. Ce sont des faux-problèmes, de fausses fascinations. La mort d'une ignorante égarée ne résoudra jamais une erreur dans l'ordre d'une communauté. C'est parce qu'ils l'ont oublié que les gens du Sud punissent. Punir ne sert à rien. Seul la survie du clan compte ainsi que ce qui peut servir à cette survie. Dans ce cas, si elle se trompait, pourquoi son regard était-il si doux ? Váli aurait dû la laisser partir, la laisser mourir, la laisser se suicider. Alors pourquoi le fait de la laisser lui semblait-il si douloureux ? L'Elfe Sauvage éprouvait un pincement au cœur de ne pas sauver une personne qu'il serait aisé de détourner. Pendant ce temps, elle le remerciait et se tournait pour partir. Elle était folle. Elle était inconsciente. Elle était ignorante. Pourtant...

« Ne partez pas dans cette direction. L'elfe avait couru pour la rattraper. De ce coté, il n'y a que le malheur et la désolation. C'est le grand ouest, le blizzard. Revenez plutôt de ce coté. C'est par là que ce trouve mon clan. Sa voix à lui aussi état douce, plus douce qu'elle ne l'avait été auparavant. Si vous avez vraiment besoin de manger, indiquez moi ce que vous souhaitez. Des plantes, des animaux, des pierres. Je sais où se trouve chaque chose de ce territoire. Je connais les lieux où paissent les troupeaux de Mégacéros. J'ai grandi sous les arbres porteurs de fruits. J'ai gravi chaque colline, pris en main chaque pierre... Indiquez-moi juste ce que vous souhaitez. »

Váli ne savait pas. Il ne savait pas comment vivait une personne du Sud. Est-ce qu'ils se lavaient ? Préparaient-ils eux-même leurs vêtements ? Savaient-ils gratter la peau d'un animal ? Cette question lui fit réaliser une chose. Son invitée était vêtu d'une peau d'animal, une peau très mal préparée. Cela fit réaliser à l'elfe sauvage que son inconnue devait vraiment être affamée pour manger ce genre d'animal dont personne n'aurait voulu de la viande mal-odorante. Il devait faire quelque chose. Esquivant le serpent de glace et saisissant le main de son interlocutrice par surprise, l'habitant des neige lui dit :

« Laissez-moi vous aider. Et en preuve de bonne fois, cela ne sera pas beaucoup mais… »

La terre s'anima dans les sens de Váli tendis que l’énergie tellurique remontant, haut, jusqu'à affleurer en lui à la surface. C'était comme une puissance froide, immobile qui traversait leur deux corps, semblant presque les en détacher. Leur regard devenait lointain, précis, comme si le monde. Les détails s'intensifiait. La violence et le mouvement des éléments leur semblait plus lent. Pourtant, l'énergie qui avait pénétré en eux n'était pas immense, mais sa différence de nature suffisait à créer ce sentiment de distance. Váli lâcha paisiblement sa main. Son expression était assurée et fière.

« Maintenant, nous pouvons y aller. »


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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Mer 30 Mar - 20:26

Je me détournais, marchant dans la neige et m'y enfonçant alors que je cessais d'utiliser ma magie de l'eau. Je devais économiser mes forces, pour chercher et trouver de quoi me nourrir. Je m'enfonçais jusqu'au genou, marchant cependant rapidement pour ne pas trop geler. Habaek m'accompagnait, jetant un dernier regard méfiant au chasseur. Mais je fis pas grand chemin avant qu'il me rattrape , m'interpelant. Je m'arrêtais, pour l'écouter. Habaek avait grondé et s'était de nouveau interposé, mais sans l'attaquer. Il disait que j'allais dans la mauvaise direction, et qu'il pouvait m'aider à trouver ce que je cherchais. J'étais étonnée de la manière si empressée qu'il avait à vouloir me convaincre de le suivre, et une nouvelle chaleur dans sa voix me fit penser à la manière dont il s'était présenté la première fois, quand je ne comprenais pas ce qu'il disait. Je regardais un moment la direction dans laquelle j'allais. L'Ouest, la plaine des Blizzards... en effet, c'était sans doute une mauvaise idée que d'aller dans cette direction. Je me retournais pour lui répondre, mais il fut plus rapide que moi. Il s'était rapidement rapproché, nous surprenant Habaek et moi. Il avait esquivé Habaek et saisi ma main. Je le regardais avec effarement et surprise, n'ayant pas le réflexe de retirer ma main tant sa présence (et sa taille) était imposante. Il dit vouloir faire quelque chose pour moi, et je ne compris pas de suite, voulant protester dans ma surprise.

" Mais..."

Cependant, je n'eus pas le loisir d'aller plus loin. Une sensation de malaise me prit, comme si un grand froid tétanisant venant du sol remontait le long de mon corps. C'était une magie que j'avais déjà sentie par le passé, la magie de la Terre. Normalement très apaisante, celle ci était plus froide que dans mes souvenirs. Mais surtout, elle perturbait grandement mon corps. Trop épuisée et à court de magie en raison du scellé et du portail, j'étais particulièrement instable dans l'équilibre de mon énergie et de ma magie. Recevoir une telle décharge de magie de la Terre fut comme si tout se chamboulait dans mon corps, et partait à volo. Je devenais non plus blanche, mais verte. Il me lacha la main, vraisemblablement fier de lui, alors que je me sentais défaillir et titubait légèrement. J serrais les dents, dardant sur lui un regard perturbé.

" Qu'est ce que vous.... Bleurgh! "

Je me pliais en deux pour vomir, mon corps n'en pouvant plus. La magie de la Terre et de l'Eau ne pouvaient cohabiter de manière paisible, et la réaction était spectaculaire. Normalement j'aurais pu isoler cette énergie de la mienne, et la convertir d'une manière ou d'une autre, mais j'étais trop faible. Je finissais à genoux, reprenant mon souffle et haletant pour lutter contre les crampes de mon estomac. De son côté, Habaek était furieux, et se mit à attaquer le chasseur. J'essayais de me relever, titubant toujours et interpelant l'être de glace et d'eau.

" Habaek, ça suffit.... J'ai dit ça suffit! "

Je finis par faire un effort assez violent, réussis à l'attrapper, tombant par terre alors que je lui tenais la tête et qu'il se tortillait dans tous les sens. Il grondait, pestait, et moi je n'avais que le poids de mon corps ainsi qu'une emprise ferme pour le maitriser. Je n'avais pas la force de faire plus. Il se calma cependant rapidement, voyant qu'il me faisait plus de mal qu'autre chose. Ses pics m'avaient un peu blessée, m'égratignant le visage en quelques estafilades. Ce n'était rien, et cela allait sûrement disparaitre dès que j'aurais manger. Le sang coulait à peine, tant il faisait froid. Je le relâchais, lui intimant mentalement de ne rien faire. Il pestait comme le diable, feulant et s'enroulant autour de moi comme pour me protéger. Mais il n'attaqua pas le chasseur. De mon côté je reprenais mon souffle, et me concentrais autant que possible pour calmer l'instabilité de la magie dans mon corps. Je regardais le chasseur, qui le pauvre ne devait pas avoir compris ce qu'il s'était passé. Je voulu le rassurer, lui expliquer que je ne lui en voulais pas et avais vu ses bonnes intentions.

" Votre nature et la mienne sont trop différente, m'avoir insufflé cette énergie... a perturbé mon corps. Mais je sais que vous avez voulu bien faire."

Je soupirais, fermant un instant les yeux. Quelle plaie, quelle sale journée. Ce local avait voulu m'aider, sans doute, mais mon état de fatigue ne rendait pas les choses faciles. Je devais à présent suivre ce chasseur, je n'avais plus le choix pour ma survie. Tout en jetant un regard à la plaine soufflante, je répondis au chasseur, pour lui montrer que je capitulais.

" Vous avez sans doute raison. Vous saurez mieux que moi où trouver à manger. Il me faut... De la viande. Beaucoup de viande. Même un gibier entier ne saurait suffire. Ha, saleté de fatigue..."

Je m'essuyais les yeux, alors que quelques larmes perlaient. De larmes de fatigue, qui gelaient presque aussi rapidement qu'elles arrivaient. Je fis signe à Habaek de m'aider à me relever, et tout en le regardant le congédiais. Il refusa, m'intimant qu'il ne lui faisait pas confiance. Mais je n'avais pas le choix. Maintenir Habaek me coutait trop d'énergie, et il dû s'y résoudre. A contre coeur, il disparut, jetant un dernier regard noir au chasseur et redevenant de la neige qui s'étalait devant moi. Je fis face au chasseur, alors que nous n'étions plus que tous les deux.

" Aidez moi à trouver de quoi chasser, je ferais le reste, Chasseur Bleu. Je... saurais vous rendre la pareille plus tard, je n'oublierai pas. Je vous suis."

J'étais décidée à survivre à présent. Tout du moins, à trouver de quoi survivre. M'exiler plus tard sur les plaines gelées, je verrais après.
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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Jeu 21 Avr - 19:34

Le souffle froid du monde encore sur les lèvres, l'inconnue sembla un instant figée. La progression de l'inhumaine puissance était visible sur son visage de plus en plus pâle à mesure que l'énergie morte glissait sur elle. Peut-être était-elle même trop pâle. Son corps semblait se mettre à lutter. Son corps fut pris de spasme, de tremblement tandis que la force minérale roulait indolente secouée par autre chose. La neige et le vent semblait presque s'être calmée au regard des événements étranges qui secouaient la femme du Sud. Váli ne comprenait pas vraiment ce qu'il se passait. On aurait dit que le corps de la jeune femme rejetait le pouvoir du sol, ce sol qui était pourtant celui sur lequel elle vivait. Elle ne put finalement articuler qu'une phrase avant de se tordre de douleur et rendre son repas sur la neige encore fine. Le sang de de sa précédente proie mêlée aux acides de se corps tenta de pourpre le blanc immaculé. Bien que le froid écrase toute odeur, il sembla même à Váli qu'il pouvait percevoir les échos amer de la chair de la créature du terrier, amertume qui faisait qu'elle était en générale évitée par les autres animaux. À travers la carcasse, les pensées de la pierre s'infiltrèrent à travers la couche encore fine et fragile de la poudreuse pour rejoindre la roche d'où elle était originaire. L'étrangère avait littéralement vomi le cadeau de l'elfe sauvage. Ce fait intrigua au plus au point ce dernier. Quelle constitution pouvait être si séparée de la nature que même son souffle était un poison ? Váli avait certes entendu des histoires parlant d'une malédiction elfique mais les victimes avaient aussi reçu une peau noire de façon à être reconnus. Assurément son interlocutrice, elle, avait la peau aussi éclatante que l'or. Son serpent gelé voulut aussitôt bondir mais la voix de sa maîtresse l'en empêcha de foncer sur mon poing déjà prêt et il se contenta alors de pester, étirant ses épais anneau autour de sa maîtresse, la griffant à la manière d'un animal qui s'agite. Si Váli s'était contenté d'agir par passion, il l'aurait suivi pour libérer son invitée des fausses écailles du monstre, cependant son instinct ainsi que l'énergie paisible en lui lui imposèrent à temps l'immobilité, l'évitant de massacrer le familier de celle qu'il cherchait à sauver. Bien lui en prit car il ignorait que ce genre de geste aurait aisément pu faire bien plus souffrir la maîtresse de la bête que la bête elle-même. Sortant se son état second et reprenant un peau de le contrôle d'elle-même, son hôte le remercia pour son geste bien qu'il aie parfaitement vu que celui-ci avait été néfaste et ce bien qu'il ne se l'explique pas. Ayant compris le danger de la solitude, celle-ci accepta même l'aide qu'il lui proposait. En signe de bonne fois, elle congédia son dangereux familier. Le chef de clan et l'exilé était désormais seul au milieu du froid, seuls avec la tempête et la froideur du sol. Il lui suffit simplement de se poser la question pour que Váli sache exactement vers où se diriger. Elle avait demandé beaucoup de viande. Enfin il doutait qu'elle put manger autant.

« Suivez-moi, silencieusement. Un meute de loup-ours ne serait que de piètre utilité par un tel blizzard. Ils sauraient utiliser parfaitement leur nombre et leur stratégie pour faire cher payer les mètres et les mort des leurs. Je vous mène à notre proie. »

Sous la neige, il sembla que le chasseur s'effaçait, si habitué qu'il était à la discrétion de ce milieu. Pour autant, il semblait faire en sorte que son hôte puisse toujours le percevoir à travers les vents opaques. Quelqu'un, sa silhouette semblait davantage se ressentir par l'instinct que se voir par les yeux. Le pas rapide obligeait les deux à faire d'autant plus attention où ils marchaient, bien que l'autre n'est qu'à glisser ses pas dans ceux du premier. La plaine désolée semblait ne jamais pouvoir s'arrêter. Les rares arbustes de branches sèches qu'ils croisaient semblaient tous avoir été achevés par l'hiver soudain qui, sur la toundra, avalait l'automne de façon à ce qu'ils soient indiscernables. Du blanc, seulement du blanc dans ce paysage dont les nuages lourds avait bloqué la lumière rutilante d'un crépuscule éternel. La marche semblait s'éterniser dans la neige molle où les pieds tombaient jusqu'à toucher la terre dure condamnée au sommeil pour plusieurs mois. Quand enfin, l'invitée du nord put rejoindre celui qui l'accompagnait, il est immobile aux aguets au bord d'une colline de terre noire que les flocons avaient presque oubliée. Alors arrivé, à cette hauteur, il semblait qu'une immense ombre se dressait entre eux et la lumière pâle du ciel chargé. Un croassement surgit soudainement à coté d'eux, suivi de nombreux autres cris autres venus d'un peu partout. Comme obéissant au signal, l'elfe sauvage se mit soudainement à courir en brandissant sa hache vers l'ombre mystérieuse. En approchant un peu, elle se distinguait mieux, un immense animal laineux de plus de cinq mètres avec une longue trompes et une défense unique assez longue pour embrocher quelqu'un. Il barrissait de haine tandis que des dizaines de volatiles noires tourbillonnaient autour de lui, le harcelant. Ses yeux étaient déjà crevés et pourtant, vieux et fiers, il se tenait encore debout, agitant sa arme préhensile contre les oiseaux, inconscient du colosse qui fonçait sur lui. Le premier coup de hache, accompagné d'un cri grave trancha net la large trompe du monstre, s'enfonçant jusqu'à la moitié de sa défense d'ivoire restante. Le jet de sang sembla presque avoir un temps de retard, comme si le corps de l'animal refusant se qui venait d'arriver. L'animal sembla alors devenir fou. Cependant son chasseur avait déjà retiré son outil du piège d'os, prêt à renchérir.


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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Sam 23 Avr - 14:48

Le local ne tarda pas à donner la marche. Il m'indiqua cependant d'être silencieuse, en raison de meutes de loup-ours. Mes yeux brillèrent d'une certaine curiosité et surprise, mais je ne disais rien. Si nous venions à rencontrer ce genre de bête, je ne saurais comment réagir. Car il y a bien longtemps, j'avais conclu un pacte avec un Dieu-Loup, lui garantissant mon aide pour toute troupe de loup, quel que soit le monde. Je devais ma vie et mon courage à des loups que j'avais rencontré dans les mondes des Haut Dragons, aussi je leur devais protection et défense, en gage de reconnaissance. Je ne savais pas à quoi ressemblaient ces loups-ours, mais s'ils tenaient plus du loup que de l'ours, je ne pourrais me décider à leur faire du mal, même si ma vie en dépendait. Mais bon, pour le moment je ne suis pas dans cette situation, alors autant oublier.

Je suivais donc mon guide, me concentrant sur la marche. J'étais affaiblie, et la présence d'une personne à suivre me retirait la peine de devoir réfléchir à où aller. C'est presque comme un zombie, l'esprit absent et avançant par automatisme, que je suivais l'être bleu. J'étais pour ma part silencieuse, comme le chasseur. Je ne disais pas un mot, pas une plainte malgré la fatigue et la douleur de mon corps. Mes pas étaient étouffés dans la neige, et je me servais plus de mon instinct que de mes yeux pour le suivre. Le blanc masquait tout: la vue, le son, même les odeurs. Enfin, je n'étais pas assez en état pour me rendre compte de l'odeur de charogne que je dégageais, surtout avec cette peau mal préparée sur le dos. Mais au moins elle me soulageait un peu de la morsure du froid, et l'odeur pourrait attirer des proies potentielles. Quoi qu'il en soit, je n'avais plus de notion du temps, et ne savais combien de temps nous avions marché. Le chasseur bleu ne me ménageait pas vraiment niveau cadence de marche, mais c'était une bonne chose car cela me forçait à rester un minimum éveillée. Mais ce qui me réveilla le plus, ce fut cette odeur. La blizzard apporta une odeur familière, qui me fit frissonner et fit bouillir mon sang, mes sens d'une nouvelle énergie. L'odeur d'une mort proche, celle d'une proie potentielle et facile. Comme si mon côté bestial revenait à la vie, je me mis à faire plus attention aux odeurs, cherchant à savoir d'où cela venait. Je sentis mon estomac se tordre, supplier encore plus de lui redonner ce qu'il avait du rejeter plus tôt. C'est à ce moment que je me rendis compte que j'avais été légèrement distancée par le chasseur, qui s'était immobilisé en haut d'une colline. Motivée par une nouvelle énergie, je le rejoignis pour un spectacle qui était à la fois triste, mais dont je ne pouvais me plaindre.

Un animal mourant, le bruit des charognards qui se pressaient autour de lui. Je ne voyais pas distinctement ce que c'était, mais je pouvais sentir à l'odeur que cet animal allait bientôt mourir. Mon sang ne fit qu'un tour, mes pupilles se dilatèrent d'excitation et je dus réprimer un grondement de fauve dans ma gorge. J'avais faim, et la bête en moi voulait soulager ce besoin et cette souffrance. Arrivée en haut, je n'eus le temps de me préparer que le chasseur fonçait déjà vers l'animal. Celui ci était massif, grand, mais sa fin était proche et il était seul. Ce n'était pas le genre de proie que je chassais d'habitude, car j'avais un faible pour les prédateurs, mais de la viande était de la viande. Alors que je regardait le chasseur trancher la trompe de l'animal, le rendant d'autant plus furieux, je souriais d'un sourire satisfait, rejetant par terre la peau de bête sur mes épaules pour laisser venir à moi mes instincts primaires. Dans un murmure, je soupirais mon soulagement.


" Parfait, il était temps..."

Puis, dans un grondement étouffé, je laissais la transformation se faire. Telle que j'étais, je n'étais pas en état de pouvoir me battre correctement, même contre une proie comme celle ci. Je devais utiliser ma force de dragon, et la laisser me guider pour la suite. Ainsi, mes cornes blanches poussèrent sur ma tête, et mes trois paires d'ailes apparurent dans mon dos. Je reculais de plusieurs pas, le vent se prenant dans les membranes de mes ailes que je repliais aussitôt contre mon dos. Je laissais la part bestiale prendre le dessus, car elle savait ce qu'il y avait à faire. Cerillion avait sentit lui aussi le changement. Sortant de sa torpeur, l'armure s'étendit un peu plus sur mon corps, pour former une carapace fine mais protectrice, comme des écailles de dragon. Recouvrant une partie de ma tête pour me protéger, mais aussi pour me conférer une machoire plus puissante, elle était prête à boire le sang de la proie en guise de paiement. Et de mon côté, ma queue artificielle se balançant nerveusement de droite à gauche. Je finis par pousser un cri bestial. Ce cri se perdit dans le vent, mais je sentis la peur saisir subrepticement la proie. Mon cri était celui d'un prédateur partant pour le chasse, et satisfait d'avoir trouvé une proie. Je fonçais alors sur la bête, courant de toute mes forces restantes pour l'attaquer. Il ne faut pas croire que parce que sous ma forme simple j'étais faible, que ma forme intermédiaire l'était tout autant. Par l'urgence de la situation, comme un fauve blessé, j'étais d'autant plus dangereuse et féroce.

Ignorant le chasseur, en fait je ne réfléchissais plus vraiment et n'avais plus totale conscience de mon entourage, je sautais sur le pachyderme et lui assenais un premier coup. Un coup de griffe lui lacérant l'épaule, s'enfonçant dans le cuir épais et la chair. Je grondais, alors que le monstre criait de fureur et de douleur. Ma queue, telle une lance, s'attaqua à la zone du cou du prédateur, s'enfonçant dans la chair à la rechercher d'une veine à ouvrir ou d'un tendon à sectionner. Le bête s'agita, pour essayer de me faire tomber. Mais j'étais bien accrochée, et continuais de monter vers le dos et la tête de l'animal. On aurait dit, de loin, un combat entre deux bêtes sauvages, car je n'utilisais aucune technique de combat digne d'un guerrier, et ne ressemblait à rien d'autre qu'à un animal sauvage. Je continuais de monter, arrivant à la base de sa nuque. Et la, ma queue montra de nouveau son efficacité. Alors que mes griffes étaient enfoncées dans le cuir de l'animal, pour ne pas lâcher prise alors qu'il ruait, la queue se tendit, prit la bonne position, et s'enfonça entre les vertèbres, pour sectionner la moelle épinière. La proie tressaillie, se figeant soudainement, son cri de fureur et de douleur s'éteignant dans sa gorge. Et mollement, il s'effondra dans la neige, rendant son dernier soupire alors que ses muscles tremblaient dans leurs ultimes convulsions.

Toujours sur son dos, je poussais un feulement de victoire, et commençais mon repas. Descendant un peu plus du côté de son épaule, j'arrachais des lambeaux de peau comme des feuilles de papier, et mangeais goulument la viande. Arrachant la chair avec mes griffes, mais aussi directement avec mes dents, je me repaissais de ce festin, ingérant des morceaux et des morceaux de viande. Les charognards arrivaient aussi, mais je les laissais faire, tant qu'ils ne perturbaient pas mon repas. Mes cheveux et mon visage se teintaient d'un rouge sombre, le sang coulant légèrement sur mon armure. Mais celle ci buvait le sang avec autant de délectation, ne laissant pas le sang la teindre du même pourpre que mon visage. Je ne sais pas combien de temps je mangeais ainsi. Les quantités que j'ingurgitais étaient tout simplement disproportionnées avec ma taille, mais la magie faisait qu'à peine dans mon estomac, la viande était convertie en énergie. J'étais comme un trou noir, un gouffre qui n'arrivait pas à se remplir. Je mangeais, mangeais, parfois feulais et donnais un coup de griffe quand un charognard s'approchait de trop. J'avais totalement oublié le chasseur, qui le pauvre, devait sûrement être effaré et dégouté d'un tel spectacle. Je dévorais, avalais, pendant un bon bout de temps.

Mais toute chose a une fin, et mon esprit finit par revenir. Ralentissant la cadence de mon repas, je finis par m'arrêter, et me redresser pour regarder les alentours. C'était comme si je me réveillais, et prenait enfin pleinement conscience de ce qui m'entourait. Mes yeux étaient plus vifs et plus alertes, mon teint (sous la couche de sang) moins pâle et ma force revenue. Mon corps me faisait beaucoup moins souffrir, j'avais moins froid, voir même chaud. Je regardais cet univers crépusculaire, nimbé de froid et de neige. C'était beau.. J'essuyais d'un revers de main le sang qui coulait du bas de mon visage, et me tournais enfin vers le chasseur bleu. Je le fixais au début avec surprise, comme si je me rendais enfin compte de sa présence. Il devait avoir une drôle d'impression, en voyant cet être avec des cornes et des ailes blanches, une armure à queue qui semblait vivante, le visage et les cheveux teintés de sang. Je descendis de la charogne, qui était bien entamée. A savoir combien était de mon fait, je n'en avais aucune idée, car mon souvenir était quelque peu flou. Je m'approchais tranquillement du grand chasseur bleu, tout en gardant une certaine distance, pour ne pas l'effrayer. Je ne savais quel était son état d'esprit suite à ce spectacle, et voulais éviter tout combat. Comme pour le rassurer, enfin du moins c'était mon idée, je lui adressais la parole sur un ton détendu, comme si je parlais du beau temps.


" Répugnant, n'est ce pas ? Je n'aime pas quand je suis dans cet état. Mais j'ai bien mangé, et c'est tout ce qui compte."

J'étais gênée par cette scène. Même si je ne pouvais me voir dans une glace, j'avais conscience que je ne devais pas faire bonne impression. Il avait voulu m'inviter dans son village, mais maintenant qu'il avait vu ce côté de moi, sans doute préférait il reprendre sa proposition. Et j'étais loin de lui en vouloir, au contraire. En observant ce local, je me rendis compte avec plus de force qu'il était grand, et semblait puissant. Il avait cependant un air noble, que sa beauté ne faisait que réhausser. C'était un beau guerrier, un beau spécimen de je-ne-sais-quelle-espèce, qui avait devant lui une horreur sans nom couverte de sang. Quel contraste cela devait faire, vu de l'extérieur. Mais le temps n'était pas à s'étaler sur le comment du pourquoi de l'esthétique du moment. Mes yeux perçants fixés sur lui, avec un peu de gêne, j'anticipais des adieux que je voulais en bon termes.

"Merci encore pour m'avoir conduit à cette proie. Même si ce n'est pas ce que je chasse d'habitude, j'en suis très reconnaissante. Je n'oublierais pas, Chasseur Bleu. Et... je comprendrais que nos chemins se séparent à présent. Je sais survivre et chasser, m'en sortir dans cet environnement ne sera plus un problème maintenant."

J'essayais de sourire légèrement, comme pour le rassurer sur la confiance que j'avais en ma capacité de survivre. J'étais confiante, ça il n'y avait aucun doute, mais ce sourire était assombrit par la gêne et une légère tristesse. J'étais désolée d'être ce que j'étais, et somme toute honteuse qu'il ait vu ce côté de ma... condition. Ce n'était pas souvent que j'agissais aussi sauvagement, mais cela arrivait cependant. J'étais triste qu'il ait voulu m'accorder sa confiance et son hospitalité, et que par deux fois (sûrement) je l'avais déçu sur ce qu'il devait s'attendre de moi. Mais j'étais préparée car j'avais l'habitude que l'on me traite avec peur, dégoût et souvent violence. Comment allait il réagir ? Je n'en avais aucune idée. Mais la vie m'avait apprit à ne plus attendre grand chose des gens, même de ceux qui ont l'air des plus sympathiques et miséricordieux qu'il soit.
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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Lun 25 Avr - 10:32

L'arme au clair, le chasseur fasse au monstre entendit le hurlement bestial au loin tandis que le sang rouge vif coulait sur son visage sans réussir à adhérer. Par mesure de précaution, il s'éloigna de deux pas de l'immense créature en proie à la terreur, considérant que la source de ce cri pouvait potentiellement être plus dangereuse. Un tourbillon blanc passa alors sur sa droite portant une vague de vent gelé derrière elle. Lorsque la forme blanche bondit sur le flanc, les corbeaux s'éloignèrent, laissant place à un être qu'ils considéraient comme plus dangereux qu'eux. Certains oiseaux grignotaient déjà la chair rouge le long de la plaie que l'habitant du nord avait laissé avec sa hache blanche. La femme cornue couverte d'écaille était déjà en train de le tuer, utilisant griffes et dard, elle ne lui laissait aucune chance de lui échapper. Le mammouth était dépassé, déjà ses genoux ne pouvaient plus que s'inclinaient devant la mort qui l'attendait. Lentement il s'affaissait comme si on tranchait peu à peu toutes ses articulations les unes après les autres. Tandis que le géant cédait, la Bête avait déjà commencé son repas, arrachant chairs et nerfs indifféremment, poussé par un frénésie digne des plus grands mangeurs et des prédateurs les plus affamés. Le corps paru fondre ainsi attaqué par tant de charognards et tant d'envie. Les noirs volatiles se taillait une large part dans la proie d'une autre alors que celles-ci arrachait tout ce qu'il y avait eu de vivants au sein du titans de laine. Pendant ce temps, le chasseur guettait les environs, s'inquiétant de l'arrivée de créatures encore plus nuisibles, attirés par la perspective d'un sang chaud et sans difficultés. Le Nord était un endroit dangereux où s'abandonner à sa passion pouvait aisément se retourner contre soi lorsque, entouré de toute part, on finissait par céder sous une avalanche incessante de violence.
La voix de son hôte attira son attention vers la carcasse que les sombres seigneurs du nord achevaient de racler. La jeune dragonne commença alors à exprimer un dégoût face à ce qu'elle avait fait, à cause de la manière dont elle s'était comportée. Elle s'excusait d'être comme elle était. Elle s'excusait peut-être aussi d'être simplement en vie et de manger. Le guerrier ne comprenait pas ce qu'elle voulait vraiment dire. Ces mots lui semblèrent incongrus et inadaptés. Elle avait simplement mangé non ? Où était le problème ? L'elfe sauvage était en effet peu disposé à comprendre ces problèmes de morales et de pudeurs sudistes. Il aurait stupide de se priver d'une source d'énergie pour une raison aussi vague que le dégoût. Même la viande de blaireau, même si personne ne l'aime, si le clan en trouve il la mange. Les manières sont un luxe inconsidéré, vain et surtout risqué alors que le danger rode toute autour de vous et qu'il vous faut parfois faire de longs jeûnes durant certains moments de l'année. Pourtant la nouvelle arrivante semblait gênée de ses propres actions sans que le chef de clan ne réussisse seulement à comprendre ce qui la contrariait ainsi. La suite lui fut tout autant énigmatique. Elle paraissait vouloir partir de son chemin sans véritable raison alors même qu'il l'avait accompagné jusqu'à une proie. C'est d'ailleurs ce que répondit le chasseur après un moment de réflexion sur la façon de la prononcer en commun :

« Je ne comprends pas ce que vous voulez. Vous m'aviez dit vouloir une proie, je vous ai mené à une proie qui aurait pu satisfaire tout le clan s'il avait été présent. Ce mammouth était devenu vieux et s'est éloigné de son propre clan. Je ne vois pas ce sur quoi j'ai failli en tant qu'hôte. »

Sa réponse avait été un peu brutale mais elle était à la hauteur de son incompréhension. Il était l'un des seuls de son clans à s'être déjà aventuré dans le sud et les habitants de ces contrées lui avaient toujours paru incompréhensibles. Ce qu'il y voyait ce n'était qu'une perte de temps. Se rendant compte qu'il commençait à s'agacer de ce qui, pour les elfes sauvages, était un manque de politesse de la jeune fille : critiquer son hôte, Váli se laissa alors de nouveaux envahir par l'énergie des pierres afin de se calmer. C'est en effet une tranquillité surnaturelle, une paix froide qui l'envahit. Il lui arrivait parfois d'avoir recours à ce don en cas de problème mais il était rare qu'il l'utilise deux fois de suite avec si peu d'intervalle. Ayant senti le changement, un des corbeaux vint se poser sur son bras et laissa un des restes du géant laineux tomber dans sa man. D'une voix composé, à peine assez forte pour être entendue à travers la tempête, le seigneur du nord reprit la parole :

« J'ignorais que les mages ailés du grand sud possédaient une telle férocité ou même qu'ils pouvaient posséder des cornes ou une queue. Les seuls autres êtres qui disaient venir de très loin que j'ai rencontré possédaient des ailes de plumes et vivaient dans des citadelles de lumière. J'imagine que ces caractéristiques changent d'un individus à la manière des esprits-animae. Si votre question reposait sur la façon dont je vous vois, je vais vous répondre. Bien que votre férocité aie été impressionnante, vous avez acceptée de partager votre proie avec les corbeaux ; vous avez été acceptée par les Plaines de Lumières. Je regrette cependant qu'il n'y aie pas eu davantage de viande pour la ramener au clan mais au moins nous pourrons ramener quelques os et ainsi cela nous épargnera d'avoir à la cuire. Si vous mangez autant tous les jours, nous ne pourrons sans doute pas partager longtemps notre campement avec vous ; malgré tout, venez au moins pour cette nuit, s'il vous plaît. Prenez vous-même les os les plus utiles puis nous pourrons partir. Si vous avez besoin de vous nettoyer, frottez-vous avez de la neige, cela atténuera aussi l'odeur. »

Après ces paroles, l'elfe sauvage se rapprocha de la dépouille et avec son couteau et se mit et séparer certains tendons ou os qui paraissaient pour lui avoir une certaine valeur. Ensuite, il se mit en route, suivi (ou non) de son hôte.


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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Lun 25 Avr - 21:09

Ma tentative de médiation se retourna contre moi. Le chasseur bleu semblait en totale incompréhension, voir pire, il était vexé de mes propos et me le reprochait. Je le regardais avec surprise, ne comprenant pas moi même pourquoi il était soudainement énervé. Ses paroles cependant laissaient à penser que j'avais insulté son hospitalité, ce qui semblait être une faute grave. Interdite, je le regardais dans les yeux, alors qu'il tentait de se calmer. J'observais son regard qui, même s'il n'était pas posé sur moi, restait assez expressif. Voulait il sauver la face de son honneur et respecter ses lois d'hospitalité, même s'il avait peur de moi ? Non, ce n'était pas cela... Il... n'avait pas peur. Il n'avait pas peur de moi. Je savais reconnaitre la peur chez les gens, car je m'en servais souvent contre eux en combat. Lui, n'avait pas peur, et on ne pouvait voir que cette froide lueur de la fierté blessée qui brûlait dans son regard.

Il se remit à parler, mais d'une voix posée et glaciale, presque inaudible. Je du me rapprocher de quelques pas pour le comprendre, réduisant la distance qui nous séparait et augmentant la différence de taille entre nous deux. Ses mots suivants soulevèrent beaucoup de questions de ma part, mais je devais en premier m'expliquer et lui faire comprendre que je n'avais en rien souhaité l'insulter dans mes propos. Au contraire, j'avais voulu rendre sa décision (possible) de m'exclure plus facile. Quelque chose me disait que bien que nous parlions la même langue, le langage et la compréhension mutuelle n'étaient pas encore là. Je lui répondis avec douceur, comme essayant d'amadouer sa colère et son orgueil blessé. Je n'avais certainement pas envie de me le mettre à dos, surtout pour un tel malentendu!


" Je ne voulais pas vous vexer par mes paroles, je crois que nous nous sommes mal compris. Je pensais simplement, qu'avec mon attitude et mon apparence, vous auriez... préféré abandonner votre première promesse et m'éloigner de vous et de votre clan, chose dont je ne vous aurais pas voulu. J'ai l'habitude que les gens aient peur de moi et fuient, alors... j'ai pensé que vous auriez fait de même. Mais je me suis trompée, semble t'il. Je suis... soulagée que vous ne réagissiez pas comme les autres, et que vous ayez l'esprit ouvert. Merci."

Je lui souriais avec sincérité, inclinant légèrement la tête en signe de respect et de remerciement. J'étais sincèrement contente qu'il ne me rejète pas à cause de mon apparence et de mon attitude étrange. C'était tellement rare, que je ne pouvais qu'être véritablement reconnaissante d'un tel comportement. Bon, normalement, je l'aurais peut être raillé sur le fait qu'il avait tord de faire aussi facilement confiance à un être potentiellement aussi dangereux, mais il n'était pas en reste non plus côté danger. Et puis, j'étais trop heureuse pour être mon habituel moi sarcastique, et trop perdue. Je revenais sur ce qu'il avait dit. Des mages, des ailes... Je réfléchissais à voix haute, me rendant compte enfin de quoi il parlait. Et ce n'était pas pour me faire plaisir.

" Des ailes de plumes, des citadelles... Haaaa, vous parlez de ces satanés pigeons. Ils sont donc ici, tsss ! "

Ma mine renfrognée en disait long sur ce que j'appréciais de cette espèce. Les Anges, ce n'était pas ceux que je détestais le plus, mais qu'est ce qu'ils pouvaient être stupides et obtus ! Autant les Haut Dragons étaient des lézards arrogants et les Archidémons des Troll butés, mais alors les Anges, ils en tenaient une couche eux aussi ! Mais cela me rassurait qu'il ne semblait pas y en avoir dans la région. Et contrairement aux Haut Dragon, ils n'étaient pas du genre à aller dans les zones les plus inhospitalières et rudes au niveau du climat. Je priais donc pour que je ne croise jamais leur chemin ici. Mais je devais me montrer prudente, quoi qu'il arrive. Il me comparait à eux, mais semblait voir aussi que je restait différente. Il parla d'animae, ce qui me rappela quelques souvenirs, mais je ne savais si c'étaient les même que j'avais connus. Mais je comprenais ce qu'il voulait dire, et tentais de lui expliquer ce que j'étais.

" Ces... mages ailés comme vous dites, nous sommes similaires, et bien différents cependant. Si ces stupides pigeons sont comparables à des animae-oiseaux, alors je suis une animae-lézard ailé. Mais un genre de lézard... très gros et à éviter. Ma férocité tient de la faiblesse de mon corps, et de ce que je suis une chas... enfin, une guerrière. Pour ce qui est de la quantité de viande, rassurez vous ce n'est que parce que la situation l'exige. Je peux ne pas manger pendant longtemps, mais en échange mes repas suivant doivent être consistant. Cependant, d'habitude je ne mange pas autant d'un seul coup."

Je regardais la carcasse, que les charognards volant se partageaient avec délectaction maintenant que j'étais partie. Je ne voyais pas forcément ce qu'il voulait dire par le fait que le Plaine de Lumière m'avait acceptée. Etait ce parce que j'avais survécu ? Je ne comprenais pas trop. Pour moi, pour être intégré dans un environnement il faut trouver sa place dans la chaine alimentaire et contribuer à l'équilibre des forces prédateur/proies. Pour le moment, je voyais mal comment j'y avais contribué. Enfin, peu importait. Le Chasseur bleu fit une remarque sur ce qui pourrait être récupéré sur la carcasse, de même que le fait que je devais puer la charogne. Je ne fis pas la fine bouche et acquiescais, hochant la tête et allant m'éxécuter.

" Très bien, je vais vous aider. Je crois qu'il reste encore un peu de viande, je vais voir ce que je peux trouver."

Je me retournais vers la carcasse, pour voir ce que je pouvais récupérer. Le chasseur était pressé et il avait raison. L'odeur n'allait pas tarder à faire rappliquer des prédateurs et des charognards sans doute plus gros. Toujours sous ma forme intermédiaire, je m'accroupissais près de la partie couchée contre le sol. Là où la viande était encore coincée entre les os lourds et le sol gelé. Il n'y avait pas grand chose, mais ce qui pouvait être pris devait être pris. Utilisant ma force que j'avais retrouvé, du moins partiellement, j'arrachais ce que je pouvais au cadavre, me retrouvant avec quelques kilos de viande. J'arrachais un lambeau de cuir pour enrouler la viande dedans, plus facile à porter. Pour les os, je n'étais pas une connaisseuse. A part les briser pour en manger la moelle, je ne voyais pas trop quoi choisir. Je pris donc le partit de rester avec la viande et de prendr eun peu de temps pour me laver. Le chasseur voulait que je me roule dans la neige, mais je craignais de l'efficacité du procédé. Aussi j'utilisais un peu de ma magie pour faire à ma manière. Changeant une partie de la neige aux alentours en eau liquide, elle se leva dans les airs pour venir se coller sur moi, enlevant le sang en le prenant en son sein. C'était froid, pas forcément agréable, mais de cette façon j'enlevais efficacement le sang sur mon visage et mes cheveux. Pour l'odeur, je faisais au mieux en la passant sur mon armure et mes ailes, mais il faudra attendre un véritable bain pour m'en débarrasser vraiment.

J'avais fini, quand je vis que le chasseur partait de son côté. Vite, je pris la viande emballée ainsi qu'une large portion de toison pour le rejoindre en courant. Je pouavis me déplacer plus facilement, et j'avais moins froid. Mais j'étais loin d'être dupe, sachant que ce regain d'énergie n'était que temporaire, l'adrénaline aidant. Je savais que j'allais sûrement avoir de la fièvre par la suite, et m'écrouler de fatigue comme une pierre, pour sombrer dans un sommeil réparateur. Le truc, c'était de tenir autant que possible avant de m'endormir. Et ce n'était pas chose aisée. J'avais donc rejoins le chasseur bleu, ayant mis sur mes épaules la toison mal nettoyée sur mon dos, pour cacher mes ailes et me protéger du froid. J'allais peut être encore sentir la viande, mais c'est mieux que de finir par congeler et de fatiguer mon corps plus que nécessaire. Je marchais avec lui sans rien dire, sachant par ce qu'il avait dit à notre rencontre que son clan n'était pas à côté. Je ne parlais donc pas, marchant en cadence.

Le temps passa, et je sentis mon corps commencer à se rebeller. La fièvre montait, j'avais chaud et soudain très froid, alternant les cycle. Mon esprit n'était pas encore trop embrumé, mais mon corps me paraissait de plus en plus lourd. Il fallait que je reste concentrée, et que je trouve un moyen de continuer à avancer en oubliant mon corps de plomb. Je me demandais soudainement comment s'appelait cette personne. Je ne savais rien de lui, pas même son nom. Je l'appelais Chasseur Bleu, vu qu'il était un combattant et sa peau était bleue, mais ça restait assez primaide. Je voulus en savoir plus sur mon sauveur, qui n'avait pas peur de ma forme monstrueuse. J'avançais un peu plus pour être à son niveau, et lui parler.


"Chasseur bleu, je viens de m'en rendre compte... Je ne connais pas le nom de celui qui m'a tendu la main, et c'est regrettable. Puis je le connaitre ? "

Je le regardais, attendant une réponse que j'espérais positive. Car après tout, vu comment je m'étais faite rembarrée et sermonnée plus tôt, il n'avait peut être pas vraiment envie de faire la conversation avec moi, ou bien que j'apprenne à mieux le connaitre. Ce qui serait dommage, car il semblait être une personne intéressante.
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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Ven 13 Mai - 12:10

Sous la neige tombant encore, deux silhouettes avançaient arc-boutés contre le vent qui tentaient de les emporter. En silence, ils tentaient de se préserver pour la longue marche qui les attendait encore. Ils progressaient vers une destination lointaine. Seul le premier, agissant comme une boussole, semblait savoir vers où aller, comme guidé par son instinct ou par la chance. Chargés de lourds butins, ils devaient marcher depuis des heures déjà, à la rechercher de ce campement fantôme. À les voir ainsi, on aurait presque pu les croire perdus dans l'immensité vide et crépusculaire. Le Soleil avait tourné et était désormais dans leur dos, éclairant leurs traces, assombrissant leur chemin, comme s'il voulait inviter les prédateurs. Dans le souffle blanc, l'hôte lui demanda alors son nom. Le vent était si fort que l'elfe sauvage aurait eu toutes les raisons de ne pas l'entendre. D'ailleurs, il ne répondit pas un mot pendant encore quelques pas avant de déclarer, sans s'arrêter ni se retourner :

« Nous ne nous connaissons pas assez pour que je puisse vous donner mon nom. Sachez simplement que mon clan est le clan Fjarlægur. »

La nouvelle arrivée ignorait que les noms étaient sacrés dans le nord. Le nom est lié à la personne qui le porte, ainsi connaître un nom c'est connaître une personne. L'utilisation d'un nom rend toute action envers elle plus puissante, que ce soit une action bienfaisante ou une malédiction. Les histoires du nord parlent souvent de sorciers qui s'arrangeant pour connaître le nom de leur victime pouvait ainsi leur faire subir les pires atrocités avant de les laisser pour mort perdu dans l'immensité minérale, à la portée de n'importe quels prédateurs assez cruels pour le déchirer entre leurs crocs. D'ailleurs, le chef du clan Fjarlægur après avoir été un moment été étonné par la demande étrange et déplacée de celle qui l'accompagnait rajouta :

« Cela ne se fait pas dans le Nord, c'est dangereux. »

Puis la discussion fut terminée et les mots furent dits. Les deux protagonistes continuèrent à avancer sans ralentir. L'immensité prendrait encore du temps pour être parcourue. La neige était froide et claire comme le linceul de l'été tandis qu'il se referme lentement sur son cadavre. Le Soleil leur tournait autour, comme pour échapper aux nuages qui lui bloquait parfois l'horizon. Cela était étrange ; avec un tel astre, il était impossible de savoir quand était le jour, quand était la nuit. Il n'y avait qu'une marche ininterrompue sans vraiment savoir quelle heure il était. Pour autant, le guide semblait parfaitement savoir où il allait, sans même avoir à se poser la question. Parfois le chemin obliquait d'un sens, comme s'il faisait un détour. Le paysage était pourtant le même. Le Soleil jouant à l'horizon, tout tentative pour se repérer à travers lui était voué à l'échec. Seule la connaissance presque surnaturel de l'autochtone semblait vraiment savoir qu'il y avait une direction à prendre. Puis, une fois, après une pause qu'il avait concédé à l'étrangère :

« Nous arrivons bientôt. »

Comme pour ponctuer ses mots, l'ouïe presque habituée aux sons du froid de la dragonne perçut quelque chose, un bruit régulier, comme une chute répétée dans la neige. Quelqu'un courait, ou plutôt quelque chose. L'horizon restait déterminément opaque. Puis une grande silhouette blanche surgit de nul part et emporta l'elfe sauvage hors de la vue de son invitée. La neige en tombant créait comme une sorte de brume qui cachait le reste du monde. Un instant de silence, puis le seigneur du nord revint comme si de rien était, les vêtements de fourrures constellés de neige. Derrière lui, suivait paresseusement une forme blanche immense qui ressemblait à un ours mais plus grand avec un queue qui oscillait tranquillement. L'homme annonça tout aussi paisiblement :

« Ma monture va nous porter sur le reste du chemin. »

Il monta puis tendit sa main pour aider son hôte à se positionner derrière lui.


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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Sam 14 Mai - 22:27

La réponse se fit attendre. Je ne savais si le chasseur avait entendu avec le vent et la neige. Mais il aurait été une insulte de sous estimer ses capacités dans son environnement natal. Je restais silencieux, me concentrant pour m'avancer. Seulement, j'obtiens une réponse quelque peu abrupte et qui me laissa perplexe. Il eut donc en réponse un léger silence, qui en disait long sur la manière dont je prenais sa réponse, suivis d'une réflexion dite sur un ton quelque peu froid et déçu.

" Ha.... Je vois...."

Je m'étonnais d'être vexée. Peut être que sa générosité de plus tôt n'était qu'une façade, que je m'étais fourvoyée. Mais il n'avait pas peur de moi, j'en étais certaine. Alors pourquoi m'accueillir, s'il était aussi froid et distant ? Je ne comprenais pas, surtout avec ses changements d'attitudes aussi soudain. A un moment il était amical, à un autre glacial, puis il était en colère, de nouveau attentionné, et là encore aussi agréable que le vent cinglant qui nous lacérait. Mais peut être avait il comprit qu'il avait été trop abrupte. Il finit par me dire que ce n'était tout simplement poli dans la région d'agir ainsi. C'était donc une question de coutume. Une fois de plus j'avais fait une bourde. Je soupirais légèrement, répondant dans un murmure.

" ... Très bien..."

Cela finit par me décider à me murer dans le silence. Ce qui n'était pas plus mal, car il fallait continuer à conserver de l'énergie pour le chemin. J'étais incapable de me repérer, et suivais aveuglément le Chasseur Bleu. Il faut dire, j'avais d'autres efforts à fournir que de vouloir me souvenir du parcours géographique. Même après mon repas copieux, je sentais mon corps lourd de fatigue. Fiévreuse, j'avais à tour de rôle de bouffée de chaleur et des sueurs glacée. En silence, je souffrais et avançais, machinalement. Le temps passa, le soleil tournait. Normalement, l'arrivée de la nuit aurait avivé mes instincts de prédateur, mais je n'étais pas en état de l'être. J'étais repue, fatiguée, je ne rêvais que de sombrer dans un sommeil profond.

Nous faisions enfin une pause, à moment. Je n'aurais pas vraiment fait cela, car cette pause me sapait mon énergie et fit augmenter ma fièvre. Peut être que le Chasseur avait vu ma condition et avait pensé que ce serait une bonne chose. Assise, je regardais les alentours, restant silencieuse. Je n'avais plus envie de parler, et nou voulais plus faire de faute envers mon bienfaiteur. Quelque chose me disait qu'il me proposait son hospitalité par obligation, et qu'il s'en fichait un peu d'être amiable ou non. Bha, je trouverais bien un moment une fois là bas pour m'éclipser et ne pas m'imposer. S'il y avait bien une chose que je n'aimais, c'était que l'on me prenne en pitié par condescendance, sans vraiment avoir la compassion qui va avec. S'il m'hébergeait uniquement par politesse et tradition, sans véritbale intention d'aider, alors je préférais largement affronter les blizzards de l'immensité blanche, quitte à revenir à un état primaire de bête fauve qui chasse juste pour survivre. J'avais ces sombres et amères pensés, quand il annonça que nous n'étions plus très loin. Je ne répondis pas, lui lancement simplement un regard et hochant de la tête. Je me relevais, pour continuer la marche.

Mais me relevant, je tressaillais en entendant un bruissement dans la neige. Par instinct, je bondissais en arrière, pour me protéger de ce que cela c'était. Je n'avais pas vu ce que c'était précisément, mais cela emporta le Chasseur Bleu. J'étais étonnée, car habitué il aurait du voir cette chose venir ! Mais... maintenant que j'y faisais attention, cette chose ne semblait pas avoir de mauvaises intentions. D'ailleurs, le Chasseur revenant indemne, mes soupçons furent confirmés. Je restais cependant à distace, méfiante, ma queue fouettant l'air nerveusement. Derrière lui se trouvait une immense forme blanche, qui semblait être... son familier, peut être ? Il répondit à ma question silencieuse, annonçant que c'était sa monture. Belle monture en tout cas. Je le regardais monter dessus, et me tendre la main pour m'aider à monter. Je l'observais quelques instants, hésitante. Mais l'attente ne fut pas longue, que je pris sa main pour monter sur le dos de la bête. La main du Chasseur était grande, froide, mais forte. une fois derrière lui, je me serrais un peu contre son grand manteau de fourrure noire. Elle était agréable, et me protégeait du froid. Je sentais la monture bouger, et se mettre en marche. Je fus obligée de m'accrocher un peu plus au chasseur, pour ne pas tomber.

Là, le chemin continua. Je ne sais comment, je ne sais à quel moment, mais je finis par sombrer. J'étais peut être arrivée à ma limite, mon corps ayant besoin de repos. Je tombais donc de la monture, m'affalant dans la neige, ne bougeant plus. Ma peau était brûlante, mes cornes et mes ailes se rétractèrent pour disparaitre. Cerillion, lui sentit l'urgence et se rétracta à son tour. Il n'y avait plus de queue, et l'armure ne couvrait plus que l'essentiel. Il fallait que la température baisse, et comme une seconde peau il s'adapta. Je ne sus ce qu'il se passa ensuite, seulement le souvenirs de douloureux rêves. Des souvenirs plutôt, qui me hantaient depuis des années. Cette fois ci, ce fut le souvenir de la fin de mon emprisonnement, chez les Renégats. Lorsque, emportée par l'escouade de secours, je voyais devant moi, impuissante, mon dernier grand allié tomber au combat. Mon dernier allié, mon dernier amour. Je me voyais crier, me débattre pour le rejoindre, le défendre, le protéger contre cette nuée de Corrompus. Je ne sus combien de temps ce rêve dura, combien de temps j'avais dormi. Quoi qu'il en soit, la dernière vision de cette déchirure, trop vivante et douloureuse pour mon âme, finit par me réveiller. C'est donc en m'agitant, en sueur, que je m'éveillais.


" N... Non..... Noooon !!"

Je me redressais vivement, tremblante, criant avec douleur ce mot. J'étais agitée, paniquée, ne réalisant pas que j'étais revenue à la réalité. Haletante, je regardais autour de moi, comme un animal apeuré. Je sentis quelque chose de froid rouler sur mes joues. J'avais pleuré, semble t'il. Je prenais ma tête entre mes mains, reprenant ma respiration. Cette douleur, je la sentais encore oppresser mon coeur dans un étau serré. Ces souvenirs, cette sensation de solitude et d'abandon. Allaient ils un jour finir de me hanter ? Je prenais un peu plus conscience de ce qui m'entourait. J'étais sur quelque chose de moelleux, mais je pouvais sentir ma peau nue contre de la fourrure. Cerillion était restée en partiel, et je pouvais comprendre pourquoi, j'avais très chaud. Ma fièvre ne semblait pas être complètement tombée. Regardant autour, on aurait dit une sorte de tente. Où étais je ?

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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Mar 24 Mai - 20:03

Un trajet à travers le blizzard est souvent fatale pour n'importe quel étranger à ce monde ou pour quelconque voyageur qui aurait été abandonné par les siens ; on ne triomphe pas seul du grand nord. Au milieu d'un silence étrange qu'isolait complètement la vague rumeur du froid dehors, la tente semblait posée en dehors du monde. Ses tentures étaient composés de cuir cousus entre eux. Il devait surement y avoir plusieurs couche car la lumière extérieure peinait à la traverser. Tout était nimbé d'une sorte de coloration beige, la coloration de la peau vieillie. Certaines tribus, celles qui restaient au nord tout le long de l'année, construisaient plutôt des maisons de neige pour pouvoir passer les saisons froides. Ils avaient hérité de cette technique de leur ancêtre et tout y était fait pour que le froid ne puisse y pénétrer. Cependant, cette technique n'était pas utilisée par le clan Fjarlægur qui, lui, migrait plutôt, alors que les saisons se refroidissaient. Le moment de l'arrivée de la dragonne coïncidait justement avec l'installation de leur campement d'automne. Quand viendrait l'Hiver, le clan migrerait à nouveaux vers le Sud pour rejoindre les hautes taïga, forêts dangereuses sur laquelle veillaient les plus dangereux prédateurs. Cependant, alors qu'ils partiront la plupart des animaux qui s'y trouvent auront déjà entamé une paisible hibernation en vue de jours meilleurs. Le clan Fjarlægur n'était pas assez grand et assez puissant pour pouvoir se permettre de se protéger contre la faune redoutable alors que celle-ci était au plus haut de sa forme. Cette dangerosité des terres sauvages étaient peut-être la raison pour laquelle régnait la paix là où il faisait plus chaud. En un sens, le corps des elfes se souvient des conditions extrêmes que devaient enduré leurs ancêtres et qui ont poussé ces derniers à quitter leur domaine pour chercher des lieux plus favorables.
Le soupirs et les cris résonnèrent dans la tente sans causer beaucoup d'émoi. Le silence surnaturel qui pesait sur à l'intérieur des tentures se hâta de réinstaller son domaines. Il s'agissait d'un silence sauvage, un silence qui n'a que faire des troubles et des ambitions sudistes, un silence qui ne les comprenait pas. Alors que les yeux s'habituaient à cet étrange clair-obscur, les formes se distinguèrent parmi les couleurs teintes de beiges. Différentes affaires étaient disposés atour du lit : des coffres de bois, des fourrures, des armes. Au dessus du lit et d'une première couverture, un pardessus de fourrure tachetée de noir offrait une chaleur agréable. Les coutures de la tente se distinguait à travers de léger points noirs à intervalle régulier. Un ballet d'étranges objets de plumes, de crocs et de divers autres objets se balançait indolemment suspendu dans les hauteurs de la tentes. Des petits objets métalliques et quelques coquillage renvoyait de temps en temps un rayon de lumière plus vif que les autres. Le pardessus de fourrure se releva légèrement dans la pénombre et ses yeux bleu de panthère des neiges se fichèrent dans ceux de l'hôte. Ses étranges babines articulèrent un murmure grave qui semblait à des paroles :

« Vhous êthres hrévheillée ? »

Un autre mouvement suivi, dans le lit cette fois tandis qu'une silhouette de chair nue s'extirpait de la fourrure. La dragonne n'eut cependant pas le loisir d'observer le tomber de ses hanches à cause de la faible luminosité et parce qu'il s'habilla rapidement. Une fois qu'il fut prêt à affronter l'air du nord, il dit quelque chose au fauve des neiges allongé sur le lit. Sa voix permit à l'hôte de reconnaître le chasseur bleu qui l'avait guidé auparavant à travers le blizzard d'automne. Le léopard de lit acquiesça de la tête puis se tourna vers l'habitante de la couche sur laquelle reposait encore une partie de son poids. L'étrange animal se mit donc en tâche d'expliquer ce qu'on venait de lui dire d'une voix pas tout-à-fait humaine et d'une parler un peu maladroit :

« Il parhtit pourh les authres, moi je h'aime la chaleurh. »

Il ne semblait pas être très à l'aise avec cette langue, bien que ses yeux exprimassent une certaine compréhension quand on lui parlait assez lentement. Cependant avant que ce contact ne put devenir trop prolongée, une rumeur s'approcha de la tente tandis que deux silhouettes se glissaient par l'entrée. L'une d'entre elle était celle haute de Váli recouvert de ses habits sombres. L'autre, plus petite bien que de taille raisonnable pour un femme humaine était vieille elfe aux traits sculptés. Cette dernière s'approcha immédiatement de Tullia et lui dit quelque chose en lui attrapant le bras pour la tirer avec une force qui surprenait pour son âge. Le fauve s'était déjà écarté alors que les deux personnes étaient entrées. Le chasseur bleu expliqua alors brièvement pour traduire les paroles de l'ancienne :

« Elle veut examiner ton corps pour être sûre que tu n'as rien. Tu as dormi pendant longtemps et d'une mauvaise façon. »


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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Dim 29 Mai - 17:22

Mon réveil était de plus étranges, mais je ne pensais pas pouvoir rencontrer de chose plus étrange que cette paire d'yeux féline qui me regardait de sous la couverture. Surprise, je le regardais avec de grands yeux, ne sachant trop que dire. Il parla, avec un accent très fort, mais mon attention était surtout focalisée sur l'explication de savir où j'étais, qui était cette personne, et pourquoi j'étais dans un lit avec elle. Mais un autre mouvement suivis, une ombre se levant rapidement et s'habillant avec autant de rapidité. S'habillant... Ce ne fut que quand il sortit de la tente en parlant avec cette même langue étrange que je compris qu'il avait été tout nu dans le lit, et que c'était mon fameu Chasseur Bleu.

Beaucoup auraient été scandalisée de se retrouver ainsi parmi une foule (enfin 2) d'hommes nus. Mais j'étais je ne sentai aucune vélléité d eleur part, et j'étais plus à me demander où j'étais que de savoir si le temple de mon corps avait été profané. L'autre mâle qui était resté dans le lit, et qui semblait être à moitié un félin des neiges, voulut me traduire ce que le chasseur bleu venait de dire. Je n'avais pas complètement compris ce qu'il venait de dire, mais je voyais dans ses yeux qu'il attendait véritablement une réponse. Je le saluais de la tête et le remerciais.


" Ha... Je vois. Merci de m'avoir prévenue."

Je regardais rapidement la tente, qui rassemblait bon nombre d'objets curieux. A voir tout ceci, je me pensais dans une tente de chasseur, de trappeur plutôt. Je n'eus pas grand loisir de regarder d'un peu plus près, ni même de poser des questions à celui qui était encore dans le lit, qu'on entendit des personnes arriver près de la tente. Là, le Chasseur Bleu entrait, suivis par une femme. Elle était petite par rapport au Chasseur, et semblait plus vieille. Elle s'était approchée de moi, se mit à parler vivement et à me prendre le bras pour me tirer vers elle. J'étais surprise par sa force, et jetais un regard plein d'interrogation à mon sauveur pour savoir ce qu'elle disait. Car elle me voulait quelque chose, c'était certain. Il m'expliqua, avouant que j'avais mal dormi et déliré. Je n'étais pas vraiment surprise, cela m'arrivait souvent quand mon corps était sous stress. J'étais cependant gênée que cela ait put inquiéter et déranger ces personnes qui m'avaient si gentiment accueillis. Je poussais un léger suoupire, comme lasse de cette habitude d'avoir un repos souvent erratique.

" Mh... L'inverse m'aurait étonné."

Je regardais la vieille femme, lui souriant avec apaisement et posant une de mes mains sur la sienne qui me tenait, pour la rassurer. Je me concentrais ensuite sur mon corps. J'étais capable, en bonne ancienne Gardienne de l'Eau qui se respecte, d'inspecter les dégâts internes dans mon corps. Hémorragies, fractures... je pouvais les sentir et évaluer les dégâts, ce qui est pratique pour concentrer les soins en des endroits stratégiques. De ce que je voyais, je n'avais physiquement plus rien de grave. Juste un corps encore erreinté, et l'équilibre de ma magie interne qui était en pleine confusion. tant que je ne résolvais pas ce problème, mon corps ne pourrait complètement se remettre. Une séance de méditation ou deux devraient suffire. Mais comment leur expliquer simplement cela ? De même, pour mes délires, ils n'étaient pas dû à un problème physique, mais plus aux terribles souvenirs et traumatismes que j'avais eu dans ma longue vie, et qui n'hésitaient pas à refaire surface quand ils le pouvaient. Je tentais de leur expliquer, parlant plus lentement car voyant que j'avais plusieurs personnes qui écoutaient, et qui ne semblait pas tout comprendre.

" Mon corps semble se porter bien. Il est encore fatigué, et l'équilibre de ma magie est un peu perturbée, mais je n'ai rien de grave. Ma fièvre devait être due à une trop grande fatigue, et les délires...à autre chose auquel on ne peut rien faire."

Mon regard s'assombrit un peu, mais ce ne fut qu'une vague ombre, celle d'une lassitude et d'une résgnation face à quelque chose que l'on ne peut se débarrasser. Je jetais un coup d'oeil à la vieille femme. Elle ne semblait pas du genre à vouloir lâcher prise, et quelque chose me disait qu'elle n'allait pas me croire tant que je ne lui montrait pas. Je jetais donc un coup d'oeil entre elle et le chasseur, restant un peu hésitante sur la marche à suivre.

" Mais... Si cela peut la rassurer, je peux lui montrer que je n'ai rien."

Je me concentrais un instant, commandant à Cerillion de se poser sur les endroits stratégiques de mon corps. J'avais encore la tunique déchirée sur mon dos, cette tunique en un tissu doux et plus chaud qu'il en avait l'air. Mais j'étais bien aise de m'en débarrasser, y voyant trop la marque des Haut Dragons que je portais tout sauf dans mon coeur. Me mettre nue devant eux ne me posait non plus pas de problème. S'ils avaient dormi nus à mes côtés, je ne devrais pas être trop gênée de faire de même. Bien que, contrairement à eux, j'avais mon armure Cerillion qui s'était positionné sur mes parties intimes et mes seins, afin de garder un minimum de pudeur. J'enlevais donc ma tunique, montrant un corps à la peau blanche, par endroits parsemés de bleus dûs aux anciennes blessures d'il y a quelques jours. Je n'avais pas des formes très voluptieuses, mais mon corps était clairement celui d'une personne entrainée et musclée. Je n'avais pas un corps de jeune demoiselle occupée à sa propre oisiveté, avec une posture frêle qui semble pouvoir être balayée à la moindre brise. D'ailleurs, ma posture n'était pas prostrée, mais faisait face fièrement. Je me montrais face à eux, ou plutôt à la vieille femme, écartant les bras et me tournant lentement pour montrer que j'allais bien.

" Vous voyez, rien de grave... Quelques bleus, et ce... tatouage qui me brûle un peu le dos. Mais on ne peut rien faire à celui ci."

Le tatouage... Je ne pouvais le voir vu qu'il était dans mon dos, mais je pouvais sentir sa cuisante brûlure, une réaction du scellé à l'équilibre de ma magie encore perturbée. Je savais qu'on m'avait scellé en arrivant ici. Je sentais cette chape de plomb sur mes pouvoirs, ces chaînes qui me perturbaient autant et étaient sans aucun doute à l'origine de mon mal-être magique. Il fallait que j'analyse ce scellé, mais cela pouvait encore attendre. Je laissais la vieille femme m'osculter tout son loisir, et jetais un regard sérieux au Chasseur.

"Je vais abuser à nouveau de votre hospitalité, en vous demandant s'il serait possible de me fournir des habits plus adaptés, et une entrevue avec le chef de votre... clan."

En effet, cette tunique me faisait horreur, et je préférais avoir des habits plus adaptés à ce milieu froid. De plus, je devais parler au responsable de cette tribu, pour le remercier de son hospitalité, et surtout lui demander asile pour un moment. J'étais peut être du genre solitaire, par obligation, mais je n'étais pas folle. Vu mon état, et le peu que je connaissais de ce monde, il était bien trop dangereux de s'aventurer seule ici, sans repère. Si je pouvais rester dans cette tribu, je pourrais au moins en savoir plus, me reposer, et réfléchir à quoi faire. Car pour le moment, j'étais bel et bien perdue sur la marche à suivre. J'étais une bannie, mais après, que faire ? Surtout dans un monde où, semble t'il, des membres de la Triade étaient présents. S'ils venaient à connaitre ma venue en ce monde... je devais me montrer très prudente, et ne pas courrir de risques. Peut être que ce clan allait me permettre de me cacher pendant un temps, à savoir celui où ils en auraient assez de m'avoir avec eux, ou bien quand ils sauront ce que je suis et auront sans doute peur de moi. J'avais l'habitude de ce genre de chose, et étais déjà préparée mentalement à devoir être rejetée par cette communauté. C'était triste, mais une réalité que j'avais connu bien souvent.

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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Mar 14 Juin - 12:17


Dernière édition par Eilífthar Heftharkona le Jeu 16 Juin - 17:31, édité 1 fois

L'inconnue n'était pas la seule à scruter son corps pour y percevoir d'éventuel dommage. Heithveig la guérisseuse connaissait de nombreuses magies qu'elle maîtrisait aussi bien que le pouvait un elfe sauvage perdu loin au nord. Ses mains ridés habituées à la chair touchaient bien au-delà qu'elle ne le semblait. Ses yeux traversait son corps pour percevoir les rythmes d'énergie qui coulaient en son sein. Váli n'eut pas besoin de traduire ses paroles, Heithveig avait déjà compris de quoi il s'agissait. Elle aurait cependant voulu regarder plus attentivement les points de son corps qui posait problème. Cela put être fait de suite car l'inconnue décida alors d'ôter ses vêtements pour en faciliter l'analyse. La vieille femme ne s'attendait pas à ce qu'elle allait voir. C'est tout un nouveau système qui s'offrait à elle, une vie qu'elle n'avait pas jamais pu contempler auparavant. Les flux magiques de ce corps étranger étaient beaucoup plus fins, tirés et tressés comme nul part ailleurs. On aurait dit que la personne qui avait construit cette anatomie avait cherché à créer des détails les plus petit possible, comme un géant qu'on aurait réduit en taille. C'était le travail d'un orfèvre mais pourtant tandis que certains cordons d'énergie se tenait fins et tendus, certaines parties de son anatomie étaient beaucoup plus grossières et rappelaient ce qu'elle avait pu voir chez certains animae. Heithveig devait malheureusement, devant cette nudité, reconnaître son impuissance à traiter une créature qu'elle ne connaissait pas du tout. Il aurait fallu la voir et l'étudier cet être alors qu'il était en bonne santé pour avoir une base de référence. Un autre détail attira son attention, il y avait quelque chose d'autre sur elle, comme un parasite qui se nourrissait de son énergie. Si elle ne l'avait pas remarqué quand elle était habillée c'est que cette seconde créature était en sommeil, mais aussi présentée sans atour, ce parasite buvait tranquillement un peu d'énergie. Puis, dans le dos, elle vit ce tatouage. Le mot qu'elle murmure alors fit frémir les deux autres êtres capables de comprendre cette langue. Cette jeune femme était maudite, le signe sur son dos était un poids, une charge, un cadre magique, quelque chose qui n'avait encore jamais été vue dans le nord, surtout depuis que la magie noire en avait disparue à cause des anges. Ne résistant pas à sa curiosité face à ce phénomène, Heithveig s'approche de cet assemblage si étrange d'éléments inédits. Elle l'examina seulement quelques minutes avant de partir en grommelant quelque chose.
Enfin seuls, l'hôte du clan demanda de nouveaux habits et une entrevue pour le chef du clan. Elle n'eut pas vraiment à demander davantage :

« Je suis le chef du clan Fjarlægur. Nous pourrons vous fournir des vêtements. Far ! »

Sur cet ordre en elfique, le félin sortit prestement de la tente sans pour autant prendre apparence humaine. Sa fourrure lui servirait bien mieux qu'une peau et tout vêtement contre le froid. Mais juste avant de partir, il s'empara de l'ancienne tunique de Shrikan d'un geste. Le regard du chasseur bleu était clairement désapprobateur face à ce geste :

« Pardon pour lui, c'est un sang impur. Cependant, je le garde près de moi car il est fidèle et que c'est mon frère. Vous ne souhaitiez pas garder ce vêtement, j'espère ? »

À ce moment, interrompant la conversation, la guérisseuse revint en portant de nombreux objets. Elle les posa sur le lit et commença par tendit un bol d'énergisant à Tullia fait dans une poterie décorée de triangles. Puis, mélangeant des décoctions, mâchant parfois elle-même des feuilles, jetant parfois des regards précis à sa patiente, elle se mit à créer des produits étranges. Elle avait décidé que la manœuvre pour la séparer de son parasite devrait attendre qu'elle soit en meilleure santé pour éviter que la créature ne la tue en aspirant son énergie lors de la séparation. Puis comme une peintre, trempant deux doigts dans un produit rouge, elle se mit à tracer des lignes sur le corps de la femme. Elle semblait choisir précautionneusement les endroits qu'elle enduisait afin de stabiliser les énergies aussi bien qu'elle le pouvait dans ce corps étranger.


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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Mar 14 Juin - 21:12

Je me laissais observer, toucher par cette femme, qui me regardait sous toutes les coutures. Je sentis de la peur quand elle regarda mon dos, et n'avais pas besoin de comprendre sa langue pour savoir que le mot qu'elle avait prononcé n'était pas bon signe. Je ne savais pas à quoi ressemblait le tatouage du scellé, et je me demandais bien ce qu'il signifiait pour eux. En avait il déjà vu ? L'idée ne me séduisait guère, mais mon esprit fut rapidement absorbé par autre chose, oubliant un instant cette malédiction et la vieille femme. Le Chasseur Bleu répondit à ma question, et je fus à moitié étonnée qu'il était le chef. Vu sa prestance et comment il gérait les choses, qu'il soit un haut gradé de leur clan me semblait évident. Qu'il en soit le chef, cela me facilitait grandement la tâche. Il répondit par l'affirmative à ma demande, envoyant l'homme félin quelque part. Je remarquais qu'il prit mon vêtement avec lui, mais cela m'importait peu.

En revanche, le chef du clan lui ne semblait pas voir cela d'un bon oeil. Il s'en excusa, laissant présager qu'agir ainsi devait être mal vu, voir un vol, mais je le regardais avec plus d'intensité et d'incompréhension quand il mentionna que le félin était un sang impur. Que voulait il dire par là ? Même s'il sembait l'apprécier, je me tendis légèrement en pensant qu'il n'allaient peut être pas m'apprécier en sachant ce que j'étais. Mieux vallait garder le silence pour le moment, et rester sur mes gardes. Il vaut mieux éviter de se faire lyncher par la populace dans un endroit aussi hostile, alors que je ne suis pas encore en état pour l'affronter. L'elfe à la peau bleue me demanda si je tenais à ce vêtement. Fronçant légèrement des sourcils, je répondis avec froideur, presque dégoût.


" Il peut le garder, ou même le brûler, peu m'importe. Je ne veux plus avoir affaire avec ce vêtement."

Cette tunique de prisonnier ne me rappelait pas grand chose de bon. L'appartenance à une race qui me détestait, la trahison et le bannissement par cette même race. Rien que de me dire que leur sang coulait dans mes veines me dégoutait. Je sentais cette lente froideur de l'amertume m'envahir, suivie par la sensation plus brûlante de la colère. Cependant, extérieurement je restais très calme, m'étant rassise sur le lit en attendant. Seuls mes yeux et mon aura me trahissaient sur mes états d'âmes.

Mais je n'eus pas beaucoup à attendre, que la vieille femme revint. Malheureusement pour moi, ce n'étaient pas des habits, mais de multiples ingrédients qui m'attendaient. Je la regardait avec surprise. N'avait elle pas compris que mon corps allait bien ? Pourquoi s'obstinait elle ? Pas très à l'aise avec le fait d'être soignée par quelqu'un d'autre, j'eus un léger mouvement de recul et jetais un coup d'oeil au chef de clan.


" Chasseur Bleu, pourquoi revient elle avec des ingrédients ? Mon corps va bien, je n'ai pas besoin de soins..."

Mais je n'avais pas vraiment le choix, semblait il. Elle prépara une concoction, qu'elle me tendis. Je regardais le contenu, hésitante, puis reniflais un coup. L'odeur était âcre, et le mélange plus qu'incertain. Mais j'avais peur d'insulter ceux qui l'avaient offerts l'hospitalité, aussi je me forçais à boire le contenu. Au début du bout des lèvres, comme pour analyser si ce n'était pas un poison, puis je bus le reste. Un goût encore plus amer que son odeur pressentait, et au goût de plantes prononcées qui me donnait presque envie de vomir. La grimace fut à l'honneur, et un mal de tête foudroyant me prit. Je grognais légèrement, grommelais plutôt dans la langue des Haut Dragons. Mais le pure fut quand elle commença à mettre de la peinture sur mon corps, en des points précis. Je la regardais soudainement avec de grands yeux, surprise et effarée. S'en était de trop. Déjà que j'étais plus que conciliante en me laissant être soignée, alors que c'est inutile, mais si on se met à me toucher et à apposer des marques sur mon corps, sans que j'en connaisse la nature, cela allait trop loin. Vivement je saisis la main de la sage femme, avec suffisamment de force pour l'empêcher de continuer. Je plantais sur elle un regard plein de colère, bouillante d'indignation et d'intensité.

" Bon, ça suffit maintenant, stop! "

Un ordre autoritaire, sec, sur un ton qui laissait suffisamment comprendre que je mettais le hola sur ses actions. Pas besoin de traducteur, c'était universel. Je me retenais presque de gronder, refoulant cette bestialité qui ne demandait qu'à refaire surface, pour fuir comme un animal sauvage et farouche. Mon regard toujours fixé dans le sien, je parlais lentement, sans défaire une seconde mon emprise sur sa main, l'écrasant presque dans un étau de fer. Je parlais à nouveau, plus lentement, mais avec plus de froideur qui montrait que je n'étais pas d'humeur à être un jouet pour une vieille.

" Pourquoi vous me mettez de la peinture ? Je n'ai pas besoin de soins, laissez moi en paix."

J'allais sûrement me prendre un coup du chef du clan, qui allait sûrement se sentir insulté et me virer. Mais bon, j'avais mes propres limites, et cette vieille venait de la franchir avec ses actions arbitraires et son manque de tact.

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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Jeu 16 Juin - 17:41

Tandis que Heithveig était occupée à la tache complexe de retranscrire et corriger l’énergie juste avec des extraits de plante, sa patiente inconsciente jugea que le moment était venu d'anéantir le travail qui avait été fait. Une main s’abattit vivement sur la sienne lui faisait littéralement barrer un flux d'énergie. C'était une erreur très dangereuse. Le produit qu'elle utilisait avait pour but de réguler les énergies, ce n'était pas une simple argile avec laquelle on pouvait se tartiner sans danger. Un flux d'énergie ainsi barré sauvagement allait avoir de très grosses conséquences. Ce filament de pouvoir allait progressivement s’essouffler, s'amoindrir, s’assécher, jusqu'à ce que plus rien n'y circule. Et, comme le sang coupé entraîne une lente nécrose des tissus suivants, le membre qui suivait cette veine de magie allait lentement perdre en sensation, en force, jusqu'à que son bras gauche ne soit plus qu'une masse de chair inutile. Ce problème était tellement immense que la vieille guérisseuse ne pouvait rester qu'immobile, hébétée. Fort heureusement la colère incompréhensible de l'hôte du chef alluma une autre flamme en elle. Cette gamine osait lui serrer le bras aussi sèchement, sans aucun égard, comme si elle se croyait supérieure. Le regard de Heithveig devint froid à son tour et alors qu'on lui articulait une seconde phrase incompréhensible, elle rassembla son énergie, l'énergie froide des pierres attachées à son cou, puis lentement elle rabaissa sa main sans que l'emprise de la dragonne ne put y changer quoi que ce soit. Puis, immobile, face à cette enfant, la guérisseuse lui adressa quelques mots pleins de menaces et sortit de la tente sans se retourner.
Váli, encore présent dans la yourte, était pétrifié, choqué par la scène qu'il venait de voir. Cela s'était déroulé si rapidement qu'il ne savait pas trop ce qu'il venait de se passer. Cependant, il avait une certitude :

« Notre guérisseuse n'acceptera jamais de vous aider à nouveau. »

Dans sa bouche, cela équivalait presque à une sentence de mort. Peu étaient ceux qui auraient pu ainsi survivre dans le nord sans jamais tomber malade ou se blesser quelque part et le chef du clan Fjarlægur doutait absolument que cette sudiste perdue qu'il avait recueillie soit au nombre de ces personnes. Puis, il se souvint d'une parole qu'avait dit la guérisseuse avant de partir.

« Avant de partir, elle a dit de ne pas venir la chercher quand votre bras commencera à s'affaiblir. Vous avez une idée de ce qu'elle voulait dire par là ? Vous devriez vous méfier. Il est rare qu'elle se trompe sur quelque chose ; c'est la guérisseuse de notre clan. »

Váli ne savait pas vraiment s'il pouvait s'approcher de son hôte alors qu'elle était dans un tel état, en colère et dévêtue. Finalement, déboussolé et songeur, il déclara :

« Mon chat va revenir. Il vaudrait mieux que j'aille chasser »

Il sortit immédiatement de la tente sans laisser à Tullia le temps de penser à articuler une phrase pour le retenir. Elle se retrouvait désormais seule à attendre une personne qui apparemment n'était pas prête de venir.


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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Ven 17 Juin - 21:35

La guérisseuse était de la même trempe que la mienne. Son regard se durcit, et je pus voir qu'elle n'appréciait pas non plus que je l'interrompe. Je sentis la magie se déclencher en elle, la même que celle qui m'avait rendu malade quand le chasseur bleu avait voulu m'aider. Par instinct, je la relâchais bien vite, cessant toute pression pour ne plus la toucher. Cette magie ressemblait à celle de la Terre. Mais elle était... différente, plus froide et désincarnée. La vieille femme et moi continuions de nous foudroyer du regard. Elle se mit à parler, des mots prononcés sur un ton clairement menaçant. J'avais bien éveillé le courroux de cette espèce de Shaman, qui se leva et partit de la tente, indignée. Pour ma part, j'étais bien trop en colère, presque apeurée du fait d'avoir été touchée par une substance dont je ne connaissais pas les effets, pour remarquer le regard alerté du Chasseur. Celui ci me mit en garde, en m'expliquant ce que la vieille elfe avait dit. Et bien entendu, je n'étais pas capable de comprendre que ces mots étaient considérés comme une menace de mort. Pour moi, c'était plus un soulagement, que je manifestais dans un grognement de mécontentement, alors que j'enlevais le peu d'argile qu'elle avait mis sur moi.

" Ce n'est pas plus mal. Je déteste que l'on me soigne, j'ai l'habitude de me soigner toute seule. Qui sait ce qu'elle a mit sur moi et ce qu'elle m'a fait ingérer."

J'étais sans doute bien ingrate à entendre, et c'était vrai. Mais l'habitude de devoir me débrouiller seule, de ne pas faire confiance aux autres et d'éviter que l'on s'occupe de moi était bien difficile à abandonner. En fait, que l'on veuille s'approcher de moi pour me soigner me mettait très mal à l'aise et méfiante, car de nombreuses fois on avait agit ainsi plus pour m'étudier ou faire des expériences plutôt que de vouloir véritablement m'apporter de l'aide. Autre facteur, souvent quand j'étais en état grave de blessures, je devenais un danger pour les autres, avec des états de délires qui me faisaient retourner à un état primaire et sauvage. C'était donc l'instinct, des réflexes vieux de plusieurs centaines d'années qui me faisaient agir aussi ingratement. Même raison pour laquelle je n'étais jamais vraiment à l'aise en société. Mais le chef de Clan n'en avait pas fini avec ce qu'il avait à transmettre. Il me parla de mon bras, de sona ffaiblissemnet. Je le regardais avec une légère surprise, me demandant ce qu'il voulait dire par là.

" Mon bras ? "

Je regardais mon bras, qui semblait tout à fait normal. Je me concentrais alors, pour ressentir ce qu'il y avait dedans. Quand je vis les lignes de magie coupées, je me mis à froncer des sourcils et à gronder. Pester même, mais pas contre la bonne personne.

" Rhaaa, c'est pas vrai ! C'est pour ça que je ne veux pas qu'on s'occupe de moi ... Enfin, ce n'est pas grave, je m'en occuperais tout à l'heure."

Je soupirais, lasse déjà de cette entrevue. J'avais visée la mauvaise personne en cherchant un coupable, car il n'y avait personne d'autre que moi même comme responsable. C'était en faisant faire une rature de oue à la chamane que j'avais endommagé mon propre corps. Mais ça, je ne pouvais pas le savoir. Je ne m'inquiétais guère cependant de ce petit incident. Mon corps était certes complexe, truffés de veines de magie. Mais mon corps de dragon blanc était tout à fait capable de se soigner seul, et cela faisait bien longtemps que j'avais appris à réparer voir modifier les flux de mes veines magiques pour me guérir. Cela allait sans doute me gêner un peu, mais il suffisait d'une séance de méditation pour réarranger les veines et réparer les canaux pour que cela soit réglé. Ce n'était pas la première fois que ça m'arrivait, ni la pire des blessures magiques.

C'est donc avec une certaine légèreté que je prenais la nouvelle, et la shaman pouvait me maudire et me menacer autant qu'elle voulait, j'étais bien capable de me guérir seule. Depuis plus de 2000 ans de guerre en solitaire, j'avais bien l'expérience nécessaire de soins d'urgence. Toute à ma propre réflexion, et à mon auto-énervement, je ne remarquais pas que j'avais mis mon agréable bienfaiteur mal à l'aise. Quand celui ci m'annonça qu'il allait partir chasser, je n'eus pas le temps de me retourner pour lui parler qu'il était déjà hors de la tente. Ha... moi qui voulais le remercier. Je venais de râter ma chance. Il ne me restait donc plus qu'à attendre tranquillement.

Et c'est ce que je fis. Je ne me sentais pas suffisamment en sécurité pour me mettre en méditation, mais passais mon temps à observer la tente, et à réfléchir sur ce qu'il m'était arrivé. Tout dans cet endroit faisait bien penser à un cland e chasseurs type nomades. Cependant, je n'aimais pas trop comment il avait appelé l'homme-félin "sang impur " et "son chat". Je trouvais cela relativement péjoratif, et cela m'inquiétait. Déjà que leur shaman me détestait à présent, s'ils apprenaient que j'étais une sorte de bête sauvage ne risquait pas d'arranger les choses. Je réfléchissais aussi à ce que la vieille femme m'avait fait. Et je dus reconnaitre que je n'étais pas vraiment dans mes droits. Certes, elle n'aurait pas du s'imposer et commencer des traitements sur moi sans essayer de me faire comprendre pourquoi elle le faisait, mais je n'aurais pas du réagir aussi violemment. J'avais quelque honte de moi, et maudissais ce réflexe de solitaire agressif et sur ses gardes. Je savais que vivre ici, même un court laps de temps, allait être très difficile pour mes nerfs. Il fallait absolument que je reste patiente, calme, et que je ne bondisse pas en me sentant menacé dès que l'on s'occupe trop de moi. On peut en rire comme ça, mais c'était une véritable épreuve. Je soupirais, pensant au pauvre Chasseur qui devait bien regretter de m'avoir secouru. Je devais le remercier d'ailleurs, dans les règles et la bonne forme. Un peu perdue dans mes pensés, je finis par revenir à la réalité en regardant l'entrée de la tente.


" Mais où est donc ce félin... Il m'aurait oublié ?"

Me revenant en tête le souvenir qu'il semblait avoir volé ma tunique, je me demandais s'il ne faisait pas exprès de me faire languir, pour me jouer un tour. Si j'avais énervé sa shaman, il pouvait très bien avoir envie de m'humilier après tout. Ces pensés n'étaient pas très positives, mais ma nature méfiante m'obligeait à les considérer. Je me levais, prenant une décision. Alors que mon armure se réveillait lentement, elle se mit à recouvrir tout mon corps, comme quand je suis en mode combat. A l'exception de mes ailes qui n'étaient pas présentes, et de ma tête qui n'avait pas besoin d'être protégée. Cependant, la queue artificielle était bien là, se balançant paresseusement. Cerillion se remit cependant dans sa torpeur, sachant qu'il ne fallait pas qu'il me prenne trop de magie. Je sortie donc de la tente, pour être balayée par un vent glacé.

Je plissais un peu des yeux, la tente étant plus sombre que dehors. Mais je n'avais pas aussi froid que cela, grâce à mon armure. Face à moi, se dressait de multiples tentes, plus ou moins éloignées les unes des autres. Le vent sifflait à mes oreilles, et je ne pouvais voir la moindre personne aux alentours. Je marchais lentement, observant. Où pouvait il bien être ? Je me mis en quête de quelqu'un, et finit par trouver une silhouette un peu en marge des tentes. Je m'en rapprochais, espérant ainsi trouver une indication. Très fort, dans mon esprit, je me faisais de nouveau la leçon d'être aimable et calme, quoi qu'il arrive. Quitte à me laisser être frappée, si cela est nécessaire. Au moins, je ne serais pas en tord d'avoir frappé un des membres du clan de mon bienfaiteur. J'arrivais ainsi devant de grandes silhouettes. Car au final, il n'y avait pas une personne, mais deux. Avec un peu d'hésitation, et beaucoup de prudence, je m'approchais d'eux, faisant bien attention de les contourner pour arriver dans leur champs de vision sans les surprendre. Ceux ci, cependant, me regardèrent avec surprise. Je me mis à parler, d'une voix que j'espérais engageante, et compréhensible.


" Bonjour à vous. Savez vous où je pourrais trouver le... chat de votre chef ?"

Je ne savais pas si c'était vraiment les bons mots, mais je n'avais pas d'autre moyen de le nommer. Les gardes me regardèrent avec circonspection, et se mirent à parler entre eux, assez rapidement. Bon, c'était clair, ils ne semblaient pas m'avoir compris. Calme et patience, je devais rester calme et patiente... Au moins, ils ne m'avaient pas agressé en me voyant. Après leur courte discussion, l'un d'entre eux me fit signe de le suivre vers les tentes. Je le regardais avec une légère méfiance, mon instinct me dictant de rester sur mes gardes. Voyant que je n'étais pas à l'aise, il répéta les mêmes mots, que je ne comprenais pas, plus lentement et avec plus de douceur. Son regard n'était pas agressif, et ses manières montraient qu'il voulait me faire comprendre qu'il ne me ferait pas de mal. J'avançais donc, toujours avec prudence, restant alerte tout en le suivant. Où allait il m'amener, et à qui ? Avait il tout de même compris ce que je lui avais dit ?
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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Dim 26 Juin - 17:44

L'hôte était seule dans la tente et l'attente était longue, longue pour une personne qui ne connaissait rien. Dans ces terres où le soleil ne se couchaient jamais, le temps n'existe pas pareil. Pas de jours, pas d'heures, seule la neige qui tombe, irrégulière. Cinq minutes sont comme plusieurs heures, isolée dans le nord. Le silence était fait du souffle du vent, cette respiration non-vivante qui ne s'arrêtait jamais, troublant le froid et le sol de pierres. L'invitée se décida donc à sortir à l'extérieur, habituée au grand air et impatiente. Le blizzard s'était arrêté. Il ne restait plus qu'une vent brillant de paillettes de glace et une couche de neige tentant d'aspirer toute votre chaleur. Fort heureusement son armure semblait la protéger de ce genre de tracas. Pour autant, la tâche n'en était plus simplifiée car dehors, il n'y avait personne, juste d'autres tentes comme celle dont elle venait de sortir, éparpillées. Le destin finit alors par la mener aux limites du campement sans avoir croisé la moindre âme. Certains d'entre eux étaient à la chasse, d'autres s'occupaient du troupeau de rennes, un peu plus loin mais là vers où se dirigeait Tullia, il y avait deux formes humaines, emmitouflés dans des fourrures si bien qu'il était difficile de voir s'ils avaient un visage. Il s'agissait de deux gardes, ils l'avaient vu approcher mais étaient restés à l'endroit où ils étaient. Ils ne l'attendaient pas, pas plus qu'ils n'arrivaient vraiment à comprendre ce qu'elle disait. Les paroles de l'étrangère causèrent de nombreux mots à demi-voix entre eux, comme s'ils avaient peur d'être surpris. Pour autant cette dernière ne pouvait pas en comprendre un seul. L'un d'eux sembla avoir compris qu'elle cherchait quelque chose mais allait-il vraiment la mener où elle voulait. Il ôta les poils gris qui lui couvrait le bas du visage, un masque contre le froid pour montrer qu'il était amical. Et avec un sourire amicale et des geste, il l'invita à le suivre, répétant ceux-ci alors qu'elle était trop lente à réagir. Il allait à l'opposer du campement, se dirigeant vers des arbres à une centaine de mètres. Quelques séries de pas un peu effacés sur la neige vierge montraient que d'autres personnes étaient déjà passés par là avant eux. Progressivement à l'arrière les tentes commencèrent à rapetisser. Bientôt d'autres grands conifères les cachèrent tandis qu'ils avançaient vers l'endroit que le guide de l'inconnue avait indiqué. Il semblait d'ailleurs soucieux et regardaient fréquemment autour de lui craignant quelque animal dangereux caché quelque part. Bientôt, il virent une silhouette un peu plus loin assise sur un grand rocher qui semblait parler toute seule, une silhouette noire. À peine furent-ils à porter de voix qu'elle s'exclama :

« Ah ! La "Sudiste", je voulais voir justement. » ajoutant quelques mots incompréhensibles au garde qui s'éloigna alors, soulagé.

D'un mouvement parfait calculé, la femme en noire sauta du rocher et atterrit sur ses pieds avant d'allonger d'un mouvement fluide ses bras vers Tullia comme pour l'accueillir et ce, sans pourtant la toucher un instant. Du sourire qui éclaira son visage presque enfantin, elle continua sur sa lancer ignorant complètement les interrogations de son interlocutrices :

« Il y a tellement longtemps que je n'avais pas eu l'occasion de parler ma langue maternelle. Pour cela, je vous remercie déjà. »

D'un pas glissant, la jeune femme se retrouva soudainement derrière Tullia sans que celle-ci ne le remarque. Et d'un air expert, elle regardait la queue reptilienne de Cerillion, légèrement inclinée, les mains derrière le dos, tandis que Tullia se retournait rapidement mais un instant trop tard.

« À ce que je vois, vous me semblez effectivement avoir la queue d'une dragonne mais… quelque chose me chagrine : pourquoi n'avez-vous pas de cornes ? Enfin, ... »
D'un mouvement, ses mains glissant en avant, la sombre inconnue avait reculé et d'un saut en arrière à l'aveugle, son pied atterrissant exactement sur racine attachée au rocher, celle-ci était remontée sur le rocher sans cependant arrêter sa phrase :
« … je manque à tous mes devoirs. Je suis Valhildur du Clan Fjarlægur. Je suppose que ce n'était pas moi que vous cherchiez. Je suis à votre service, mademoiselle. » avait finalement conclu la jeune habitante du nord sur une révérence factice qui ne perturbait pourtant pas son équilibre fragile sur cette racine contre le rocher.


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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Dim 26 Juin - 22:50

En suivant le garde, je m'inquiétais un peu de nous éloigner du campement, et de nous approcher d'une forêt. Instinctivement, je devenais plus méfiante et sur mes gardes. Mais à part la crainte légère et la tension chez ce chasseur, je ne ressentais aucune animosité dans les alentours. Pas de grands prédateurs, en tout cas. Car après tout, j'étais surtout douée pour les chasser, et donc détecter leur présence. Aussi marcher dans cette forêt ne me causait pas grande inquiétude, ma crainte venant plus de ce que ce garde allait faire de moi en ces lieux. Mais en arrivant au point nommé, je vis une silhouette. Plus fine, couverte de fourrure noire aussi. Je fus surprise d'entendre une voix féminine parler clairement la langue commune, et même parler avec autant de familiarité. Par contre, me faire appeler Sudiste, je ne savais pas trop qui penser. Etait ce une insulte, ou bien pensaient ils tout simplement que je venais de cette direction ?

Je ne me posais pas trop longtemps la question. La femme parla au garde dans leur langue, qui s'en alla de son côté. Je me retrouvais face à cette femme, qui semblait bien heureuse de me voir. Elle descendit lestement et très rapidement de son rocher, comme un félin élégant. Elle me tendit les bras, mais si peu habituée à ce genre d'accueil par un étranger, je restais là méfiante, à la regarder avec de grands yeux surpris et à rester sur mes gardes. Elle parla de langue natale, et je compris alors qu'elle devait croire que je venais de so pays maternel. J'allais bien vite la décevoir. Cette femme aprlait avec entrain, familiarité, mais chaleur. Je ne sentais aucun danger de sa part, du moins pas d'animosité. Aussi, c'est avec un certain retard que je réagissais à ses déplacements rapides autour de moi. Elle était comme un animal curieux, qui observait quelque chose de nouveau. Je n'étais pas très à l'aise à être observée ainsi comme un animal exotique, mais prenait sur moi pour ne pas bondir en arrière et prendre mes distances. Je ne devais pas fuir, ne pas les vexer. Même si cela me mettait très mal à l'aise. Elle mentionna la probabilité que j'étais un dragon, et cette phrase sembla geler quelque chose en moi. Ou plutôt instiller un doute, une crainte. Des dragons... y avait il des Haut Dragons aussi ? J'espérais que non, mais la présence des Anges dans ce monde rendait les choses... plus probable que ce que je voulais croire. Mais le fait qu'elle se demandait pourquoi je n'avais pas de corne, montrait qu'elle n'avait jamais rencontré de Haut Dragon, ou ne savait pas en reconnaitre un. Elle avait tord sur le fait de croire que la queue était mienne, mais je ne voyais pas l'intérêt de lui expliquer tout en détail.

La jeune femme, aussi agile et rapide qu'un singe, bondit de nouveau pour se placer plus loin, se présentant tout en effectuant un petit tour d'équilibriste. Voir une telle personne, aussi différente de la froideur du Chasseur Bleu et de la Shaman grincheuse me mettait quelque peu un baume au coeur. J'esquissais même un sourire, à la fois amusée et plus détendue. Pour faire honneur à sa politesse, je lui répondis en inclinant légèrement la tête, en guise de salut.


" Ravie de vous rencontrer, Valhildur... Pardonnez moi de ne pouvoir vous donner de nom, je ne sais pas encore comment me nommer. Mais en attendant, vous pouvez m'appeler... Dragon Blanc. Cela me correspond mieux que la Sudiste."

Je la regardais avec un léger sourire plein de malice. Je ne savais pas ce que c'était qu'un Sudiste, mais je préférais être appelée pour ce que j'étais et non ce que je ne suis pas. Je ne lui avais pas donné mon vrai nom pour plusieurs raison. La première, vu qu'ici cela semblait être mal vu, je ne pouvais donner qu'un nom d'emprunt. La deuxième raison, c'est que donner mon vrai nom de Gardienne pourrait me mettre en port à faux s'il y avait des membres de la Triade. Je ne voulais pas que l'on sache, même par chance, que j'étais ici. Et dernier point, je ne voulais plus porter mon nom actuel. Il représentait tant de choses que je ne souhaitais plus être, tant de dégoût et de mauvais souvenir, que je préférais en profiter pour faire table rase, et m'offrir une nouvelle identitée. Une nouvelle chance, au final. Mais il fallait que je réfléchisse au nom que je voudrais porter, et cela risquait de me prendre un peu de temps.
Je lui répondis à nouveau, confirmant que je cherchais quelqu'un.


"Je cherchais quelqu'un en effet, mais je suis plus aise de vous rencontrer, au final."

En effet, c'était au final un mal pour un bien que de ne pas l'avoir trouvé, vu que j'avais rencontré cette personne intéressante. Quelque chose me disait qu'elle allait pouvoir répondre à bien plus de question que les autres, et je me sentais plus à l'aise avec sa bonhommie. Et parlant la même langue, cela allait faciliter bien plus de choses. Je continuais de parler, effaçant cependant mon sourire pour laisser place à un regard désolé.

" Je dois vous décevoir, cependant, en vous avouant ne pas être une des gens du sud, comme vous semblez les appeler. Je ne suis... Ni du nord, ni du sud, ni de l'est, ni de l'ouest."

Ce que je disais n'avait aucun sens dit comme ça, mais comment expliquer sans vraiment le dire que je venais d'un autre monde ? J'étais d'ailleurs, plus proche du fait de venir de nul part, que de venir d'un monde qui m'avait totalement rejeté. J'étais à présent sans attaches, véritablement perdue au sens propre et figuré du terme. Cette petite énigme dite, il ne me restait plus qu'à éclaircir cette affaire de dragon. Vu que je risquais ici de devoir utiliser ma forme intermédiaire, donc montrer mes ailes et mes cornes, je me voyais mal tenter de cacher et justifier le fait que j'étais un dragon par autre chose. Même si, au final, je n'étais pas vraiment un dragon. Et je voulais lui faire comprendre cette nuance, pour en profiter de savoir si oui ou non, il y avait des Haut Dragons sur ce monde. Le regard plus perçant, je tentais de lui expliquer ce que j'étais, espérant une réaction concluante.

" Et pour ce qui est du "dragon", c'est à la fois vrai, et à la fois faux. Je suis... similaire à ceux qui vous devez appeler "Dragon", mais différente par mes capaictés. Je suis aussi proche de ceux qui se font appeler "Ange", mais différente car mon espèce se nomme "Haut Dragon". Mais n'ayez crainte, je ne suis qu'une âme errante et perdue, qui ne désire aucun conflit."

Je ne savais pas ce qu'ils savaient sur les Haut Dragons, ou bien sur les Anges. Mais n'ayant pas vraiment une bonne opinion sur l'un comme sur l'autre, je préférais être sûre de ne pas être mise dans le même panier niveau violence et soif de conquête. C'était risqu" d'ailleurs, d'avouer ce que j'étais. Peut être qu'ils les détestaient, et qu'ils allaient vouloir me chasser ou me tuer pour cela. Mais je me voyais mal cacher à ces gens qui m'avaient offert l'hospitalité ce que j'étais. Je ne voulais pas les trahir, comme j'avais pu être trahie. Je n'étais pas à l'aise, c'était évident. Mais j'espérais que Valhildur allait se trouver plutôt... magnanime à ce sujet. J'essayais rapidement de changer de sujet, lui posant des questions qui me semblaient importantes.

" Je suis curieuse...de savoir où nous nous trouvons. Quel est le nom de cet endroit, de ce.. pays ? Y a t'il d'autres êtres ici que les Anges ? Sont ils loin d'ici ? "

La pauvre devait se sentir assaillies par autant de questions. Mais elle devait surtout sentir l'angoisse qui pointait le bout de son nez dans ma voix. Car j'étais véritablement inquiète de savoir qu'il y avait des membres de la Triade dans les environs. De plus, j'aurais voulu savoir le nom de ce monde, mais je ne voulais pas paraitre encore plus étrange en posant cette question qui allait paraitre saugrenue. Si l'existence des membres de la triade était avérée, et qu'ils venaient bien d'autres mondes, alors je pourrais poser la question sans que cela soit étrange. Et surtout, je saurais si je connais ce monde, et pourquoi on m'a envoyé ici. Car c'était là toute la question: pourquoi m'avoir envoyé dans un monde où, avec tout le ressentiment que j'avais pour la Triade, je pouvais provoquer un chaos sans nom, et revenir potentiellement jusqu'à ceux qui m'avaient banni ? Quel était leur but ? C'était ce qui me tracassait le plus, car ils étaient loin d'être stupides. Mais avant, il me fallait survivre en ce monde, en toute discrétion.

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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Lun 18 Juil - 11:45

L'étrangère rendit les salutation à cette princesse des neiges. Cependant, lorsqu'elle n'évoqua que le surnom de « Dragon Blanc » en lieu et place d'un véritable prénom, Valhildur sembla attristée par ce qui était un maque de confiance. Cependant, au lieu de rester muette et silencieuse, vexée par cet affront, la dame corbeau reprit sur un nouveau petit rire cristallin :

« Je ne puis vous en vouloir de refuser de me donner votre nom. S j'avais été aussi prudente par le passé, bien des choses néfastes ne me seraient arrivées... »

Et sa phrase s'interrompit lentement comme si elle était à bout de souffle, coupée par le souvenir d'un événement douloureux. Pour autant, son attention ne diminua pas et elle continua d'écouter les mots de son interlocutrice. Mots qui d'ailleurs lui tirèrent un sourire par le compliment qu'ils lui faisaient. La suite de ces paroles finit d'ailleurs par lui tirer un grand éclat de de rire. Il semblait que la nouvelle arrivante n'ait rien compris à ces histoires de Sud mais bon, pouvait-on vraiment lui en vouloir ? La pauvre dragonne entourée de cette fragile armure naturelle ne connaissait visiblement rien à ce monde. À ce degré au nord, le seul moyen de comprendre les elfes sauvages est de vivre une vie auprès d'eux, une vie cependant que la naïve Tullia n'aurait le temps de vivre dans les neiges. La sombre jeune fille ne répondit pas vraiment, se contentant de murmure comme les paroles d'une petite comptine mystérieuse, tandis que l'écailleuse cherchait ses mots :

« Sudiste, si tu ne viens pas du Sud, au sud tu retournera. »

La comptine s'interrompit net lorsque Tullia recommença à parler. Il s'agissait alors d'histoires de dragons et d'anges et aussi de hauts-dragons. La femme corbeau, muette, regardait la femme perdue dans ces contrées gelées avec la plus grande attention. Ses yeux pétillaient de curiosité alors qu'ils étaient fixés, au loin, sur l'objet de sa convoitise. Le reste des questions de la haute dragonne semblèrent d'ailleurs lui passer complètement au dessus. Toute son attention était déjà rivée vers autre chose, un autre sujet qui recelait un importance capitale pour elle. L'angoisse, les questions, la peur, peut-être cela lui rappelait-elle un passé enfoui...
Soignant sa mise en scène, l'anima se laissait délicatement glisser du rocher, tombant dans la neige sur ses deux pieds, sans vraiment de choc, sans soulever d'énergie. Puis, relevant lentement son visage, ses yeux, francs, se fichèrent dans ceux de l'étrangère comme jamais auparavant. Puis, elle avança, lentement, soulevant tout aussi progressivement ses bras. Alors, enfin, avançant vers Tullia, elle déclara :

« Ainsi vous aussi êtes de la race des bannis ! Abyndal est une prison. Anges traitres, Hauts Dragons pacifistes, Archidémons ambitieux, tous, vous que la Triade abhorre, vous avez été bannis ici et ce monde sera votre ultime demeure. »

La Sorcière éclata alors de rire, seule, folle, brisée par un passée que son interlocutrice ne pouvait pas connaître. Sa prophétie restait pourtant gravée dans l'air, comme si le vente, la terre et les arbres s'étaient secrètement mis à la répéter à l'infini afin qu'elle soit gravée au plus profond des os de la désormais ancienne gardienne Shrikan Tatsu. Son temps était fini !
Valhildur s'effondra dans la neige, comme terrassée par un mal invisible. Le vent avait diminué son souffle mais une nouvelle neige s'était décidée à tomber. La noire dame des neige ressemblait désormais à un oiseau blessé, brisé dans son envol. Son souffle s'était fait court mais elle semblait être retournée à son état normal. Elle ne souriait plus vraiment, les yeux fixés vers le ciel pâle de nuages. Comme dans un dernier souffle, les lèvres bleuie par le froid, elle murmurait, apeurée :

« On ne s'habitue jamais à être maudit. »


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Re: [Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
posté le Lun 18 Juil - 21:25

La jeune elfe semblait amusée par mes paroles. Je ne comprenais pas en quoi, et préférais ne pas savoir. D'ailleurs, je sentis une raillerie quand je parlais de sudiste. Je souriais légèrement, comme un écho lointain de ce qu'elle pouvait comprendre. Mais à l'intérieur je restais de marbre, car j'étais incapable de comprendre les nuances, et bien trop fatiguée pour essayée. Cependant, j'eus des réponses à mes questions. Alors que la jeune femme semblait entrer en transe, être autre chose qu'elle même, j'entendis ses paroles sonner le glas de ce que je ne voulais comprendre. Un lourd fardeau, une espérance déchirée, une crainte certifiée. Alors qu'elle parlait de cette voix étrange, de ses gestes presque fou, je sentais tout le poids et la douleur de ses mots. Ainsi, c'était bien une prison. Là où tous les exilés de la Triade se trouvaient. Je n'avais jamais entendu parlé d'un tel endroit, et sans aucun doute à raison. Car pour moi, mes ennemis n'étaient jamais prisonniers, simplement des cadavres après notre rencontre.

Les rires fous de la jeunes femmes n'étaient que des échos lointain pour moi, car je ne voyais que la gravité de la situation dans laquelle je me trouvais. Je la regardais s'effondrer dans la neige, sans pour autant réagir. J'étais encore criblée par ses mots. Je ne voulais y croire, et pourtant je ne pouvais qu'admettre leur véracité. Elle avait dit une Vérité qu'il m'était impossible, instinctivement, de renier. Je sentis mon être s'effonder, alors que mon corps se figeait dans la même position. Le corps droit, fier, mais le tête légèrement baissée, un regard posé sur le corps de la jeune elfe, sans pour autant la voir. Je sentis une profonde tristesse, surmontant la colère qui aurait du m'assaillir. Des larmes, discrètes et pourtant présentes, se mirent à couler doucement de mes yeux. La gorge serrée, restant silencieuse de longue secondes, je finis par parler, d'une voix brisée par l'émotion.


" Si ce que vous dites est vrai, alors je ne peux être que malheureuse sur cette terre. Moi qui espérais la rédemption et la paix, je ne puis donc trouver en ce monde qu'enfer et damnation, en étant parmi ces êtres que j'abhorre. Pourquoi.... tomber ainsi de Carybde en Scylla..."

Je fermais les yeux un instant, me rappelant ce que j'étais, ce que j'avais fait, et me demandant pourquoi j'avais un tel destin. Pourquoi ne pas me laisser être en paix, pour une fois ? Les dieux n'ont ils pas de miséricorde pour la créature qu'ils ont créés et utilisés sans vergogne ? Moi qui ne demandais rien, même pas de pouvoir ni de statut. Juste une vie tranquille et heureuse. Mais cela devait il m'être refusé à nouveau ?
Je rouvris les yeux pour voir l'expression apeurée de l'elfe. Elle semblait de nouveau elle même, mais tétanisée par ce qu'elle venait de faire. Dans un souffle, elle murmura une certaine vérité. Je la contemplais, me réveillant peu à peu. Doucement, tout en m'accroupissant, je lui répondis d'une voix douce, compréhensive et pleine de compassion.


" Non, en effet. C'est un lourd fardeau que le nôtre, nous, les Maudits. Mais nous pouvons nous soutenir, comme des bêtes léchant nos plaies."

J'avançais ma main vers elle, comme pour caresser sa tête pour la rassurer. Mais je n'osais la toucher, comme quelque chose de trop fragile et trop précieux. En elle, je voyais ce que j'étais, il y a bien des siècles, alors que je ne comprenais pas mon malheur ni la portée de celui ci. J'en étais toujours apeurée, comme elle, mais à un degré différent. Non pas par ce que je ne comprenais pas, mais au contraire par ce que j'entrevoyais dans cet avenir sombre et triste. Et, comme si je me parlais à mon moi passé, j'essayais de la rassurer, d'une voix douce, le regard tout aussi adoucis.

" As tu peur, jeune elfe ? Il ne faut pas. Aussi effrayant que peut paraitre cette malédiction, ou ce que nous voyons, il y a toujours un moyen ou un choix qui nous permet de mieux le vivre, bien que cela soit difficile. Mais... autant faut il l'accepter."

Je ne connaissais pas son fardeau, mais je pouvais par extension comprendre sa peine, la ressentir. Ma main finir par toucher ses cheveux, les caressant avec tendresse et autant de compassion. A voix haute, j'exprimais ce que mon esprit pensait, semblant hors de la réalité et étiolée par ces émotions du passé que j'entrevoyais au travers de cette elfe.

" Par tes paroles, tu sembles oracle, prophète, ou bien incarnation antérieure. Est ce donc cela qui t'effraie ? Ce que tu peux voir ou savoir sur nous ? Je ne comprends pas, et comprends peu de choses de ce monde... Peux tu m'apprendre ? Toi qui semble savoir ce que peu savent... Et si tu as peur, je peux être ton bouclier. "

Je fronçais légèrement des sourcils. Je n'aimais pas être perdue, ne pas comprendre. Je savais que le Chasseur Bleu voulait m'aider, mais je me sentais d'autant plus isolée et rejetée que je ne comprenais pas leurs codes. La preuve étant avec leur Shaman, que j'avais évidemment vexé et contrariée. Je me sentais exclue, et même si j'en avais l'habitude, j'étais bien lasse de cette routine, et souhaitais du réconfort. Un repos pour mon esprit et mon âme, pour lequel j'avais toujours l'impression de courir après. C'était sans doute ma malédiction, mais je ne pouvais m'empêcher de continuer de courir après. Comme l'âme damnée que je suis. Et cette elfe, que j'avais l'impression de pouvoir aider, m'attirait d'autant plus que je sentais que je pouvais être utile, que je pouvais faire le bien. D'où ma proposition sans doute saugrenue, mais qui venait du fond du coeur d'une personne altruiste mais perdue.
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[Automne 4601] La Chute du Gardien (PV Vali)
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